Formation «Governance with Grit» : les professionnels appellent à intégrer la gouvernance au cœur des organisations
Par
Leena Gooraya-Poligadoo
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Leena Gooraya-Poligadoo
Le Défi Training School, en collaboration avec le Chartered Governance Institute (CGI) Maurice, a organisé le vendredi 3 avril à l’hôtel Ravenala Attitude une formation intitulée « Governance with Grit: Leading Through Ethical Compliance ».
D’une durée de six heures, la formation s’est adressée principalement aux « company secretaries », aux « governance officers » ainsi qu’aux professionnels appelés à soutenir les conseils d’administration et les équipes de direction. Narad Dawoodarry, président de Chartered Governance Institute (CGI) Mauritius, a insisté sur le rôle crucial de la gouvernance dans le développement économique et social du pays. « Je suis vraiment heureux de voir un si grand nombre de professionnels de la gouvernance réunis ici », a-t-il déclaré.
Selon lui, la gouvernance n’est pas simplement un apprentissage académique, mais une discipline à cultiver et à intégrer dans la pratique quotidienne. « La gouvernance doit se développer en soi-même. C’est une élite motrice de notre société », a-t-il affirmé.
Pour Narad Dawoodarry, une bonne gouvernance est également un outil de prévention des scandales et des dérives qui peuvent affecter la société mauricienne. « Plus on a la gouvernance, plus on est protégé, et plus le progrès économique est assuré », a-t-il souligné. Il a insisté sur le fait que la gouvernance n’est pas un coût, mais un investissement stratégique qui attire les investisseurs étrangers et favorise le développement du pays. Il a également encouragé les jeunes professionnels présents à profiter de cette occasion pour dialoguer avec les experts du secteur financier, bancaire et du « corporate secretarial ».
Présent à la cérémonie d’ouverture de cet atelier, Robert Hungley, Vice-président de la République de Maurice, a rappelé l’importance cruciale d’une bonne gouvernance pour le développement et la réputation internationale du pays. « Il faut se dire que Maurice est petit, donc il faudra quand même sortir de nos frontières, aller à l’extérieur. Tous ceux qui vont ‘deal’ avec nous, qui ‘deal’ avec Maurice, vont demander qu’on arrive à une bonne gouvernance », a-t-il déclaré.
Le Vice-président a souligné que l’intégrité des processus mauriciens est un facteur clé pour s’imposer sur la scène internationale. « Il faut prouver l’intégrité de nos processus. Si nous voulons sortir de nos barrières et entrer dans le monde de l’Afrique ou ailleurs, la bonne gouvernance est indispensable », a-t-il soutenu.
S’adressant directement aux participants de l’atelier, Rober Hungley les a encouragés à tirer le maximum de cette journée. « Stockez les enseignements de ce jour, prenez de bons exemples, et surtout, une fois retournés à votre bureau, appliquez ce que vous avez appris. Mettons ça en pratique », a-t-il avancé.
Cette formation, intitulée « Governance with Grit: Leading Through Ethical Compliance », animée par Erika Eliasson-Norris, CEO de Beyond Governance, vise à renforcer la culture de gouvernance éthique et à inspirer les leaders de demain à adopter des pratiques responsables et transparentes. Javed Suffee, responsable du projet, souligne que l’événement a rassemblé environ 180 participants venant du secteur public et privé.
« Pendant six heures, des ateliers interactifs ont permis aux participants d’explorer différentes facettes de la gouvernance.
À la fin de cette formation, nous espérons que chacun est reparti avec de nouvelles compétences en matière de bonne gouvernance, qu’il pourra appliquer concrètement dans son travail », explique-t-il. L’initiative vise à renforcer l’intégrité et l’efficacité dans les pratiques professionnelles à Maurice.
De votre expérience internationale, quels sont les principaux défis que les entreprises mauriciennes pourraient affronter dans l’implémentation d’une gouvernance efficace et éthique ?
Je pense que l’un des défis clés réside dans l’implémentation en pratique, et non simplement sur papier. Il ne suffit pas d’avoir des politiques bien rédigées : il s’agit avant tout de culture et de comportements. Une gouvernance efficace repose sur la capacité des individus à faire ce qui est juste pour l’organisation, même lorsque personne ne regarde. C’est fondamentalement une question d’intégrité. Les entreprises doivent donc aller au-delà des procédures et s’assurer que les valeurs sont réellement vécues au quotidien.
Vous avez mentionné que la gouvernance n’est pas seulement un coût, mais aussi un investissement. Pouvez-vous nous donner des exemples concrets où une gouvernance forte aide directement à attirer les investisseurs étrangers ou à améliorer le développement économique ?
Oui, absolument. Lorsqu’une organisation instaure un climat de confiance, cela rassure les investisseurs. Ils ont le sentiment que leur argent est entre de bonnes mains, géré par des personnes compétentes et responsables. Cette confiance est essentielle pour attirer des capitaux étrangers. Par ailleurs, une bonne gouvernance ne sert pas uniquement à éviter les risques ; elle permet aussi de créer de la valeur.
Les organisations bien gouvernées prennent des décisions plus rapidement et de manière plus efficace, ce qui améliore leur performance globale. Cela peut même se traduire par une meilleure valorisation de l’entreprise. En ce sens, la gouvernance devient un véritable levier de croissance économique.
Quel rôle jouent les jeunes professionnels dans la promotion de la gouvernance, et comment peuvent-ils s’engager pour devenir des dirigeants éthiques ?
Les jeunes professionnels sont essentiels. Ils représentent le moteur et l’avenir de la profession. Historiquement, certains rôles comme celui de secrétaire d’entreprise étaient perçus comme purement administratifs. Aujourd’hui, cette perception doit évoluer. La gouvernance est bien plus que cela : il s’agit de défendre ce qui est juste pour l’organisation et d’avoir le courage de s’exprimer lorsque quelque chose ne va pas. Les jeunes doivent s’engager pour les bonnes raisons, croire en leur rôle et comprendre qu’ils ont une voix, quel que soit leur niveau d’expérience. Être un professionnel de la gouvernance, c’est avant tout faire preuve de conviction et d’éthique au quotidien.