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Fraude massive sur le Net : une compagnie opérant à Ébène dans le viseur d’Interpol

ebene Photo d’illustration

Une compagnie mauricienne, dont le directeur est un consul honoraire et fils d’un grand commis de l’État, fait l’objet actuellement d’une enquête d’Interpol pour escroquerie via le Net. Des milliers de retraités français sont escroqués par des téléopérateurs opérant à partir de ce centre d’appels opérant à Ébène, à l’île Maurice. Ils prétendent à leurs victimes qu’ils sont capables de les débarrasser d’un virus informatique contre paiement d’une somme variant entre 100 et 400 euros.

Cette « arnaque massive », selon une enquête du journal Le Monde, est menée depuis plusieurs années sur la Toile, ciblant principalement des internautes français dont des retraités. L’enquête intitulée « De l’île Maurice à Blois, dans les coulisses d’une arnaque massive au faux support informatique » est signée Martin Untersinger.

La compagnie mauricienne qui est dénoncée dans cet article emploie une cinquantaine de personnes, dont des informaticiens professionnels.

Cela fait deux mois que les autorités françaises ont alerté Interpol des agissements de la compagnie qui simule des virus sur les ordinateurs des victimes, dont la plupart sont des retraités…

Pour se débarrasser du virus, un message apparaît sur l’écran de la victime, avec un numéro de téléphone. Lorsque le client compose le numéro, il est redirigé vers la société qui lui propose des supports informatiques contre paiement.

Martin Untersinger  illustre cette arnaque en citant le cas d’une victime en ces termes :

« Jacky se passerait bien « de l’informatique » mais voilà : « aujourd’hui, on est obligé. » Alors le 27 juillet 2018, à son domicile de Blois, ce retraité de 77 ans allume son ordinateur pour consulter ses comptes bancaires. « D’un seul coup, ma souris est restée bloquée, je ne pouvais plus rien faire. Une fenêtre disait : “Votre ordinateur est infecté, appelez d’urgence ce numéro, sinon vous allez perdre toutes vos données”. » « Jacky panique, décroche son téléphone et pianote le numéro en 09. Au bout du fil, « ils m’ont dit qu’ils pouvaient évacuer ce virus mais que ça coûtait 340 euros ». Dans l’affolement, il va chercher sa carte bleue. Après avoir payé, Jacky retrouve vite l’accès à son ordinateur. Mais après quelques recherches sur Internet, il comprend qu’il s’est « fait avoir » : son ordinateur n’avait pas vraiment de virus, et il a payé pour rien. »

Comme Jacky, des milliers d’internautes ont été victimes de cette arnaque massive.