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Grève avortée : les médecins dans la rue pour faire entendre leur voix

Manifestation Manifestation de la MHOA, le 1er août 2017, devant le siège du ministère de la Santé. (Photo : JMS)

Les médecins généralistes ne vont pas se laisser faire. Déboutés par la Cour suprême, qui leur a interdit de tenir leur grève sur un point de droit, ils ont décidé de ne pas baisser les bras et prévoient diverses actions dans les jours à venir.

Manifestation pacifique devant le Parlement et marche pacifique dans les rues de Port-Louis. C’est ce que prévoient les médecins généralistes dans les jours à venir. Le but est de faire entendre leur voix concernant leurs conditions de travail et la bataille qu’ils mènent pour récupérer leur droit acquis de 33 heures de travail par semaine, au lieu des 40 heures qu’ils doivent faire depuis l’introduction du Shift System en 2016. Pour eux, ce sont des heures de travail supplémentaires qui leur ont été imposées sans aucune consultation avec le syndicat, le Medical and Health Officers Association (MHOA). « Les médecins ne luttent pas pour avoir plus d’argent, comme veut le faire croire le ministère de la Santé auprès du public. Nous menons une bataille en faveur des patients », a fait ressortir Narendranath Gopee, président de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU) et négociateur du syndicat des médecins généralistes.

Lors de l’Assemblée générale spéciale, qui s’est tenue au Tamil League, à Réduit, le samedi 14 septembre, ils ont aussi voté à main levée la résolution d’accorder 10 minutes par patient pour leur consultation, au lieu de deux minutes comme c’est le cas actuellement. Et compte tenu du revers qu’ils ont essuyé en Cour suprême, ils ont également décidé d’avoir recours à une instance internationale de Justice s’occupant des droits acquis. Une fois l’affaire logée par les avocats, le nom de cette instance sera dévoilé, a expliqué le syndicaliste.

L’assistance était attentive.
L’assistance était attentive.

Une lettre sera aussi envoyée à l’Organisation internationale du travail (OIT) pour l’informer de la façon dont le ministère du Travail a géré la grève annoncée des médecins, a aussi indiqué Narendranath Gopee. Selon lui, ce ministère est intervenu « illégalement » afin que cette grève ne puisse pas avoir lieu. Pour le président de la FCSOU, la participation des quelque 200 médecins et de leurs proches lors de cette assemblée générale démontre le ras-le-bol des praticiens. Ces derniers sont aussi déterminés à faire entendre leur voix et à exprimer leur désapprobation concernant la décision du ministère de la Santé et celui du Travail, qui font fi de leurs doléances.

De son côté, le Dr Vinesh Sewsurn, président de la Medical and Health Officers Association, a soutenu que le syndicat allait envoyer une lettre au ministère de la Santé. Cela pour l’informer de la décision des médecins généralistes d’accorder 10 minutes, au lieu de deux, aux patients pour leur consultation. Le but est d’améliorer le système de santé à Maurice. « Actuellement, on nous force de consacrer une à deux minutes à chaque patient. Avec la résolution unanime des médecins, nous allons accorder 10 minutes par patient dans l’intérêt de ce dernier », a-t-il dit.

Pour lui, ce sera une situation gagnant-gagnant tant pour les patients que pour les médecins eux-mêmes. « Nous sommes des professionnels et non des opérateurs. Nous ne sommes pas des travailleurs à la chaîne et nous ne bâclons pas le travail. » Il a soutenu que la vie des patients était en jeu et qu’ils devaient respecter cela. Le Dr Sewsurn a aussi affirmé que la grande participation des médecins à cette assemblée générale est une claque à l’administration : « Le ministère ne doit pas penser que les médecins sont désunis et qu’ils ne vont pas continuer leur lutte pour récupérer leurs droits et améliorer le système de santé à Maurice. »

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