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Fraude bancaire : Rajesh, 67 ans, perd plus de Rs 900 000 en 15 minutes

Le retraité a été la victime de cybercriminels sophistiqués, qui l’ont dépouillé à travers Internet banking.

À 67 ans, Rajesh croyait avoir sécurisé ses vieux jours. Un mercredi matin de septembre, tout a basculé. En l’espace de quelques minutes, Rs 903 288 se sont évaporés de son compte bancaire. L’histoire d’un retraité face à l’ingéniosité redoutable des cybercriminels.

Le regard de Rajesh se perd quelque part entre le présent et ce mercredi 3 septembre dernier, qui a tout fait basculer. À 67 ans, cet habitant du Nord pensait avoir traversé toutes les épreuves de la vie. Il se trompait…

Ce jour-là, en 15 minutes à peine, plus de Rs 900 000 – Rs 903 288 plus exactement –, les économies patiemment constituées durant toute une vie professionnelle, se sont envolées. Subtilisées par des pirates informatiques d’une habileté quasi diabolique. « Enn lekonomi tou enn lavi ki finn disparet », lâche-t-il, la voix brisée, mais le ton déterminé.

Rajesh affirme n’avoir jamais imaginé qu’il allait vivre une telle expérience. Consultant freelance travaillant en ligne, il pensait maîtriser les outils numériques. Comment aurait-il pu deviner que derrière un logo familier et un accent britannique impeccable se cachait un piège si sophistiqué ?
Tout commence par un email reçu ce mercredi matin. Le message l’informe de transactions effectuées sur son compte. 

« Finn fer bann retre, asa, depi letranze », raconte-t-il. Des opérations qu’il affirme n’avoir jamais réalisées. Intrigué, mais pas encore alarmé, il se dit qu’il ira vérifier à la banque le lendemain matin. Mais les escrocs ne lui laisseront pas ce temps...

Plus tôt dans la matinée, Rajesh avait ignoré un premier appel WhatsApp libellé « Saudi Arabia Bank », malgré l’affichage du logo d’une banque locale mauricienne. Peu après la lecture du courriel suspect, son téléphone sonne à nouveau. Cette fois, il décroche. Un appel WhatsApp provenant d’un numéro au préfixe +44 s’affiche sur son écran, arborant le même logo bancaire familier. « Mo trouv logo… mo panse ‘genuine’ », se souvient-il.

L’interlocuteur se présente comme un International Fraud Examiner basé en Angleterre. Le ton est professionnel, l’accent irréprochable, les explications détaillées et rassurantes. « Li dir mwa li pou adres mo problem, li demann mwa si mo ena letan… » Durant l’échange, mené dans un anglais impeccable, l’homme au téléphone le met en garde contre des risques pesant sur son compte bancaire et l’encourage à le sécuriser.

La réception du courriel portant l’en-tête de la banque l’a convaincu qu’il s’agissait d’un agent légitime. En réalité, c’est l’inverse qui se prépare : pendant que Rajesh croit protéger ses économies, des retraits importants sont en train d’être avalisés.

L’escroc lui demande de confirmer des détails sur son compte et sur sa vie personnelle. Malgré la pression, Rajesh reste sur ses gardes. « Li demann mwa mo ban informasion lor bann nimero kont… mo pann donn li », insiste-t-il.

Le drame dans le drame

C’est alors que le destin ajoute une couche de tragédie. Le téléphone fixe sonne. Au bout du fil, son épouse, paniquée. « Mo madam sa ler-la pe vinn dir mwa linn fer aksidan… Li dir mwa so loto inn tape. Monn ‘upset’ plis… » se remémore Rajesh, encore bouleversé.

Sous le choc, partagé entre deux urgences, son état d’esprit est profondément perturbé. Le supposé représentant rappelle, mais Rajesh reporte l’appel. « Priorite mo get mo madam akoz linn fer aksidan. » Heureusement, l’accident routier n’a causé que des dégâts matériels.

Pendant ce moment de confusion, les cybercriminels ont agi avec une efficacité redoutable. Sans qu’il se doute de quoi que ce soit, ils accèdent à son compte d’Internet Banking. En quelques clics, ils modifient son numéro de téléphone dans le dossier, puis son adresse email. Les verrous sautent les uns après les autres. Et ils commencent à vider ses économies.

Le lendemain matin, jeudi 4 septembre, Rajesh se rend dans une succursale bancaire pour vérifier ces fameuses transactions suspectes mentionnées dans le courriel. Il tombe des nues. La vérité éclate : plusieurs virements importants ont été effectués la veille vers un bénéficiaire inconnu, et ce, dans un laps de temps extrêmement court. 

« Kinz minit sa ban dimounn-la li devaliz ou... » 

Sur ses relevés bancaires, il décèle des anomalies importantes. Montant total : Rs 903 288, balayés de son compte via le système d’Internet Banking. « Enn zour ki ti vremem soy », résume-t-il avec amertume.

Les employés de la banque lui expliquent comment les pirates ont opéré. « Kouma linn aksed mo Internet Banking, linn sanz mo nimero telefonn dan dosie ek mem ladres mail », dit Rajesh, encore incrédule. 

Le retraité affirme avoir obtenu confirmation de ces modifications auprès des préposés de la banque. En changeant ses coordonnées, les escrocs ont pu contourner tous les systèmes de sécurité.

Une question le ronge : « Si se bann hackers, kouma zot finn ena mo email ek mo nimero WhatsApp? Sa, labank ki ena normalman. » Il dit soupçonner une mauvaise gestion du système de la banque, qui aurait, selon lui, facilité l’accès à des informations personnelles sensibles.

La quête de justice

Le retraité s’est finalement rendu au poste de police pour porter plainte le 26 novembre. Il a remis ses relevés aux enquêteurs. La banque lui indique qu’une enquête interne a été enclenchée. Désormais, Rajesh dit attendre un dénouement. En attendant, il demeure rongé par le doute : a-t-il perdu à jamais les économies d’une vie ?

Au-delà de la perte financière considérable, c’est la confiance qui s’est effondrée pour Rajesh. Confiance dans le système bancaire, dans la technologie, peut-être même en lui-même. Il confie à Le Dimanche/L’Hebdo avoir supprimé toutes ses applications bancaires de son téléphone.

« Labank bizin trouv enn moyen pou rasir klian… ti bizin ena enn kontrol », plaide-t-il. Révolté, il pointe du doigt ce qu’il considère être une faille : 
« Kan mo al tir kas, labank fer mwa ranpli form pou zistifikatif… me Rs 900 000 finn tire lor mo kont, zot pa finn trouv neseser pou demann okenn zistifikatif ? »

Il estime que des méca-nismes supplémentaires devraient être mis en place, notamment pour les transferts importants. « Blok transaksion gro montan ‘en ligne’… » suggère-t-il, en pensant aux autres victimes potentielles.

Désormais, cet habitant du Nord affirme ne plus savoir comment récupérer ses économies. Aujourd’hui, sa vie est devenue un enfer avec ses problèmes de santé, ses obligations financières et l’angoisse face à l’avenir. « Mo ena ‘commitment’… mo al kot dokter. Mo ti bien prepare pou bann zour difisil… me la zot inn detourne tou sa kas-la… »

Comment faire pour vivre sans argent, son compte étant verrouillé pendant environ 90 jours pour les besoins de l’enquête ? Il craint également une longue bataille juridique. « Mo pa kone ki labank pou fer ek mo pou bizin al fer reklamasion kot lakour. Aster mo kav fini mor ale », déplore-t-il.

Néanmoins, il demeure déterminé à obtenir justice. Pour lui. Pour tous ceux qui pourraient être les prochaines cibles.

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