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Génération comptable : l’héritage vivant des Diljore 

Mahmood Diljore entouré de son fils Ashad et de son petit-fils Muntasir.
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Dans leurs costumes impeccables de comptables, les Diljore révèlent à Le Dimanche/L’Hebdo leur passionnante histoire familiale, ancrée dans l’univers des chiffres.

Dans le cocon chaleureux de la famille Diljore à Quatre-Bornes, la comptabilité est bien plus qu’une simple profession. C’est l’héritage vivant d’une lignée passionnée. Pionnier, Mahmood Diljore a franchi les portes de l’ACCA (l’Association of Certified and Corporate Accountants devenue depuis Association of Chartered Certified Accountants) à Londres en décembre 1967. Son fils Ashad a suivi ses traces en décembre 1993. La troisième génération, incarnée par Muntasir, a brillé de mille feux en décembre 2023, non seulement en réussissant ses examens de l’ACCA mais en s’illustrant comme le 22e lauréat mondial.

À tout juste 23 ans, Muntasir Diljore a été couronné « Top Affiliate - National Prize Winner » pour Maurice en 2023. C’est l’histoire d’une tradition familiale qui transcende le temps, une passion qui se perpétue et se renouvelle, invitant à découvrir l’univers fascinant de cette dynastie de la comptabilité.

Un mardi matin, nous rencontrons son père Ashad et son grand-père Mahmood, âgé de 93 ans. Rayonnant de sagesse et assis dans le canapé avec un sourire aux lèvres, ce dernier nous observe… « Comptable un jour, comptable pour toujours », pensons-nous, tout en lui retournant un sourire timide.

En faisant plus ample connaissance avec lui, Mahmood Diljore vole rapidement la vedette à son petit-fils. La raison : son statut en tant que figure emblématique de la famille Diljore, le premier à obtenir, en juin 1968, la qualification de membre de l’ACCA, une institution renommée regroupant les comptables professionnels. 

Modeste, Muntasir Diljore, face à notre enthousiasme, cède à son grand-père Mahmood l’honneur de partager son expérience dans le monde de la comptabilité. Ce qui suit, c’est un moment de complicité et de rires, ponctué d’anecdotes vivantes et de succès éclatants. 


Mahmood Diljore (FCCA), le grand-père : «Sous l’occupation britannique, j’ai obtenu une bourse d’études»

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Mahmood Diljore a intégré le National Audit Office en 1950.

« Je n’aurais jamais pensé qu’à cet âge, je raconterai mon vécu dans le monde des affaires. Je pense que c’est la volonté de Dieu », confie Mahmood Diljore. À ses côtés, son fils Ashad avec son assurance et son savoir-faire, et son petit-fils Muntasir, le prodige. Trois comptables dans la famille ? « Nous sommes trois cons … sous la table », répond-il avec humour. Cette plaisanterie du patriarche annonce la couleur d’une aventure pleine de vie. 

Né en 1930, Mahmood Diljore nous transporte dans les méandres de son histoire, rappelant avec fierté comment il a été qualifié membre de l’ACCA à Londres, à l’époque où Maurice était sous occupation britannique. 

Fellow Chartered Certified Accountant (FCCA), il a fait ses débuts dans la comptabilité en travaillant au National Audit Office. En décembre 1966, il a obtenu une bourse pour faire des études en comptabilité en Angleterre. « En juin 1968, je me suis qualifié en tant que membre de l’ACCA à Londres. »

Son enfance 

Né le 15 septembre 1930 à Phoenix, Mahmood Diljore est le troisième d’une fratrie de 12 enfants. Son père Abbas était un planteur de légumes et sa mère Shamsoon était femme au foyer. Ils ont élevé leur nombreuse famille dans une modeste maison en tôle et en bois. « Mon père a fait beaucoup de sacrifices pour offrir à tous ses enfants une bonne éducation », dit-il avec nostalgie. 

Sa propre éducation le mène des premières classes primaires au Church of England à Phoenix, à l’école Aryan Vedic à Vacoas, puis à la prestigieuse école Young Hindu Association à Port-Louis. Classé 13e, il ne décroche pas la Grande bourse. « Il n’y avait pas de Certificate of Primary School à l’époque », se souvient-il. 

Il a vécu les séquelles de la Deuxième Guerre mondiale, donc ? « Oui. Je me rappelle qu’il n’y avait pas à manger au pays. Heureusement, mon père était planteur. Nous mangions du manioc, de la patate douce, du maïs etc. provenant de notre potager. Nous en donnions aussi à nos proches et voisins », raconte-t-il. 

Après avoir terminé ses études secondaires au City College de Rose-Hill, Mahmood Diljore se lance dans l’enseignement des mathématiques dans son ancien collège. Sa carrière prend un tournant majeur le 5 septembre 1950 lorsqu’il rejoint la fonction publique en tant que clerc au National Audit Office sous l’occupation britannique. 

À 20 ans, il touche un salaire de Rs 75. Porté par le sens du devoir familial, il remet tout l’argent à sa mère qui avait de nombreuses bouches à nourrir. Il ne gardait rien pour lui ? « Je donnais des leçons particulières à des enfants pour les mathématiques et d’autres sujets. Tous les mois, j’avais Rs 15. C’était beaucoup d’argent à cette époque », sourit-il. 

Au National Audit Office, il grimpe rapidement les échelons sous le surnom affectueux de « Lad of the boss ». Qui était son patron à l’époque ? « C’était le Britannique Denis Brighton », répond-il. En 1959, il épouse Swaberah. 

Quelques années plus tard, en 1962, à la suite du décès du comptable de la Central Housing Authority, ce poste lui est légitimement destiné. Cependant, une décision politique lui barre la route. « Ce revirement de situation s’est avéré à la fois triste et bénéfique, car on m’a offert à la place une bourse pour étudier à l’ACCA à Londres », dit-il.

Pour se préparer à cette opportunité, Mahmood Diljore bénéficie d’un emploi du temps lui permettant d’étudier. Il fréquente assidûment la librairie de Port-Louis qui se trouvait autrefois là où se situe aujourd’hui le musée. N’ayant pas étudié l’économie au collège, il prend des leçons particulières avec l’économiste Pierre Dinan. 

En 1966, Mahmood Diljore s’envole pour l’Angleterre pour poursuivre ses études à Balham, situé au sud-ouest de Londres. Un an plus tard, son épouse et ses deux fils en bas âge, Abdullah et Ashad, le rejoignent en Angleterre. « Après que je me suis qualifié en tant que membre de l’ACCA, je suis retourné à Maurice. »

Par la suite, Mahmood Diljore occupe le poste de Senior Examiner of Accounts, mais il quitte finalement le National Audit Office en raison de conflits internes. « Je ne pouvais plus supporter les commentaires insignifiants de mes collègues à mon égard », confie-t-il. Il devient alors chargé de cours en comptabilité à la School of Administration, située alors à l’université de Maurice, formant de nombreux étudiants à l’ACCA, dont l’actuel Senior Advisor Dev Manraj. 

En 1976, Mahmood Diljore quitte l’enseignement et se tourne vers le secteur privé. Rejoignant le groupe Rogers à l’âge de 46 ans, il devient Chief Accountant à Caltex Oil Mauritius. « Je m’occupais des huit compagnies dont les comptes se faisaient autrefois à l’étranger », indique-t-il. Nommé par la suite directeur financier de l’organisation ODEM au Mali, son épouse et lui y émigrent. 

Durant toute sa vie, Mahmood Diljore a œuvré dans le social. « J’ai pu obtenir des fonds pour la construction de la Muslim High School gérée par l’organisation mondiale Rabitat. » Il a d’ailleurs été le président de cette établissement.

À sa retraite à l’âge de 60 ans, Mahmood Diljore consacre une bonne partie de son temps à se rendre à Londres où vivent ses enfants et petits-enfants. « Lorsque j’étais là-bas, je cuisinais pour mes enfants et j’allais chercher mes petits-enfants à l’école parmi tant de choses », révèle-t-il. 

Il raconte que son épouse et lui sont partis vivre en Arabie saoudite où ils ont vécu presque 25 ans. « Vous avez continué à travailler là-bas ? » lui demandons-nous. « Pas beaucoup si ce n’est offrir mes services en tant que consultant. »

De retour à Maurice depuis peu, Mahmood Diljore affirme qu’il a toujours eu une passion pour la cuisine et la pâtisserie. « Lorsque j’étais jeune, j’aidais ma maman dans la cuisine pour préparer les repas de la famille. C’est là que tout a commencé », sourit-il. 

S’il ne peut plus être derrière les fourneaux à cause de son âge avancé, sa fille Waheeda, qui écoute notre conversation de loin, révèle qu’il faisait ses propres pains et ses brioches, un véritable délice, selon elle. Elle le taquine : « Avoue papa que je suis ta fille préférée ! » Mahmood Diljore sourit. 

Comment fait-il pour garder la forme ? Il répond qu’il privilégie une alimentation équilibrée. Ses journées, il les consacre à la prière et à des loisirs numériques, comme regarder des vidéos sur YouTube et appeler ses petits-enfants sur WhatsApp pour prendre de leurs nouvelles. 

Quel est son plus grand regret ? Mahmood Diljore révèle que c’est d’avoir, très jeune, perdu un fils qui aspirait à être médecin. Et son plus grand accomplissement dans la vie ? Il soutient que c’est d’avoir fait son devoir de père en offrant un meilleur avenir à ses enfants, qui, aujourd’hui, en font de même pour leurs propres enfants. 

Aujourd’hui, aux côtés de son épouse malheureusement affaiblie par la maladie, Mahmood Diljore savoure les précieux moments en famille. Outre ses deux filles Roseda et Waheeda et ses deux fils Ehsan et Ashad, il est le fier grand-père de huit petits-enfants et a sept arrière-petits-enfants. 

Quels sont les clés d’une vie réussie ? « C’est l’amour pour sa famille ainsi que la détermination, la patience et la persévérance dans tout ce que nous entreprenons au quotidien », conclut Mahmood Diljore.

Ashad Diljore (FCCA), le fils : «J’ai suivi les traces de mon père même si je voulais devenir avocat»

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Ashad Diljore est responsable financier à Saudi Aramco, en Arabie saoudite.

Le parcours scolaire d’Ashad Diljore, le fils de Mahmood Diljore, a débuté après avoir franchi les portes de l’école Philippe Rivalland, pour ensuite briller à l’école Gustave Collin de Beau-Bassin, où il s’est classé 14e pour la Petite bourse à l’époque. « Votre papa s’est classé 13e et il n’a pas eu la Grande bourse. Vous vous êtes classé 14e et vous avez eu la Petite bourse ? » le taquinons-nous. « Oui, c’est fou, non », dit-il dans un rire.

Il fait ses études secondaires au Collège du Saint-Esprit où il cultive une passion pour les langues anglaise et française. Après son Higher School Certificate, Ashad Diljore s’inscrit à l’Islamic International University d’Islamabad, au Pakistan, pour des études en lois islamiques et internationales. « Je me suis classé premier au département de Sharia lors de la première année. Malheureusement, je suis tombé gravement malade et j’ai dû retourner à Maurice. » 

Dans un rire, il raconte que sa mère avait dit à son père : « Mood to pou touy li… Li pa pe re ale. » Ainsi s’est éteinte son ambition de devenir un « homme de loi ».

Ashad Diljore choisit finalement de suivre les conseils de sa famille et de poursuivre une carrière en comptabilité, en dépit de son attrait pour l’enseignement de la littérature anglaise. Pourquoi donc ? « On m’a dit qu’en raison de notre religion, ce n’est pas bien de mentir », répond-il avec humour. 

Ashad Diljore est admis en tant que membre de l’ACCA en mai 1996. « À l’âge de 21 ans, j’ai intégré la prestigieuse firme KPMG. Deux ans plus tard, j’ai franchi la Manche pour apporter mon expertise aux cabinets comptables de Londres. »

En 1998, il se marie avec sa femme Shabnam. De cette union naissent deux fils, Muntasir et Azhar, et une fille, Shazia. Et son épouse fait quoi comme boulot ? 

« Elle est une Home Maker », dit-il en riant.

Après avoir vécu en Angleterre pendant presque 20 ans, Ashad Diljore quitte la firme KPMG pour s’installer au Qatar. Là-bas, ce Fellow Chartered Certified Accountant (FCCA) aujourd’hui âgé de 59 ans travaille pendant presque une décennie pour la société Exxon Mobil et Qatar Energy. Il y a huit ans, il pose ses valises en Arabie saoudite. Il y exerce actuellement en tant que responsable financier chez Saudi Aramco, le géant en raffinerie et en pétrochimie pétrolière. 

Quelles sont ses passions ? Il dit aimer la musique classique, la lecture et la marche. « Cela me donne un certain équilibre par rapport à mon boulot et le fait d’être loin de ma famille. » Son épouse et ses enfants sont, en effet, revenus vivre à Maurice en 2019 en raison de l’éducation des enfants.
Comment fait-il pour rester présent dans la vie de ses enfants ? « J’aide ma fille à faire ses devoirs de français via WhatsApp », sourit-il. Ashad Diljore fait aussi l’aller-retour au moins deux fois par an. Sait-il cuisiner comme son père ? « Je sais faire cuire un œuf ! » plaisante-t-il.

Qu’a-t-il ressenti lorsque son fils Muntasir a été honoré aux examens de l’ACCA au niveau mondial ? « C’est une immense fierté pour ma famille, mon fils perpétue l’héritage familial. Il nous a fait une belle surprise », se réjouit Ashad Diljore. Et de conclure, avant de regagner l’Arabie saoudite le 17 avril, que pour lui, le secret du succès dans le domaine de la comptabilité réside dans la patience et la persévérance.

Muntasir Diljore (ACCA Affiliate), le petit-fils : «Jamais deux sans trois» 

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Muntasir Diljore a été classé 7e au niveau mondial pour l’examen de « Strategic Business Reporting » de l’ACCA.

À seulement 23 ans, Muntasir Diljore s’est hissé au 22e rang mondial aux examens finaux de l’ACCA en décembre 2023, devenant ainsi le « Top Affiliate - National Prize Winner » pour cette promotion. Il est le premier à Maurice (« National Prize Winner ») et se classe 7e au niveau mondial pour l’examen « Strategic Business Reporting (SBR) INT », tout en étant également premier à Maurice (« National Prize Winner ») et 10e pour l’examen « Advance Performance Management » (APM). Et ce n’est pas tout : il est aussi premier à Maurice (« National Prize Winner ») et 11e pour l’examen « Financial Reporting » de l’ACCA.

De nature discrète, Muntasir Diljore préfère rester en retrait des feux de la rampe. Une fois détendu, il nous partage qu’il a débuté ses études primaires à Londres avant de les terminer à l’American School of Doha, au Qatar. Après avoir obtenu son O’ Level à l’Aramco Community International School en Arabie saoudite, il est retourné vivre à Maurice.

Bien qu’il ait pris un chemin différent en ne poursuivant pas son Higher School Certificate, Muntasir Diljore révèle qu’il a directement plongé dans le monde du « Business » en suivant des cours à l’Institut Charles Telfair à Moka. Une fois son Certificate in Business puis son Diploma in Business en poche, il a réussi en deux ans les études pour devenir membre de l’ACCA au London College of Accountancy, dont la branche mauricienne se trouve à Ébène.

Souhaitait-il suivre les traces de son grand-père et de son père en devenant comptable ? « Comme on dit, jamais deux sans trois », répond-il avec un sourire.

Il admet que sa passion pour résoudre les équations et son attrait pour la logique ont rapidement transformé ce qui aurait pu être une corvée ennuyeuse en une véritable fascination. « La comptabilité m’a plu. Si mon approche méthodique et ma détermination à résoudre chaque problème avec précision m’ont fait briller aux examens de l’ACCA, mes chargés de cours au London College of Accountancy sont derrière ce succès qui me permet de faire honneur à mon père et à mon grand-père, tous deux membres de l’ACCA », affirme le jeune homme. 

Malgré ses accomplissements, pourquoi avoir maintenu certaines de ses réussites secrètes ? 

« J’avais prévu de les étonner avec ces succès le jour de la remise des prix et j’ai atteint mon but en voyant les larmes de joie de ma mère et de ma grand-mère », raconte-t-il dans un éclat de rire.

En dehors de ses études, Muntasir Diljore trouve son équilibre dans le jardinage et la cuisine. « Je pense que mon grand-père m’a transmis cette passion », lance-t-il avec humour. 

En tant qu’aîné bienveillant, il partage ses connaissances en mathématiques et en sciences avec sa sœur Shazia, tandis que son frère Azhar enseigne à cette dernière des compétences essentielles à la vie quotidienne. Et d’ajouter que pendant l’absence de son père à cause du travail, il endosse également le rôle de chef de famille, veillant au bon fonctionnement de la maison avec l’aide précieuse de sa mère. 

S’est-il déjà choisi une carrière ? Muntasir Diljore confie que pour l’heure, il n’a pas encore pris de décision. Son plan pour les prochains mois est d’acquérir une expérience précieuse au sein de cabinets comptables locaux, ce qui lui permettra ainsi d’être admis en tant que membre de l’ACCA afin de marcher sur les pas de son père et de son grand-père. Par la suite, il tracera sa propre voie dans le monde professionnel.

Classé parmi les 10 premiers au niveau mondial pour l’examen SBR de l’ACCA, quel est son secret ? « J’encourage vivement les étudiants à s’appliquer dès le début des cours et de ne pas attendre la dernière minute pour se préparer aux examens. Un travail acharné et méthodique vous permettra de donner le meilleur de vous-même et réussir vos examens », conseille-t-il. 

Et d’ajouter que son père lui dit toujours : « Quoi que tu fasses, fais de ton mieux, tu n’es en compétition qu’avec toi-même. » Pour Muntasir Diljore, cette belle performance aux examens finaux de l’ACCA, il la doit à Dieu, à ses parents, à son frère, à sa sœur, à ses grands-parents et à ses professeurs. « Je remercie en particulier ma maman pour le soutien moral qu’elle m’a toujours donné. Sans elle, je n’aurais pas pu compléter mes examens. Je me suis inspiré de ses paroles : ‘Kan ou koumans enn travay ou terminn li…’ » dit-il avec humour.

L’histoire de la famille Diljore témoigne de la persévérance dans la poursuite de ses aspirations professionnelles. Dans un monde en constante évolution, Mahmood, Ashad et Muntasir Diljore nous rappellent que la réussite ne dépend pas seulement des compétences techniques, mais aussi de la passion, de la détermination et du soutien familial. 

 

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