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Harcèlement et humiliations : le directeur d’une imprimerie pointé du doigt

zoel Zoël est si troublée par l’attitude de son patron qu’elle a peur de se rendre au travail.

Zoël L., 37 ans, habitante de Sainte-Croix, compte huit années de service comme « binder » dans une imprimerie bien connue de Port-Louis. Elle se plaint des agissements de son patron à son égard. Selon elle, il se comporte de manière grossière et même indécente envers elle. De quel recours dispose-t-elle ?

«Qu’est-ce que je peux faire pour que tu m’aimes ? Si tu as des problèmes de finances, je peux t’aider… » Ce sont de tels propos de son supérieur qui dérangent l’employée de 37 ans. Elle ajoute qu’à chaque fois qu’il tient de tels propos, il lui touche le bras. Zoël est une femme mariée et mère de trois enfants.

En d’autres occasions, le patron lui dit : « Les gens te montent contre moi. Comporte-toi bien avec moi et moi, je me comporterai bien avec toi. Sinon je te briserai la jambe ! »

En d’autres occasions, c’est pire. Zoël avance qu’il lui dit également : « Tu es une idiote, bonne qu’à ramasser des  … »  Ou encore : « Si tu ne peux pas travailler, rentres chez toi et vas t’occuper de ton bébé. » Le dernier des trois enfants de Zoël est âgé de 19 mois.

D’après la jeune femme, son patron s’en prendrait à elle depuis qu’elle a refusé d’effectuer des heures supplémentaires. « C’était juste après la naissance de mon bébé », avance-t-elle.

Autre chose : la dame touche un peu plus de Rs  9 000 comme salaire de base. Elle souligne que son salaire aurait dû s’élever à Rs 11 949. Quand elle en a parlé au patron, ce dernier lui a proposé : « Je te donnerai les Rs 2 000 qui manquent, mais sous forme d’allocation. Et celle-ci sera supprimée si tu t’absentes, ne serait-ce qu’un jour ! »

Plainte au bureau du Travail

Zoël, outrée par de tels propos, les a rapportés au Bureau du travail de Port-Louis. Selon ses dires, la réaction de l’officier qui l’a reçue (une dame) à propos de ces propositions indécentes du patron a été surprenante. « Elle m’a dit que ce n’était pas grave ! ».

Et quid du langage rabaissant, humiliant du patron ? « Elle a trouvé qu’il n’avait pas proféré des jurons, sinon ils (les autorités, Ndlr) auraient agi… »

Interrogé à ce propos, Leevy Frivet, attaché de presse du ministère du Travail, est intervenu sur les problèmes rencontrés par Zoël. « Si l’officier a enregistré votre plainte, c’est qu’elle a estimé qu’il y a matière à poursuite, car enfreignant les lois du travail. L’article 54 stipule qu’un employeur ne doit pas harceler l’employé(e), tant verbalement que physiquement. Dans ce cas, il est question de harcèlement sexuel, comme suggéré par les paroles qu’il a utilisées. Le ministère enquêtera sur ce cas », assure-t-il.

Il précise : « En rapport au salaire de la dame, vu qu’elle doit effectivement toucher Rs 11 949, le ministère pourra réclamer à l’employeur un paiement de tous les arrérages. Le patron propose de convertir les Rs 2 000 manquant sous forme d’allowance ? Non, cela ne peut être le cas. Si le salaire de base doit être de Rs 11 949, il le sera. Si le patron veut accorder une allocation, c’est à sa discrétion. »

Leevy Frivet a fait aussi le point sur les heures supplémentaires. « Tout patron doit l’annoncer aux employés bien en avance, et même 24 heures avant pour que l’employé(e) prenne ses dispositions. »

Pour venir en aide et conseiller Zoël, rendez-vous a été fixé avec l’attaché de presse au Bureau du travail, au 9e étage, Victoria House, Port-Louis.


Harcèlement sexuel : que dit la loi ?

Le harcèlement sexuel est un délit punissable sous le Code pénal, mais aussi sous l’Employment Rights Act et l’Equal Opportunies Act.

L’article 54 de l’Employment Rights Act, prévoit que toute personne reconnue coupable de harcèlement sur un collègue de travail est passible d’une amende ne dépassant pas Rs 75 000 et d’une peine de prison allant jusqu’à deux ans.

Le Code pénal prévoit une amende n’excédant pas Rs  200 000 et une peine de prison maximale de 10 ans. Selon l’Equal Opportunities Act, le harcèlement est punissable sous la loi. Il y est écrit noir sur blanc que pour tout acte de harcèlement sexuel, le contrevenant risque une amende n’excédant pas Rs  100 000 et une peine de prison ne dépassant pas deux ans.

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