Guerre au Moyen-Orient : Maurice confronté à des risques de ralentissement et d’inflation
Par
Christina Vilbrin
Par
Christina Vilbrin
Les tensions géopolitiques pèseront sur les économies d’Afrique subsaharienne, alerte le Fonds monétaire international. La croissance de Maurice, comme celle des autres pays de la région, reste fortement exposée aux chocs externes et aux turbulences géopolitiques.
L’Afrique subsaharienne a abordé 2026 sur une dynamique positive, portée par les acquis d’une stabilisation difficilement obtenue après une solide performance en 2025. La croissance régionale est estimée à environ 4,5 %, soit son niveau le plus élevé en dix ans, soutenue par un contexte extérieur favorable et par des politiques économiques efficaces dans plusieurs grandes économies. L’inflation a ralenti fin 2025 grâce à la baisse des prix mondiaux des produits alimentaires et du pétrole, à l’atténuation des pressions sur les taux de change et à des politiques monétaires rigoureuses. Les finances publiques se sont également améliorées, soutenues par la reprise économique.
Cependant, la guerre au Moyen-Orient assombrit les perspectives. Les prix du pétrole, du gaz, des engrais ainsi que les coûts du transport maritime ont fortement augmenté. Le conflit perturbe également les échanges avec les pays du Golfe, réduit les arrivées touristiques et pourrait freiner les transferts de fonds vers certains pays. Dans le même temps, la baisse de l’appétit pour le risque complique les conditions de financement, alors que de nombreux pays disposent de marges de manœuvre limitées. Dans ce contexte, la croissance régionale devrait atteindre 4,3 % en 2026, soit 0,3 point de pourcentage de moins que les prévisions établies avant le conflit, avec des écarts importants selon les pays. L’inflation médiane devrait remonter à 5 % fin 2026, contre 3,4 % fin 2025.
Adopter une politique macroéconomique prudente.
Accorder un soutien ciblé aux populations vulnérables tout en renforçant la sécurité alimentaire.
Accélérer les réformes structurelles afin de stimuler durablement la productivité.
« D’après une base de données d’indicateurs de réforme, l’Afrique subsaharienne accuse un retard par rapport aux autres régions, notamment en matière de gouvernance, malgré des avancées dans certains domaines. Par rapport à d’autres régions en développement, les écarts sont particulièrement marqués dans les réformes ‘fondamentales’ : gouvernance, réglementation des entreprises et secteur extérieur. Les indicateurs de gouvernance ont globalement stagné au fil du temps, tandis que les mesures relatives à la réglementation des entreprises ne se sont améliorées que modestement, partant d’un niveau très bas. Au niveau national, certains réformateurs se distinguent. Maurice et les Seychelles ont renforcé l’efficacité de l’administration et la prestation de services en améliorant la formulation et la mise en œuvre des politiques et en protégeant la fonction publique des pressions politiques. »
« Une réglementation des entreprises saine et des réformes favorables au commerce favorisent la concurrence et le dynamisme des entreprises en réduisant les barrières à l’entrée et en permettant aux ressources de se réorienter vers les activités les plus productives, ce qui augmente la productivité. Des règles trop complexes favorisent l’arbitraire et la recherche de rentes, étouffant ainsi l’innovation. Maurice, par exemple, a renforcé l’exécution des contrats et les droits de propriété tout en rationalisant la réglementation et en réduisant les coûts de mise en conformité. »