Grooming à l’école : former parents et enseignants pour mieux protéger les enfants

Par Annick Daniella Rivet, Stephan Douce
Publié le: 5 mars 2026 à 10:16
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Les invités sur le plateau de l’émission Au Cœur de l’Info.

Face aux inquiétudes suscitées par des accusations visant un enseignant, des professionnels de l’éducation ont appelé, sur les ondes de Radio Plus, à une mobilisation collective. Prévention, vigilance parentale et libération de la parole des victimes ont dominé les échanges.

D es plaintes visant un enseignant pour comportements inappropriés envers des enfants et des adolescentes ont suffi à mettre le sujet sur la table. Mercredi, l’émission Au Cœur de l’Info réunissait plusieurs professionnels du secteur éducatif autour d’une question que beaucoup préfèrent encore esquiver : comment protéger les enfants et libérer leur parole ?

Le terme « grooming » a structuré le débat. Le pédagogue et consultant en éducation Ritesh Poliah en a posé la définition : « C’est lorsqu’un adulte cherche à établir une relation avec un enfant ou un adolescent dans le but de l’abuser par la suite. » Un processus insidieux, précisément parce qu’il est invisible. Le Dr Vedhiyen Moonsamy, assistant-directeur Health & Wellness au ministère de l’Éducation, le confirme : « L’agresseur prend soin de mettre la victime en confiance. Dans certains cas, aucun signe n’est visible. » Parfois, pourtant, des signaux existent : isolement, baisse des résultats scolaires, refus d’aller à l’école, maux de ventre ou de tête inexpliqués.

La question de la parole des victimes a été au cœur des échanges. Arvind Bhojun, président de l’UPSEE, a insisté sur un constat préoccupant : « Souvent, une victime se heurte à des obstacles au lieu de trouver des solutions. Parfois, elle est même perçue comme coupable, alors qu’elle est victime. » Il a rappelé qu’il ne s’agit, à ce stade, que d’allégations, mais a estimé que la gestion de ce type de dossier reste insuffisante, même dans un système éducatif mauricien par ailleurs cité en exemple sur le continent africain.

Pour Prisheela Motee, fondatrice de l’association Raise Brave Girls, la réponse passe d’abord par la formation, et pas seulement celle des élèves. « Nous formons les élèves, mais il est temps de former aussi les parents et les grands-parents afin qu’ils comprennent ce qui se passe. » Son association offre un espace d’écoute aux filles et aux femmes, avec l’objectif de traduire leurs témoignages en propositions concrètes soumises aux autorités.

Sur le plan institutionnel, le Dr Moonsamy a rappelé que le programme du Mauritius Institute of Education intègre des modules de prévention dès le préprimaire, notamment autour de la notion de « bon touché ». Tous les cas signalés, assure-t-il, font l’objet d’un suivi attentif.

Reste une lacune que les intervenants ont unanimement pointée : la publication du Blue Print issu des Assises de l’Éducation d’avril 2025 se fait toujours attendre. Ce document devrait pourtant préciser les mesures concrètes de prévention et de gestion des abus.

Affaire Pavada : les plaidoiries pour une remise en liberté sous caution prévues ce jeudi

Frédéric Pavaday a été reconduit en cellule policière hier, à l’issue de sa comparution devant le tribunal de Curepipe. Les débats sur sa demande de remise en liberté sous caution reprendront ce jeudi.

L’audience a été marquée par la déposition de Virginie Bissessur, directrice de PedoStop, appelée à la barre par la représentante du Directeur des poursuites publiques, Priscilla Veerabadrun. Elle a apporté des précisions sur les courriels reçus dans le cadre de l’affaire, précisant que les deux victimes qui les ont envoyés ne se trouvent pas à Maurice. L’une devrait arriver prochainement ; l’autre rentrera grâce à une levée de fonds organisée par PedoStop pour financer son déplacement. L’objectif : permettre aux autorités de recueillir leurs dépositions dans les meilleurs délais.

Frédéric Pavaday a ensuite été interrogé par ses avocats et par la représentante du DPP, les échanges portant sur les garanties avancées par la défense et sur la nécessité, selon la poursuite, de préserver la sérénité de l’enquête.

Arrêté le 24 février à la suite d’une plainte d’une ancienne élève de la Loreto Junior School de Curepipe, âgée de 12 ans, qui allègue des attouchements et des propos inappropriés, il fait face à quatre accusations provisoires.

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