Glissements de terrain : 62 sites critiques placés sous surveillance
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
La surveillance des sites à risque de glissements de terrain s’intensifie à Maurice avec l’identification de 62 zones critiques. Un plan national est en préparation pour renforcer la prévention, améliorer l’alerte précoce et réduire les risques pour les populations exposées.
Soixante-deux sites sont considérés comme critiques en matière de glissements de terrain sur le territoire mauricien. Selon le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, la Geotechnical Unit a déjà élaboré une carte des risques de glissements de terrain pour Maurice, identifiant les zones jugées sensibles ou exposées, notamment dans les régions montagneuses.
Dans ce cadre, « 62 sites identifiés comme critiques ont été étudiés afin de formuler un plan de gestion des glissements de terrain ». Ce plan a pour but de mieux prévenir, surveiller et gérer les risques liés aux mouvements de terrain.
Ce document devrait inclure des exercices de surveillance, des travaux de protection ainsi que des protocoles d’alerte précoce pour les sites reconnus comme dangereux à l’issue des investigations. Rajesh Bhagwan précise que « ce n’est qu’après la finalisation et la validation du plan que l’unité géotechnique sera en mesure de travailler sur les contre-mesures spécifiques ou les autres systèmes de protection requis pour chaque zone exposée aux glissements de terrain, y compris l’élaboration d’éventuels plans de stabilisation des sols ».
Le ministre évoque également le cas de certaines habitations situées à Rivière Profonde, à Moka, identifiées par la Land Drainage Authority comme se trouvant dans une zone à haut risque. À titre provisoire, le conseil de district de Moka a été sollicité afin de relocaliser les ménages concernés. Une réunion de coordination regroupant notamment la Geotechnical Unit, le ministère des Collectivités locales et la Land Drainage Authority a été organisée pour évaluer la situation et identifier les mesures correctives appropriées. Le rapport de la Geotechnical Unit est toujours attendu.
Le ministre rappelle, dans sa réponse parlementaire écrite déposée au Parlement à la suite d’une question de la députée de Rezistans ek Alternativ, Babita Thannoo, que les pentes abruptes constituent désormais des zones écologiquement sensibles (Environmentally Sensitive Areas – ESA) au regard de l’Environment Act 2024. La législation prévoit des mécanismes visant à assurer leur gestion durable, leur protection, leur restauration et leur réhabilitation.
Les terrains présentant une pente naturelle d’au moins 20 % sur une distance horizontale minimale de dix mètres sont considérés comme des pentes abruptes selon les directives du ministère du Logement et des Terres relatives aux constructions sur terrains inclinés et dans les zones à risque de glissement de terrain.
Toute opération de défrichement ou de développement sur ces terrains est soumise à des contrôles stricts. Le ministre souligne que « tout projet sur une pente supérieure à 20 % nécessite une étude d’impact sur l’environnement accompagnée d’un rapport d’investigation géotechnique comprenant une analyse de stabilité des pentes afin d’évaluer la faisabilité du projet ».
Lors de l’examen des demandes de permis environnemental, les avis de plusieurs institutions sont sollicités, notamment ceux de la Geotechnical Unit du ministère des Infrastructures nationales et des autorités locales. Les promoteurs demeurent responsables de la conception et de la mise en œuvre sécuritaire des projets, tandis que les autorités exigent un suivi régulier des travaux afin de détecter toute anomalie ou condition imprévue du terrain.
Par ailleurs, Rajesh Bhagwan met en avant l’importance de la préservation des zones montagneuses pour limiter les risques d’érosion et d’instabilité des sols. Les réserves montagneuses, y compris celles appartenant à des propriétaires privés, sont protégées par la Forests and Reserves Act de 1983.
Les arbres jouent, selon le ministre, « un rôle essentiel dans la stabilisation des pentes en renforçant physiquement les sols grâce à leurs racines, en réduisant leur teneur en eau par la transpiration et en protégeant la surface contre l’érosion ».
Ces mécanismes contribuent à prévenir les glissements de terrain et à préserver l’intégrité des versants. Les services forestiers poursuivent ainsi des programmes de reboisement et de restauration écologique sur plusieurs sites, notamment à Signal Mountain. Ils favorisent également des approches fondées sur la nature, combinant restauration des écosystèmes et résilience des infrastructures grâce à l’utilisation de la végétation et des processus naturels pour stabiliser les terrains.