Guerre au Moyen-Orient : voici les pays les plus affectés par la hausse des prix du pétrole
Par
Defimedia.info
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Au moins 85 pays ont enregistré une hausse des prix du carburant depuis le début des frappes contre l’Iran par les États-Unis et Israël le 28 février, selon un article publié ce mercredi 11 mars par Al Jazeera.
Les automobilistes à travers le monde ressentent déjà l’impact du conflit, avec une augmentation marquée des prix du carburant depuis le début de la guerre.
Aux États-Unis, le gallon d’essence ordinaire, qui coûtait en moyenne 2,94 dollars en février, est passé à 3,58 dollars, soit une hausse d’environ 20 %, selon les données de American Automobile Association. Dans plusieurs États, le prix dépasse désormais 4 dollars le gallon, tandis qu’en Californie, il dépasse les 5 dollars, un niveau inédit depuis plus de deux ans.
Selon les données de la plateforme Global Petrol Prices, qui suit les prix de l’énergie dans près de 150 pays, au moins 85 pays ont déjà signalé une hausse des prix du carburant après les premières frappes du 28 février. D’autres augmentations sont attendues en avril, certains pays n’annonçant les nouveaux prix qu’à la fin du mois.
Le Vietnam a enregistré la plus forte hausse, avec près de 50 %, passant de 0,75 dollar le litre d’essence à indice d’octane 95 le 23 février à 1,13 dollar le 9 mars. Le Laos suit avec une augmentation de 33 %, puis le Cambodge (19 %), l’Australie (18 %) et les États-Unis (17 %).
L’Asie particulièrement exposée
Les pays asiatiques sont particulièrement dépendants du détroit d’Ormuz pour l’approvisionnement en pétrole et en gaz. Ce passage stratégique relie le Golfe au golfe d’Oman et constitue la principale voie de sortie pour les exportations pétrolières de la région vers l’océan.
Le Japon et la Corée du Sud figurent parmi les pays les plus vulnérables, important respectivement 95 % et 70 % de leur pétrole depuis le Golfe.
Face à cette situation, les deux pays ont pris des mesures d’urgence pour stabiliser leurs marchés énergétiques. Le 8 mars, le Japon a demandé à ses sites de stockage de pétrole de se préparer à un éventuel recours aux réserves stratégiques. Le lendemain, la Corée du Sud a instauré pour la première fois en 30 ans un plafond maximal sur les prix de l’essence et du diesel.
Des mesures drastiques en Asie du Sud
Au Bangladesh, le gouvernement a ordonné la fermeture immédiate de toutes les universités publiques et privées afin de réduire la consommation d’énergie. Au Pakistan, les bureaux gouvernementaux fonctionneront désormais sur une semaine de quatre jours. Les écoles ont également fermé et une politique de télétravail à 50 % a été instaurée pour économiser du carburant.
En Europe, les ministres des Finances du G7 ont tenu une réunion d’urgence pour discuter de la hausse des prix. Le président français Emmanuel Macron a évoqué la possibilité de libérer entre 20 et 30 % des réserves stratégiques afin d’atténuer la pression sur les consommateurs.
Impact sur les prix alimentaires
La hausse du prix du pétrole a également des répercussions directes sur les prix alimentaires. L’énergie intervient à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement, depuis les engrais utilisés dans les champs jusqu’au transport des produits vers les supermarchés.
L’augmentation des prix du pétrole affecte également le transport maritime et le coût global de la logistique.
L’économiste David McWilliams souligne que « le moteur de l’économie mondiale reste le transport », reliant les chaînes d’approvisionnement et la circulation des marchandises.
Face à la flambée des prix de l’énergie, les craintes de stagflation - combinaison d’une forte inflation et d’une hausse du chômage - refont surface. Les économistes rappellent que les chocs pétroliers majeurs de 1973, 1978 et 2008 ont été suivis de ralentissements économiques mondiaux.
Dans les pays à faible revenu, où une grande partie du budget des ménages est consacrée à l’alimentation et où les importations de céréales et d’engrais sont importantes, la hausse des prix du pétrole pourrait rapidement se traduire par des pénuries alimentaires.
Source : Al Jazeera