Economie

Fonds de pension : ne pas flamber l’argent des futurs pensionnés…

Prendre des risques démesurés. Chercher un retour élevé sur l’investissement. Et disparaître lorsque le marché s’affaissera. Comment expliquerait-on aux employés et pensionnés en devenir que leurs contributions ont disparu dans des mauvais placements ?

Décortiquons la stratégie de référence pour faire fructifier l’argent des contributeurs, pesant le pour et le contre des placements dans des produits alternatifs et en expliquant les risques associés.

Le modèle actuel

Nous ne pouvons nous permettre de puiser dans les contributions des employés pour les injecter dans des instruments financiers à hauts risques, avec pour seul objectif d’attendre un retour sur investissement dans des produits alternatifs. Il est bon de rappeler que la gestion et la fructification des fonds de pension reposent sur une stratégie bien définie. Elle consiste à placer 70 % dans des instruments à revenus fixes et la différence en bourse.

En termes chiffrés, admettons que les placements dans des obligations rapportent 5%. Les investissements dans des actions génèrent 7%. Au total, nous avons déjà atteint un objectif de retour de 7% sur l’ensemble des investissements (soit inflation + 4%) .

L’alternatif

Des prestataires affirment aujourd’hui que les placements alternatifs offrent un retour sur investissement de 20%. Au lieu de la formule 70%-30%, je passe à 70%-20%-10% (avec 10% dans les produits alternatifs). Sur un an, le fonds de pension a pu générer un retour cumulé de 8% à 8,1%. La question à se poser est : Cela vaut la peine qu’on prenne des risques additionnels et exposer la contribution des travailleurs pour un pourcent de plus ?

Aujourd’hui, placer son argent dans des fonds alternatifs pour avoir un retour conséquent est à la mode. Un rapport de PricewaterhouseCoopers a fait état de fonds qui sont passés de 30 milliards de dollars à 50 milliards de dollars. Mais le jour où le marché s’effondre, tout disparaît. Quel visage montrerons-nous aux contributeurs et futurs bénéficiaires de ces fonds ?

La prudence

N’importe qui peut présenter un produit financier avec des possibilités de retour intéressants. Il est essentiel d’analyser en profondeur si c’est effectivement réalisable ou pas. Il faut faire des projections dans la durée, sur 15 ans par exemple et non pas sur
le court terme.