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Fraîchement devenue centenaire jeudi - Sarah Jeeroo : un siècle de défis, de courage et de sagesse 

À 100 ans, Sarah Jeeroo regarde en arrière sur sa vie passée avec beaucoup de satisfaction et de sérénité. Sarah Jeeroo entourée des membres de sa famille.
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Sarah Jeeroo (Mahomodally), affectueusement surnommée « Bibi », a célébré ses 100 ans le 29 février 2024. Sa vie n’a pas toujours été facile, ayant été jalonnée de défis et d’épreuves. Elle n’a pas eu la chance d’aller à l’école. Elle s’est mariée à l’âge de 14 ans. Elle est devenue veuve jeune et sa belle-mère lui a rendu la vie difficile. Malgré les difficultés, elle a persévéré. À l’aube de ses 100 ans, elle conserve toute sa lucidité. Elle se remémore ainsi les faits marquants de son existence.

Sarah Jeeroo est la nouvelle membre du club des centenaires à Maurice. Une fête a été donnée en son honneur le même jour à la mairie de Vacoas/Phœnix afin de célébrer ses 100 printemps. Malgré le poids de l’âge et bien que sa santé soit désormais fragile, elle est souriante. Elle garde de bons souvenirs de sa famille. Elle est d’ailleurs bien entourée. À 100 ans, l’habitante de Glen-Park raconte sa vie qui a été parsemée d’obstacles. 

La centenaire, surnommée Bibi, a appris à coudre avec sa maman.
La centenaire, surnommée Bibi, a appris à coudre avec sa maman.

Elle a grandi avec trois sœurs et cinq frères, étant la plus âgée. « La vie n’a pas été facile. Je ne suis pas allée à l’école. Je restais à la maison pour aider ma mère avec le nettoyage. Mes sœurs ont, elles, eu la chance d’apprendre. Ma maman était couturière. Je la regardais faire et j’ai appris à coudre », raconte Sarah Jeeroo. 

À l’âge de 14 ans, elle s’est mariée. C’était une époque où le bonheur du mariage était différent de celui qu’on connaît aujourd’hui. À 20 ans, elle était déjà maman. « J’ai eu un garçon et quatre filles. J’étais encore jeune. Je ne connaissais rien à la vie. C’est au fil des années que j’ai acquis la maturité », soutient celle qui a 13 petits-enfants, 24 arrière-petits-enfants et six arrière-arrière-petits-enfants. 

Toutefois, son bonheur aux côtés de son époux a été de courte durée. Elle est devenue veuve alors qu’elle était encore très jeune. Elle a dû prendre en charge seule ses enfants, tout en subissant sa belle-mère qui lui menait la vie dure. « Elle me criait dessus. Elle n’hésitait pas à me donner de petites claques. Elle montrait sa colère quand elle n’était pas satisfaite d’une tâche que je faisais. Si, par exemple, je lavais un vêtement, elle vérifiait si c’était propre. À la moindre trace, elle n’hésitait pas à l’arracher de la corde à sécher pour le jeter par terre. Mais cela m’a aidé à grandir et à faire toute chose en mettant la propreté en avant », renchérit la centenaire. 

Femme de Ménage 

Bibi a travaillé dur dans les champs de canne et comme femme de ménage pour gagner quelques sous. « J’ai dû commencer à travailler dans les champs de canne. Couper la canne était dur. J’allais donc travailler quelques journées pour semer le sel, par exemple. Cela me permettait d’avoir Rs 2. J’ai par la suite travaillé comme femme de ménage, m’occupant du lavage, du repassage et du nettoyage », relate-t-elle. 

Elle a économisé pour pouvoir construire sa maison et s’occuper de ses enfants. « Je suis passée par beaucoup de misères. J’ai appris de ces épreuves et j’ai grandi. J’ai toujours essayé de faire le bien et d’apprendre de chaque expérience. Je n’ai jamais maltraité qui que ce soit. J’ai travaillé dur pour gagner honnêtement ma vie », souligne-t-elle. 

Bibi a toujours aimé entretenir sa maison. Mais à 100 ans, elle doit se rendre à l’évidence que sa santé est fragile. Elle a d’ailleurs des problèmes de vue. Un brin nostalgique, elle se rappelle les jours où elle nettoyait sa maison et admirait les voisins qui plantaient des fleurs. La couture est aussi sa passion. Elle a aussi développé des talents pour broder. 

Cependant, à son âge, elle avoue ne plus avoir le courage de faire tout cela. « Je n’arrive même pas à enfiler un fil dans une aiguille », dit Sarah Jeeroo en riant, précisant qu’elle peut compter sur le soutien de ses proches. Parfois malade, elle reconnaît que le courage commence à la quitter. Mais c’est avec un fort sentiment de satisfaction qu’elle regarde en arrière sur une vie bien vécue, pleine d’apprentissages et d’expériences variées. 
 

 

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