Guerre au Moyen-Orient : l’Association des Manufacturiers Mauriciens passe en mode vigilance et appelle au renforcement de la base industrielle mauricienne
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Defimedia.info
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L’Association des Manufacturiers Mauriciens (AMM) dit suivre l’évolution du conflit en Iran, une région stratégique pour le transit du pétrole et de nombreuses matières premières essentielles au commerce mondial. L’AMM représente aujourd’hui plus de 300 entreprises industrielles et productrices qui opèrent principalement pour le marché local.
Dans un communiqué émis ce vendredi, l’association par la voix de son président Lawrence Wong, déclare : « Le conflit actuel constitue une crise régionale majeure et une résolution rapide semble peu probable. La zone concernée est stratégique dans le commerce mondial. Le détroit d’Ormuz et la mer Rouge sont des axes essentiels pour le transit du pétrole et de nombreuses matières premières. Toute perturbation se répercute rapidement sur les marchés de l’énergie et sur les chaînes logistiques internationales. Nous devons nous préparer à subir les premiers effets de ce conflit. Les coûts logistiques et énergétiques resteront volatils. Il y a aussi des risques de retards dans les livraisons, ce qui complique la planification pour les entreprises qui doivent honorer leurs engagements. »
Selon l’AMM, les industriels locaux commencent à en ressentir les effets. La hausse du prix du pétrole impacte directement le coût du fret maritime. « Un surcoût d’environ USD 3 000 est actuellement observé sur un conteneur de 40 pieds en provenance d’Europe, exerçant une pression supplémentaire sur les marges des entreprises. Des retards dans les livraisons sont également à anticiper, avec des répercussions possibles sur la trésorerie et la gestion des stocks », faire ressortir l’association.
Samuel Maujean, Deputy COO de l’AMM, souligne : « Au-delà des perturbations immédiates, cette crise met en lumière une question plus large : la capacité de résilience de l’industrie mauricienne dans un environnement mondial de plus en plus instable. C’est un plaidoyer que nous menons depuis les deux derniers chocs mondiaux, ceux de la pandémie Covid-19 et de la guerre en Ukraine. Nos industriels ont assuré la continuité de l’approvisionnement du pays dans des conditions parfois extrêmement difficiles. Ces crises successives démontrent une évidence : disposer d’un secteur manufacturier solide est un élément essentiel de la sécurité économique du pays. »
Une crise avec des opportunités
Au-delà des risques immédiats, l’AMM estime que ces événements géopolitiques ouvrent de nouvelles opportunités pour Maurice si le pays agit rapidement. Maurice peut affermir son positionnement comme hub manufacturier régional, tout en consolidant le rôle de son port comme plateforme logistique et de transbordement et celui de son centre financier international pour accompagner les flux d’investissement et de commerce dans la région. Pour l’AMM, ces évolutions doivent être abordées comme une opportunité stratégique pour soutenir la compétitivité de l’économie mauricienne.
Samuel Maujean, Deputy COO de l’AMM, ajoute : « Les tensions actuelles rappellent que les équilibres économiques évoluent rapidement. Maurice doit saisir cette période pour consolider ses capacités industrielles, logistiques et financières dans la région. »
Alors que l’Industry Bill est en discussion, l’AMM souligne la nécessité de protéger l’appareil productif mauricien afin de garantir la souveraineté industrielle du pays face aux chocs externes. Lawrence Wong, président de l’AMM, rappelle : «
Aujourd’hui, le contexte international nous rappelle qu’il est temps d’agir. L’Industry Bill doit contribuer à garantir notre souveraineté industrielle et la stabilité de notre économie. Il est essentiel de consolider notre secteur manufacturier afin qu’il puisse mieux absorber ces chocs externes. Parallèlement, nous devons accélérer plusieurs réformes structurantes, notamment la réforme portuaire pour appuyer le rôle de Maurice comme hub manufacturier régional et améliorer notre efficacité logistique, ainsi que la transition énergétique afin de réduire notre dépendance aux importations d’énergie. Dans un environnement mondial plus instable, ces priorités deviennent encore plus urgentes. »