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«Gato delwil» : ces casse-croûte tellement mauriciens

S’il y a bien des amuse-gueules dont raffolent les Mauriciens, ce sont les traditionnels « gato delwil ». Il permettent aux consommateurs de casser la croûte et aux marchands de gagner leur croûte. Qu’ils soient consommés au
petit-déjeuner, au déjeuner ou à la fin d’une dure journée de travail, ces gâteaux font partie de notre patrimoine gustatif.

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Assise les jambes écartées autour un deksi rempli, une dadi plonge et malaxe à mains nues une pâte que l’on reconnaîtrait entre mille. Il s’agit de ce mélange de dholl broyé et de piments rouges que l’on fait frire à la poêle. Une fois en bouche, cet amuse-gueule craque sous la dent. Son goût particulier régale les papilles de tous les Mauriciens, indistinctement de leur classe sociale. Vous l’aurez compris : il s’agit bel et bien du gato pima.

Kalil appartient à la troisième génération des Saukauloo à préparer des « gâteaux frits ».

S’il trône à la première place dans le bac des gato delwil les plus prisés, il n’est, toutefois, pas le seul à faire saliver. Ce que confirme Kalil Sakauloo. Ce dernier tient un petit lotel dite à la rue Labourdonnais. L’homme fait partie de la troisième génération des Sakauloo à confectionner des gato delwil dans l’unique but de ravir les nombreux clients qui se pointent au commerce. « Dès 6 heures, les premiers clients montrent le bout de leur nez. Et ils ne viennent pas seulement pour les gato pima. Chez moi, il y en a pour tous les goûts, allant des gato pomdeter aux gato brinzel, en passant par les gato arouy. »

À la question de savoir pourquoi les Mauriciens sont si friands de ces gâteaux, Kalil Sakauloo a une réponse toute simple : « Il suffit d’ouvrir un pain maison et d’y glisser quatre gâteaux pour la modique somme de Rs 20 et vous remplissez suffisamment votre ventre. »

À consommer avec modération

Les Mauriciens mangent des « gato delwil » à n’importe quelle heure de la journée.

Et ce n’est pas Paul Jude qui dira le contraire. « Rien de tel que de se mettre quelques gato delwil sous la dent pour calmer une petite fringale. C’est toujours un plaisir pour le palais et puis c’est tellement mauricien. »

Si certains prétendent que ces gâteaux sont mauvais pour la santé, d’autres, en revanche, ont leurs petites astuces pour en limiter les effets néfastes. À l’instar de Raffick Gunnoo : « Je ne rate jamais une occasion pour manger des gato brinzel avec une sauce chatini très piquante durant la journée. Quand je me laisse tenter, je prends toujours un thé chaud par la suite pour brûler les excédents calorifiques. Au final, j’estime que rien n’est vraiment néfaste pour la santé si on en consomme avec modération. »

Quand on parle de gato delwil, il y a bien une tradition à laquelle beaucoup de Mauriciens ne dérogent pas : celle d’acheter des gato pima le dimanche matin, pour en manger avec une bonne tasse de thé. Joanito Moorghen, de Tranquebar, ne conçoit pas le fait de débuter sa journée dominicale sans cela. « C’est une tradition qui me vient de mes parents, » dit-elle.

L’engouement des Mauriciens pour les gato delwil permet ainsi à de nombreux marchands de gagner leur croûte. Radha Mudhoo, qui en vend depuis une douzaine d’années, explique que cette profession lui a permis de grandir ses enfants. « Ce métier nourrit son homme. Il m’a permis d’élever mes filles. L’une est aujourd’hui policière et l’autre poursuit ses études secondaires, »  soutient-elle avec fierté.

La marchande concède, néanmoins, que ce travail est loin d’être facile : « Il demande beaucoup de temps. Il faut tout préparer à la maison avant d’entamer la cuisson sur place, afin de proposer des gâteaux chauds aux clients. »

 

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