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Francesska Larcher-Wong ou la volonté de réussir dans la vie

Francesska L’entrepreneuse travaille dans des conditions strictes d’hygiène.

Tous  les jours, elle est à la rue du Vieux Conseil à Port-Louis, où,  en compagnie d’autres femmes entrepreneurs, elle vend   des produits de consommation. Francesska Larcher-Wong, incarne l’esprit de la débrouillardise. Un élément clé pour réussir.

Vendredi, 11 heures à la rue du Vieux Conseil. Des gens se pressent devant les  tentes en guise d’échoppes, érigées à même la rue. On y trouve des poupées en chiffon, des sacs en vacoas, des bijoux faits mains, des chaussures et autres produits artisanaux.

Notre regard tombe sur une jeune femme entrepreneur, apparemment très populaire. Des passants la saluent alors que d’autres lui font un brin de causette. Nous l’approchons et lui expliquons le but de notre visite.  Francesska accepte volontiers de nous  parler  de son travail.  Tout en parlant, elle répond d’un large sourire au salut d’une passante.

 «  Tous ces gens qui me saluent sont mes fidèles clients.» Elle nous confie qu’à force de les côtoyer  tous les jours, une amitié s’est établie entre eux. « S’ils  ne me voient pas un jour, ils m’appellent pour prendre des mes nouvelles », ajoute-t-elle.

Sur son étal on trouve des petits pots d’achards de piments, de limon, de pommes, du piment aux crevettes, à l’ourite et au limon, entre autres. Elle offre également du vindaye d’ourite, des pains fourrés au poulet, au chop-suey et au poisson aigre-doux. On y trouve encore des crêpes salées qui sont servies avec un chutney de pistache ou de cotomili.

Elle vend aussi des gâteaux de pistache, une spécialité de Rodrigues, du pudding de maïs et autres préparations sucrées, pour le plaisir des fins gourmets. Elle nous explique que les gens apprécient aussi ses crêpes au coco.  La preuve c’est qu’à notre arrivée, il n’en restait plus.

Francesska explique qu’elle prend le plus grand soin à préparer ses aliments. Elle affirme qu’elle travaille dans des conditions strictes d’hygiène. « En quinze ans de travail, personne n’est venue se plaindre d’être tombée malade après avoir consommé mes produits  », dit-elle.  Elle  avance également que ses légumes, miel, limons et autres ingrédients qu’elle utilise dans la préparation de ses plats, viennent de Rodrigues et sont des produits bio. « Pour moi, le plus important c’est que  mes clients soient satisfaits de mes produits ».  

D’origine rodriguaise, Francesska habite à Maurice depuis une vingtaine d’années, soit après son mariage. Elle nous dit qu’à Rodrigues, elle a travaillé dans un établissement hôtelier et quand elle était en congé, elle préparait des a chards et du vindaye, ou d’autres petits plats, pour le plus grand plaisir de ses proches. « J’ai toujours eu la passion pour la cuisine », dit-elle.

Gastronomie rodriguaise

Cela fait une quinzaine d’années qu’elle s’est lancée dans cette petite entreprise à Maurice, d’abord en partenariat avec une connaissance, avant de se lancer à son propre compte. Au début, elle tenait une échoppe à la Happy World House, à Port-Louis. Elle y vendait surtout des achards. Par la suite, elle est venue à la rue du Vieux-Conseil où elle a diversifié ses produits et s’est fait une réputation dans la gastronomie rodriguaise.

Francesska explique que son travail n’est pas de tout repos. Elle se réveille à 3 heures du matin pour faire la cuisine. Outre les plats qu’elle mettra en vente, elle prépare les commandes de ses clients avant de gagner la rue du Vieux-Conseil où elle demeure jusqu’à 15 heures. « Qu’il pleuve où que le soleil me tape fort sur la tête, je suis toujours au poste », affirme-t-elle. Elle est reconnaissante à la municipalité de Port-Louis de lui avoir accordé cet endroit pour travailler. Toutefois, elle craint qu’avec le projet de rénovation du bâtiment du Vieux-Conseil, les femmes entrepreneurs n’aient plus de place pour travailler. D’où son appel au gouvernement pour qu’il leur trouve une alternative.

Francesska participe aux foires organisées par la National Women Council et au Festival kreol pour écouler ses produits. On la trouve aussi à Grand-Gaube à l’occasion de la fête patronale de la paroisse de Saint-Michel. Elle invite toutes les femmes à se battre pour trouver leur indépendance économique.