Faits Divers

Handicapée : elle est abusée sexuellement et son compte bancaire est vidé par son présumé agresseur

À 19 ans, Camille (prénom fictif) est une jeune femme à qui la vie n’a pas fait de cadeau. Souffrant d’un handicap depuis sa naissance, elle bénéficie d’une pension d’invalidité. Originaire d’un village du Nord, elle a tout récemment vécu un lourd traumatisme, selon sa mère. Un jeune homme de la localité aurait abusé d’elle sexuellement, avant de lui prendre sa carte bancaire. Il a ainsi vidé son compte. L’affaire a été référée à la police et le suspect est recherché. 

«Mo konn sa garson la depi li zanfan. Zame mo ti pou krwar li kapav fer enn zafer parey ek mo tifi », nous dit Caroline (prénom fictif), la mère de la jeune femme. Camille est née avec une malformation aux mains. Elle bénéficie d’une pension d’invalidité. Elle a toujours été proche de sa mère. Depuis février dernier cependant, son attitude a changé envers elle. 

« J’avais constaté que Camille n’était plus la même », nous dit sa mère. Et pour cause : le 10 février dernier, alors que Camille marchait dans la localité, elle a été approchée par un dénommé Oliver, un habitant de la région. Elle était seule au moment des faits. Après un brin de causette, le jeune homme, qu’elle connaissait, lui a demandé de l’argent. « Linn dir mwa donn li Rs 3 000 », a expliqué la victime dans sa déposition.
Surprise par une telle requête, Camille lui fait alors comprendre qu’elle n’avait pas cette somme sur elle. Mais le jeune homme lui a répliqué : « To gagn pansion, to pena ? » L’instant d’après, il l’aurait agrippée et entraînée dans un lieu boisé. « Il m’a violée », a-t-elle soutenu. Une fois sa sale besogne terminée, il est de nouveau revenu à la charge pour qu’elle lui donne sa carte bancaire. 

Sous les menaces de mort du garçon, Camille, paniquée et effrayée, s’est rendue chez elle pour prendre sa carte bancaire afin de la lui remettre. Elle lui a également dévoilé le code d’accès. « Mo pou pran Rs 3 000 ek rann twa to kart », aurait lancé ce dernier à la victime.

Cependant, il a disparu pendant plusieurs jours avec la carte bancaire. Entre-temps, Camille gardait le silence. « Elle ne me parlait pas et n’avait plus faim. Ce n’était guère dans ses habitudes », explique Caroline. Sa fille ne pipera mot à personne sur ce qu’elle avait vécu. à la fin du mois de février, Camille est contactée par le jeune homme. Ce dernier lui donne la certitude qu’il lui rendra sa carte. Elle est partie le joindre pour reprendre sa carte. Mais une fois de plus, ce dernier l’aurait entraînée à l’écart avant de la violer. Puis, il lui a remis la carte bancaire.

Transactions louches

Cet épisode non plus, Camille ne le racontera à personne. à la mi-mars, la jeune femme reçoit un appel de la banque. « On lui a dit de venir, suite à des transactions louches sur son compte », raconte Caroline, sa mère.  Camille s’y rend avec sa sœur. C’est avec stupeur qu’elles apprennent qu’il ne reste rien sur son compte. « L’employé de la banque lui a demandé si elle avait effectué des retraits pour un total de Rs 49 000 au cours de ces dernières semaines. Ce qu’elle n’a jamais fait. » Mise au courant de ces retraits d’argent suspects, Caroline commence alors à interroger sa fille. « En apprenant cela, je lui ai demandé ce qui s’était passé. Elle ne m’a rien dit. J’ai alors compris qu’elle me cachait quelque chose de grave. » Malgré l’insistance de sa mère, Camille ne dira rien.

Mardi 19 mars, Caroline, pour en avoir le cœur net, décide de se rendre elle-même à la banque à Goodlands. « J’ai voulu visionner la caméra du guichet automatique. On m’a dit d’aller à Port-Louis. Ce que j’ai fait. Après avoir effectué une demande, j’ai pu visionner la caméra. J’ai vu deux jeunes effectuer le retrait. L’un aidait l’autre à retirer de l’argent », relate la dame. 

Une fois chez elle, Caroline s’est rendue chez l’un des jeunes. « Il m’a dit qu’il ne savait pas que son ami avait volé cette carte bancaire. Il l’a juste aidé à faire le retrait », déplore la maman de Camille. Mais le mystère reste entier. « J’ai dit à ma fille que nous devions aller à la police. J’ai dû la secouer un peu pour qu’enfin elle me raconte ce qui s’est exactement passé. » Les révélations de Camille ont été un véritable coup de massue pour Caroline. « Garson la inn deza gagn problem ek lapolis, li kokin, li drogue. Sann kou la li pe blam mo tifi. Linn menas mo tifi pou pa dir nanier. Li dir li ena zom dan lamin ki kapav fer li dimal », s’indigne-t-elle. Une déposition a été consignée pour viol mercredi. Le suspect, déjà en liberté conditionnelle pour vol de bijoux chez un habitant de la région, est attendu au poste de police afin qu’il donne sa version des faits. 

Quant à Camille, elle se remet difficilement de ce traumatisme, à en croire sa mère. « Cela l’a beaucoup affectée. Même après m’avoir tout dit, elle n’arrive toujours pas à manger comme il faut. Elle m’a déjà dit qu’elle pourrait commettre l’irréparable », regrette Caroline, qui tient à rester forte pour sa fille.