Fronde étudiante en Inde : Modi promet de punir les responsables des fraudes aux examens
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Defimedia.info
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Le Premier ministre indien Narendra Modi est sorti du silence jeudi au quatrième jour de la contestation des étudiants en promettant de punir "sévèrement" les responsables des fraudes aux examens universitaires à l'origine de leur colère.
Confronté à sa plus sérieuse crise depuis sa réélection à un troisième quinquennat à la tête du pays il y a deux ans, M. Modi a annoncé sa décision "d'accélérer les procédures judiciaires et de punir sévèrement ceux qui sont impliqués" dans les fraudes.
"Rien n'est plus important que le bien-être et l'avenir de notre jeunesse", a poursuivi le chef du gouvernement ultranationaliste hindou sur X, "ceux qui tentent de nuire à l'avenir de la jeunesse en subiront les conséquences".
La police de la capitale a sévèrement réprimé lundi une manifestation de dizaines de milliers d'étudiants et de jeunes qui tentaient de rallier le Parlement en exigeant la démission du ministre de l'Education.
Ces violences ont fait 180 blessés, dont les deux tiers de membres des forces de l'ordre, selon la police, plusieurs centaines selon les manifestations.
Plusieurs milliers de manifestants continuent depuis à occuper jour et nuit l'esplanade de Jantar Mantar, au cœur de la capitale indienne.
"Nous ne quitterons pas Jantar Mantar tant que (le ministre de l'Education) Dharmendra Pradhan n'a pas démissionné", a répété un porte-parole des manifestants, Ashutosh Ranka.
Leur colère est née de fraudes qui ont entaché un examen passé en mai par plus de 2 millions d'aspirants étudiants en médecine. Son annulation a causé, selon les médias locaux, plusieurs suicides.
La contestation est fédérée par le "parti du peuple des cafards" (CJP), un mouvement en ligne créé en mai par un étudiant indien en réaction à des propos du président de la Cour suprême qualifiant les jeunes chômeurs de "parasites".
- "Fronde anti-pouvoir" -
Outre son rejet des fraudes aux examens, le mouvement incarne l'inquiétude d'une jeunesse indienne qui peine à trouver un emploi, malgré la forte croissance économique (plus de 7% au premier trimestre 2026) dont se targue M. Modi.
"Ce mouvement contre une fraude à un examen, contre les suicides de nos enfants et pour demander des comptes aux responsables est en train de se muer en fronde anti-pouvoir", a résumé mercredi pour l'AFP un professeur d'université, Ujjwal K. Chowdhury, qui soutient les étudiants.
L'opposition s'est saisie des images de la répression de lundi pour porter le fer contre le gouvernement.
Depuis mardi, le chef de l'opposition parlementaire et dirigeant du parti du Congrès Rahul Gandhi réclame la démission de M. Modi qu'il accuse d'avoir "détruit l'avenir de la jeunesse indienne".
"Vous êtes celui qui a le plus nuit à l'avenir de la jeunesse", a répondu jeudi M. Gandhi à M. Modi après sa déclaration. "Vous avez autorisé et même encouragé le détournement et la destruction de notre système d'éducation."
De nouveaux affrontements ont opposé dans la nuit de mercredi à jeudi la police aux protestataires autour de l'esplanade de Jantar Mantar, a affirmé le CJP.
"L'internet a été coupé. Des gens ont été brutalement chargés et frappés à coups de bâton", a ajouté leur porte-parole sur les réseaux sociaux.
La police a confirmé des incidents mais sans donner de détails, se contentant d'indiquer que certains de ses agents avaient été "sérieusement blessés".
Depuis lundi, des manifestations de jeunes et d'étudiants, d'ampleur modeste, ont été signalées dans d'autres villes d'Inde comme Bombay (ouest), Bangalore (sud) ou Patna (nord).
© Agence France-Presse