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Guet-apens filmé : la police enquête sur un présumé réseau d’extorsion

Par Le Dimanche /L' Hebdo
Publié le: 21 June 2026 à 12:00
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La diffusion d’une vidéo montrant l’agression et l’humiliation d’un homme de 37 ans a conduit à l’arrestation d’un premier suspect. Vendredi 19 juin, la Criminal Investigation Division (CID) de Port-Louis Nord a interpellé Ayman Mahamodally, 21 ans, soupçonné d’avoir participé à un système de guets-apens visant des hommes contactés sur les réseaux sociaux. Plusieurs complices présumés sont toujours recherchés.

Le jeune homme a comparu le même jour devant le tribunal de Port-Louis, où il a été provisoirement inculpé de « complot en vue de commettre une extorsion ». Selon les premiers éléments de l’enquête, il aurait joué un rôle central dans le stratagème. Il est soupçonné d’avoir créé de faux profils féminins sur TikTok, Facebook et d’autres plateformes afin d’entrer en contact avec des victimes potentielles. Pour gagner leur confiance, il aurait échangé avec elles par téléphone en imitant une voix féminine et leur aurait proposé des rencontres à caractère intime.

C’est ainsi qu’un habitant de 37 ans affirme avoir été piégé mercredi dernier. Dans sa déposition à la police, il explique avoir été contacté via WhatsApp par une personne se présentant comme une jeune femme. Après plusieurs échanges, un rendez-vous lui aurait été proposé à Plaine-Verte avant que son interlocutrice ne l’invite finalement à se rendre à son domicile, à Vallée-des-Prêtres.

Arrivé sur place, l’homme dit avoir rapidement compris qu’il avait été trompé. Selon son récit, la personne avec laquelle il communiquait n’était pas une femme. Quelques instants plus tard, plusieurs individus auraient surgi dans la maison.

Le trentenaire affirme qu’au moins six hommes l’ont alors encerclé, menacé et agressé. Ses agresseurs lui auraient réclamé Rs 150 000 et l’auraient contraint à effectuer plusieurs transferts d’argent par voie électronique. Ils lui auraient également ordonné d’effacer les messages échangés avant la rencontre.

L’affaire a pris une ampleur particulière après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo de plusieurs minutes montrant une partie de la scène. Les images, largement partagées en fin de semaine, montrent la victime entourée de plusieurs individus, dont certains apparaissent munis de sabres et de battes de baseball.

Selon la plainte, l’homme est soumis à une série d’humiliations. Il est contraint d’exposer ses parties intimes devant la caméra et de répondre aux questions de ses agresseurs. Ceux-ci lui reprochent notamment d’avoir cherché à rencontrer ce qu’ils présentent comme un homme. À plusieurs reprises, ils l’interrogent sur les circonstances de sa présence sur les lieux et sur sa vie personnelle.

Toujours selon le plaignant, ses agresseurs l’auraient forcé à appeler son père ainsi que sa fiancée afin de leur révéler les faits. La vidéo montre également la victime implorant le pardon et présentant des excuses, visiblement sous la contrainte.

Pour les enquêteurs, cette séquence filmée pourrait constituer un élément clé du dossier. Au-delà des allégations d’extorsion, elle tend à démontrer l’existence d’une opération soigneusement préparée mêlant intimidation, violences physiques, humiliation publique et pression psychologique.

Les policiers de la CID de Port-Louis Nord cherchent désormais à identifier l’ensemble des personnes présentes dans la vidéo et à établir le rôle précis de chacun. Les suspects recherchés sont soupçonnés d’avoir participé à l’agression de la victime ainsi qu’aux transferts forcés d’argent dénoncés dans la plainte.

Le trentenaire a indiqué aux enquêteurs qu’il était en mesure de reconnaître ses agresseurs. Les investigations se poursuivent afin de déterminer si d’autres personnes ont pu être victimes de procédés similaires.

L’enquête s’attache également à établir si le groupe opérait de manière organisée et si d’autres guets-apens, reposant sur l’utilisation de faux profils féminins sur les réseaux sociaux, ont été mis en place avant cette affaire.

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