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Forest-Side Curepipe : la fourniture en eau enfin garantie ?

la rue qui relie Résidence Atlee à Labrasserie Forest-Side.

L’ordre et la tranquillité règnent-ils dans nos quartiers qui se sentent délaissés par certaines autorités, notamment quand ils sont privés de services essentiels, tels que la fourniture en eau. Le Défi Quotidien est allé tâter leur pouls à Forest-Side.

Le mécontentement, l’irritation, la colère des habitants de Curepipe –La Brasserie Résidences Atlee et Joachim, rues St-Clément, Henri Robert, Frederic Bonnefin – sont-ils retombés pour toujours ? Certains résidents de ces quartiers étaient descendus dans la rue, pour manifester jusqu’à fort tard dans la nuit, provoquant les forces de l’ordre en brûlant des roues de caoutchouc et autres, pour protester contre l’interruption de la fourniture en eau, plusieurs jours durant. Que pensent ces personnes, ces familles depuis le rétablissement de la fourniture de la précieuse commodité par la Central Water Authority ? 

« Autant les Curepipiens ont promptement manifesté leurs sentiments négatifs, il est dommage qu’ils ne donnent pas leur ‘response’ quand tout est rentré dans l’ordre, explique Razia (prénom modifié) qui mère de famille qui tient une échoppe dans les environs de Labrasserie. La représentante de la CWA avait promis que les tuyaux antiques seraient remplacés. Effectivement, depuis une semaine, l’eau est revenue dans les robinets avec une plus  grande pression même. Maintenant, il faut faire attention pour ne pas la gaspiller en laissant les robinets ouverts. » 

Nous entrons dans un salon de coiffure et engageons la conversation. Tout est correct maintenant ? « Oui, depuis lundi dernier tout est retourné à la normale. » Sans eau courante comment aviez-vous fait pour satisfaire la clientèle ? Ce fut un grave problème, je ne vous mens pas. Ce fut une perte…sèche en termes de revenus. Certains lavages ne pouvaient se faire, ni de soins délicats pour les femmes. La baisse de pression faisait qu’on ne pouvait offrir de lavages à l’eau chaude. Il a fallu proposer d’autres services complémentaires pour ne pas perdre la clientèle… » Votre sentiment ? « Quand le CEB coupe la fourniture électrique, elle en avise le public par la radio, les journaux. Ce n’est pas le cas pour la CWA. Quand les opérateurs économiques sont informés, c’est trop tard. Le mal est fait et pas moyen de prendre des précautions. Et puis soyons sérieux : un salon de coiffure peut-il utiliser l’eau provenant des camions-citernes pour satisfaire la clientèle féminine ? Nous payons un tarif commercial pour l’eau. Dommage que le service offert ne corresponde pas à l’argent qu’on nous prend. Là c’est garanti : il n’y a pas de coupure et le client ne peut protester. »

Micky, la trentaine, témoigne dans le même veine. « Je ne suis pas de nature à manifester avec colère, à faire du désordre. Je voudrai dire un grand merci à la Central Water Authority d’avoir rétabli l’eau après trois-quatre jours d’interruption. L’absence d’eau dans les robinets fut pour mois une véritable catastrophe. Une perte sèche de revenus que j’aurai du mal à rattraper. »

Micky de confier qu’en novembre, pris par l’instinct d’entreprise, il a décidé de quitter son emploi (du soir) pour ouvrir un snack. « Ce ne fut pas facile à réaliser, problèmes administratifs, contrôles et inspections de tout genre avant de pouvoir ouvrir. On est privé d’eau, on ne peut respecter les règles d’hygiène, on ne peut servir les clients pendant trois à quatre jours ; qui s’inquiète, qui vient vous voir ? On paie des patentes, des taxes, les autorités municipales (à défaut de la CWA) ne doivent-elles pas s’inquiéter de notre survie ? Toutes les échoppes, boutiques, restaurants de bouche ont été pénalisés par cette rupture brutale en eau. Je prie donc aux autorités de ne pas nous oublier, nous les petites gens, indépendants. Nous avons des familles à nourrir, nous faisons aussi vivre d’autres personnes. Si nous devons mettre fin à nos activités, ce sont d’autres problèmes plus graves que l’eau qu’il faudra résoudre. »
 

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