Gunness : «On ne change pas les règles en plein match»
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Le Défi Quotidien
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Ajay Gunness rejette toute sortie prématurée du gouvernement. Le leader adjoint du MMM invoque la suprématie du comité central et réclame des preuves concrètes après les allégations de Paul Bérenger.
Le leader adjoint du MMM, Ajay Gunness, est revenu, le mercredi 25 mars 2026, sur la chronologie des événements de ces derniers jours, les décisions prises lors du comité général du MMM, ainsi que sur le point de presse tenu par le leader du MMM, Paul Bérenger. Il est catégorique : « Zordi nou pa sanz reg zwe o milye enn match. » Son souhait, dit-il, est que « linite MMM res linite MMM », tout en précisant que Paul Bérenger reste leur « leader ». Ces propos ont été tenus à sa sortie du comité régional du MMM dans la circonscription n°17 (Curepipe/Midlands), qui s’est tenu vers 18 h 20 à la mairie de Curepipe.
C’est un Ajay Gunness souriant et serein qui a tenu à s’expliquer : « Pou nou rezyonal, nou zwenn sak kinzenn, tou le Merkredi. Mo’nn donn tou bann informasion ki ti ena. Mo’nn fer kronolozi bann levennman depi 9 mars ziska zordi : premie biro politik, deziem biro politik, komite santral. Mo’nn donn tou detay », explique-t-il. Poursuivant son récit, il affirme que « nous avons eu de bonnes discussions démocratiques », tout en précisant que « cela reste à l’interne ».
Interrogé pour une réaction concernant le point de presse tenu plus tôt par le leader du MMM, Paul Bérenger, Ajay Gunness a répliqué : « Mo’nn travay, travay. Mo’nn koumans get manda. Mo’nn al Collège Royal pou get enn problem, mo’nn vinn James Toolsy pou get osi enn problem. Mo’nn al biro pou get enn-de dosie. Asterla mo’nn vinn fer rezyonal. » Pour lui, il n’y a rien de nouveau dans les propos du leader du MMM.
Concernant les raisons avancées par Paul Bérenger pour quitter son poste de Deputy Prime Minister, notamment le problème économique, la corruption, l’affaire Mamy Ravatomanga et le ministère des Infrastructures, Ajay Gunness s’interroge : Paul Bérenger a-t-il fourni des preuves concrètes concernant ces « cas de corruption » ? Ou encore, dit-il, « si li kone », en tant que patriote, il devait rapporter ces cas aux instances concernées, tout en ajoutant : « Si li ena bann inside information, li tousel pou ena. Mwa mo pa pou ena. »
Qu’en est-il de la position des mandants face à son maintien au gouvernement ? À cette question, Ajay Gunness n’a pas mâché ses mots : « Nous avons eu une discussion démocratique », tout en ajoutant que « ce n’est pas tout le monde qui adoptera la même position ».
Concernant le déplacement de la réunion du comité central du MMM au vendredi 27 mars 2026 au lieu du samedi 28 mars 2026, Ajay Gunness soutient que « pou nou pena okenn clash », vu que Paul Bérenger compte tenir « so aktivite » ce samedi 28 mars 2026. Sera-t-il présent ce samedi ? « Nous allons en discuter ce vendredi lors de notre comité central », réplique-t-il.
Concernant la constitution du MMM, Ajay Gunness précise que, que ce soit « l’ancien ou le nouveau », son leader a toujours affirmé « que le comité central reste l’instance suprême, l’instance décisionnelle entre deux assemblées des délégués ».
Il est, par ailleurs, revenu sur le comité central où Paul Bérenger a annoncé qu’une « grande majorité » souhaite que le MMM reste au gouvernement. Il souligne également que « mo pa’nn tann li (NdlR, Paul Bérenger) zame inn challenge sa ». Il a aussi rappelé la chronologie des événements entourant les récentes réunions tenues au comité central du MMM ces derniers jours.
D’autre part, Ajay Gunness estime que « l’assemblée des délégués » peut renverser le comité central et qu’il existe une liste. Il précise que c’est cette même liste qui a voté pour l’Alliance du changement, regroupant le MMM, le Parti travailliste, Nouveaux Démocrates et Rezistans ek Alternativ en 2024.
« Zordi nou pa sanz reg zwe o milye enn match (…) Ek kan li dan so purpose mo dir ena enn konstitision, ek kan li pa dan so purpose mo dir pena », dit-il.
« Et c’est cette même liste qui sera utilisée au cas où il y aurait une assemblée des délégués », précise-t-il. Pour lui, la décision prise lors du comité général reste « valable » tant qu’une assemblée des délégués ne vient pas la renverser, indique-t-il.