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Harcèlement sexuel : un haut cadre d’Air Mauritius accusé - La déclarante : «Je ne sais pas pourquoi son comportement a changé à mon égard…»

le délit aurait été commis en février 2009 au Cargo Shed, à l’aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam.

La plaignante, une femme de 39 ans, a témoigné dans le cadre du procès intenté à un haut cadre du département cargo à Air Mauritius pour harcèlement sexuel. Elle dit ne pas savoir ce qui a provoqué le changement de comportement de son supérieur à son égard. Une prochaine audience dans ce procès est prévue le 26 juin.

Chandraprakash Luchoomun, affecté au Cargo Department de la compagnie aérienne nationale, répond d’une accusation de harcèlement sexuel devant la cour intermédiaire. Il lui est reproché d’avoir envoyé des courriels à caractère pornographique à une collègue et d’avoir eu des gestes obscènes à son égard.

Selon l’acte d’accusation, le délit aurait été commis en février 2009 au Cargo Shed, à l’aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam, à Plaine-Magnien.

Cette enquête a démarré après que la plaignante, âgée alors de 29 ans, a porté plainte au poste de police de Beau-Bassin, le 10 mai 2009.

Le procès est présidé par la magistrate Meenakshi Gayan-Jaulimsing. Chandraprakash Luchoomun a catégoriquement réfuté l’accusation formulée à son encontre. Il plaide non coupable et il est défendu par Me Gavin Glover, Senior Counsel. La poursuite est assurée par Me Medaven Armoogum, Senior State Counsel.

La déclarante a été appelée à témoigner. Elle a expliqué qu’elle entretenait une relation cordiale et professionnelle avec le prévenu, qui est son supérieur. Ce n’est qu’au début de l’année 2009 que le comportement de ce dernier a changé à son égard. Elle relate qu’il a fait des gestes obscènes et a tenu un langage, qui l’ont mise mal à l’aise à plusieurs reprises. « 2 – 3 mwa sa konportman la inn dure. Tou letan mo ti ena respe pou li. Mo pa kone kifer linn sanze », a déclaré la jeune femme sous serment.

La plaignante souligne qu’elle a trop subi son comportement durant les mois de janvier, février et mars 2009. À tel point qu’elle s’était repliée sur elle-même, car elle se sentait humiliée. Cela a duré jusqu’au 30 avril 2009, quand elle a rapporté l’affaire à un employé des Ressources humaines. Par la suite, elle a mis ses doléances par écrit et les ont fait parvenir aux Ressources humaines le 15 mai 2009. « Mo pa ti pe santi mwa a lez. Monn santi mwa imilie, monn ranferm lor mwa. Mo ti ase subir e li ti pe kontinie. Inn ariv enn moman kot monn bizin voice out… », a-t-elle expliqué.

Contre-interrogée par la défense, la déclarante n’a pas pu fournir des dates précises concernant les incidents allégués. Elle a indiqué qu’ils remontent à dix ans et que ce n’est pas facile de s’en remémorer. Elle a ajouté qu’elle n’a pas porté plainte durant trois mois par peur de représailles. Car elle était employée sur une base contractuelle, sa performance était sous évaluation et le prévenu était son supérieur direct. L’audition des autres témoins aura lieu le 26 juin 2019.

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