À Grand-Baie : Sans papiers depuis 26 ans, une mère réclame une régularisation
Par
Reshad Toorab
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Reshad Toorab
À Grand-Baie, Rachel Maria Bearnice Schwering, 34 ans, vit sans carte d’identité ni passeport depuis son arrivée à Maurice en l’an 2000. Mère de trois enfants — âgés de 13 ans, 6 ans et 18 mois — elle se retrouve dans une impasse administrative qui l’empêche de travailler légalement et d’accéder à des services essentiels.
Née le 14 août 1992 à Gaborone, au Botswana, Rachel arrive à Maurice à l’âge de sept ans avec sa famille. Son père travaille comme chef cuisinier à l’hôtel Shandrani, et sa mère est citoyenne mauricienne. Elle effectue toute sa scolarité primaire et secondaire sur l’île et n’en repart plus. À ses 18 ans, convaincue de pouvoir obtenir une carte d’identité grâce à la nationalité de sa mère, elle entame ses premières démarches administratives. Elles n’aboutissent pas.
Depuis, Rachel dit avoir contacté à plusieurs reprises le Passport and Immigration Office, le Prime Minister’s Office ainsi que d’autres institutions. Plus de vingt ans après, sa situation n’est toujours pas régularisée. « Cela fait des années que je cherche à régulariser ma situation, mais je ne trouve pas de solution », dit-elle.
Sans documents officiels, elle ne peut pas exercer d’emploi légal, ni bénéficier de certains services publics. Elle est actuellement sans logement fixe et dépend financièrement de son entourage pour subvenir aux besoins de ses enfants. Séparée du père de ceux-ci, elle en assume seule la charge.
REFUS À L’ÉTAT CIVIL
Parmi les difficultés qu’elle décrit, l’une concerne directement sa maternité. Dans une lettre adressée aux autorités, Rachel explique avoir pu déclarer ses deux premiers enfants à l’état civil à l’aide de son acte de naissance botswanais et de documents scolaires mauriciens. Pour son troisième enfant, sa demande a été refusée.
« L’état civil a refusé, disant que la loi avait changé. Du coup, seul le nom du père figure sur l’acte de naissance. C’est vraiment injuste », écrit-elle.
Rachel indique également s’être rendue au ministère de la Femme et de l’Égalité de genre, sans obtenir d’aide concrète. « Ils m’ont dit qu’ils ne pouvaient rien faire pour moi et qu’il fallait que j’aille voir le PMO », relate-t-elle.
Rachel a formalisé sa demande dans une lettre adressée aux autorités, réclamant un examen de son dossier. Sa demande est précise : obtenir une carte d’identité, pouvoir travailler et subvenir aux besoins de ses enfants. « Je veux juste travailler, vivre normalement et donner un meilleur avenir à mes enfants. Mais sans papiers, je suis bloquée », dit-elle.
Après 26 ans passés à Maurice, pays où elle a grandi et où vivent ses enfants, Rachel attend toujours une réponse des autorités compétentes.
Reshad Toorab