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Gardiennage : le comité ministériel veut limiter l’âge des vigiles

Gardiennage : le comité ministériel veut limiter l’âge des vigiles Le comité ministériel est d’avis qu’au-delà d’un certain âge, les gardiens sont vulnérables sur leur lieu de travail.

Le secteur  du  gardiennage n’est pas suffisamment réglementé. Ce qui fait que des hommes de plus de 70 ans sont employés comme vigiles dans des zones à risques, notamment des zones industrielles ou des chantiers de construction. Deux vigiles âgés ont récemment été mortellement agressés sur leur lieu de travail. Un comité ministériel, présidé par le ministre Yogida Sawmynaden, se penche sur le fonctionnement du secteur du gardiennage.

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Le domaine de la sécurité et du gardiennage est appelé à se transformer. Surtout avec la mise en pratique des nouvelles mesures concernant entre autres les conditions de travail, l’âge maximal, la révision des horaires, la possession d’une licence obligatoire et la révision des salaires. Le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, et celui de la Sécurité sociale, Etienne Sinatambou, font  également partie de ce comité. Selon des recoupements, les nouveaux règlements seront appliqués aux nouveaux employés des compagnies de gardiennage. « Des pourparlers sont toutefois en cours concernant l’âge maximal pour le recrutement des vigiles », avance un des membres du comité, sous le couvert de l’anonymat.

« Le gardiennage prend une véritable ampleur à travers le pays. Si certaines compagnies recrutent des vigiles conformément aux règlements, d’autres embauchent à tort et à travers. Bien souvent, les gardiens qui sont employés sont des sexagénaires, des septuagénaires ou même des octogénaires. Ils sont postés à deux ou trois, sans équipements et sans aucune formation en matière d’autodéfense, sur des chantiers en construction ou encore dans des zones industrielles. Ces gardiens travaillent le soir et pendant les jours fériés. Parfois, après deux ou trois rondes, certains consomment des boissons alcoolisées et finissent par prendre sommeil. Ce qui les rend doublement vulnérables si des malfrats font irruption sur le site », avance un haut gradé de la force policière basé au Central Criminal Investigation Department. 

72 heures par semaine pour Rs 9 000 mensuellement

Reeaz Chuttoo, de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), avance qu’il y a diverses raisons qui poussent les personnes âgées à travailler comme vigiles. Il y a, selon le syndicaliste, la nécessité d’arrondir leurs fins de mois et le manque de main-d’œuvre sur le marché du travail, du fait que les jeunes ne veulent pas prendre un tel emploi. « Il y a une surexploitation dans le secteur du gardiennage. Des vigiles travaillent pendant 72 heures par semaine et touchent environ Rs 9 000 mensuellement. Le salaire est inférieur que dans les usines », dénonce Reeaz Chuttoo. 

Il demande aux membres du comité ministériel d’activer les choses. « Une délégation a rencontré le ministre Yogida Sawmynaden l’année dernière, mais nos démarches se sont avérées vaines  », poursuit notre interlocuteur. Selon le syndicaliste de la CTSP, il y a une centaine de compagnies de gardiennage qui s’adonne à la surexploitation de leurs employés. Reeaz Chuttoo soutient également que certains de ces gardiens sont rémunérés en liquide et ne bénéficient d’aucune assurance. « Pire. Les proches de l’employé n’obtiennent aucune compensation, si ce dernier décède dans l’exercice de ses fonctions », précise-t-il.


Une tâche « very physically demanding » 

Le Dr Ben Veeraragoo, qui est médecin du travail, est catégorique. « Un vigile en poste ne doit pas être âgé de plus de 65 ans. Si tel est le cas, nous avons à faire à une surexploitation à outrance de la compagnie de gardiennage. C’est une tâche qui est very physically demanding. Il est du devoir de la compagnie d’imposer un âge maximal lors du recrutement des vigiles », avance-t-il. 

Notre interlocuteur ajoute que les gardiens ayant plus de 65 ans sont vulnérables en raison de leur âge.  « Un vigile âgé qui travaille la nuit est vulnérable. Après avoir parcouru le site sous une chaleur de 32 ou 34 degrés Celsius, ils sont déshydratés. Leur champ de vision baisse. Leur cerveau ne fonctionne plus de la même façon qu’en journée et ils tombent facilement de sommeil du fait qu’ils ne se nourrissent pas correctement à cet âge », explique le Dr Ben Veeraragoo. 
Le médecin du travail demande aux firmes employant des vigiles d’effectuer un suivi médical annuel de leurs employés par le médecin de la compagnie. Il invite les autorités à rendre cette mesure obligatoire.


Recrutement de gardiens additionnels

Dans une déclaration à Le Dimanche/L’Hebdo, le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, confirme la régularisation et la  redynamisation  du secteur du gardiennage à travers de nouvelles recommandations. Il fait ressortir que les gardiens qui seront recrutés sous les nouvelles conditions seront également formés par des professionnels de la Police Training School ou de la Mauritius Institute of Training and Development. « Nous voulons professionnaliser le secteur du gardiennage à Maurice en créant de vrais Security Guards. Tous les aspects, tels que le port de l’uniforme et l’approche envers le public seront pris en considération. Les statistiques du ministère du Travail démontrent qu’il y a environ 5 000 personnes qui opèrent dans ce secteur qui est porteur d’emploi. Le domaine est appelé à connaître une expansion dans le sens que nous envisageons de recruter 5 000, voire 10 000 gardiens additionnels à l’avenir », ajoute Soodesh Callichurn.


Vigiles victimes d’agression mortelle : les derniers cas marquants 

Issah Ramjan

Issah Ramjan, 86 ans : Le corps d’Issah Ramjan, un vigile de 86 ans, a été retrouvé sur son lieu de travail dans la région de Riche-Terre, le 25 décembre 2018. L’octogénaire aurait été tué sur fond de vol et le présumé agresseur a d’ailleurs été mis sous les verrous. Il est passé aux aveux.

Louis Raymond Berthelot

Louis Sylvio Berthelot, 72 ans  : Ce septuagénaire, a lui été retrouvé inconscient sur son lieu de travail à Ébène le 13 décembre 2018. Il a passé 15 jours à l’unité des soins intensifs avant de succomber. La thèse de l’agression est privilégiée par la police.

 

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