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Fraude et corruption : l’ICAC travaille sur une plateforme pour les whistleblowers

La commission anticorruption veut mettre en place un tout nouveau cadre en faveur des lanceurs d’alerte. Cela, afin de pouvoir mieux faire le suivi des cas de corruption qui sont dénoncés par voie anonyme.

Permettre aux ‘whistleblowers’ de dénoncer des cas de fraude et de corruption en toute sûreté. C’est l’objectif d’une plateforme que l’Independent Commission against Corruption (ICAC) s’attèle à développer. 

Au niveau de la commission anticorruption, on fait ressortir que le système en place permet uniquement aux dénonciateurs d’adresser des lettres anonymes, afin de dénoncer des cas de fraude de corruption et même de blanchiment d’argent. « Le souci actuel, c’est qu’avec ces lettres anonymes, nous n’avons aucun moyen de reprendre contact avec ces dénonciateurs afin de recueillir des éléments d’informations additionnels. Ce qui rend la tâche des enquêteurs de la commission très compliquée », avance-t-on au niveau du Triangle Square à Réduit. 

Cette même source ne manque d’ailleurs pas de rappeler que, selon les dispositions de la Prevention of Corruption Act (POCA) de 2002, toutes dénonciations faites à la commission anticorruption, même anonymes, doivent faire l’objet d’une enquête par les officiers de l’ICAC. 

« Ainsi, la plateforme qui est en train d’être développée, permettra aux enquêteurs d’interagir avec les dénonciateurs, mais sans que l’identité de ces derniers ne soit divulguée. L’anonymat de tout un chacun sera garanti à travers cette plateforme », tient-on à assurer.

Il y a actuellement des lois, notamment la POCA, la Banking Act et la Financial Services Act, qui prévoient une protection adéquate pour les lanceurs d’alerte. Cependant, bien que le mécanisme visant à encadrer les lanceurs d’alerte existe, dans l’arsenal légal actuel, il faut, selon plusieurs avocats, élever le niveau de protection de ces derniers. L’Union européenne l’a d’ailleurs recommandé à travers diverses directives transmises à ses pays membres.

L’organisation non gouvernementale, Transparency Mauritius, qui insiste depuis plusieurs années pour une loi à part entière en faveur des lanceurs d’alerte, soutient à travers son directeur Rajen Bablee que le « système de whistleblowing, doit dépasser le cadre de l’ICAC. Il faut également que l’encadrement concernant les dénonciateurs, dépasse le cadre de la commission anticorruption, car le concept de whistleblowing ne s’arrête pas au crime de la fraude, la corruption ainsi que du blanchiment d’argent », fait-il part.
 

 

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