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Fonction publique : la santé et la sécurité, un premier gros morceau pour Teeruthraj Hurdoyal

Les fonctionnaires s'attendent à une amélioration au niveau de la santé et la sécurité.

L’arrivée d’un nouveau ministre à la Fonction publique en la personne de Teeruthraj Hurdoyal suscite de grands espoirs chez les fonctionnaires qui luttent depuis des années pour une amélioration de la santé et de la sécurité dans ce secteur. 

L’état déplorable de certains bureaux, des véhicules qui n’ont pas de certificat d’aptitude (fitness), des ascenseurs qui tombent souvent en panne ou encore la climatisation qui ne fonctionne pas… autant de problèmes que font face les fonctionnaires et la liste est longue. Pourquoi les problèmes liés à la santé et la sécurité perdurent-ils depuis des années dans la fonction publique ?

Un organisme indépendant

Des syndicalistes mettent en cause l’Occupational Safety and Health Act de 2005 qui ne prévoit aucune sanction contre les responsables des ministères pour des manquements liés à la santé et à la sécurité. « Aussi longtemps que cette législation ne sera pas amendée pour permettre au Département de la santé et de la sécurité d’entamer des poursuites contre les responsables des ministères pour non-respect des normes, on restera toujours à la case départ », explique Ashraf Buxoo, Deputy Organising Secretary de la Government Services Employees Association (GSEA).

Il regrette que les rapports soumis par les officiers du Département de la santé et de la sécurité restent le plus souvent au fond du tiroir et que les problèmes demeurent entiers. Cela dit, il souhaite que le nouveau ministre de la Fonction publique prenne des mesures pour résoudre les divers problèmes affectant les différents services gouvernementaux.

Un «fast-track» pour rendre justice aux fonctionnaires, victimes d'accident de travail.

De plus, Ashraf Buxoo souhaite aussi que le gouvernement présente un projet de loi au parlement afin que la Fonction publique soit dotée d’un organisme indépendant qui sera responsable du dossier de la santé et de la sécurité dans la fonction publique. Cet organisme devra également être doté de pouvoirs pour entamer des poursuites légales pour non-conformité aux règlements en vigueur. 

Des matelas infestés de punaises pour les pompiers 

Parlant de son département, le Mauritius Fire & Rescue Service, il attire l’attention sur le fait que dans certaines stations du pays, les pompiers dorment sur des matelas infestés de punaises. D’où sa demande pour que le service soit doté de nouveaux matelas, au moins tous les deux ans. « L’idéal serait que chaque pompier soit doté de son propre matelas pour une question d’hygiène » dit-il. Ici, le dirigeant syndical parle de matelas légers qui pourront être rangés facilement par les pompiers dans une place spécialement conçue à cet effet. Il parle aussi de la présence d’insectes de toutes sortes dans les casernes qui minent la vie des pompiers. Le syndicat lance un appel pour qu’une société de désinsectisation professionnelle intervienne régulièrement dans les casernes de l’île. 

Ashraf Buxoo fait aussi ressortir que d’autres ministères sont confrontés aux problèmes liés à la santé et la sécurité. Il cite, notamment, un manque de protection pour les employés qui s’occupent de l’entretien des routes. « Il n’y a même pas de panneau indicateur ou de policier pour assurer leur sécurité lors des marquages des routes, ce qui fait qu’ils courent en permanence le risque d’être percutés par un véhicule », déplore-t-il. Ashraf Buxoo rappelle qu’il y a déjà eu mort d’hommes dans le passé. De surcroît, il se dit aussi concerné par le fait que ces employés ne disposent pas d’un lieu convenable pour déjeuner. Il explique que la GSEA va se battre pour qu’à l’avenir ces petits fonctionnaires puissent effectuer des travaux à la tâche et qu’ils retournent chez eux une fois leur travail terminé. 

Nouveau départ

De son côté, Mahendrasing Barosa, le vice-président de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU) souhaite qu’avec l’arrivée d’un nouveau ministre, la Fonction publique va prendre un nouveau départ. Tout comme Ashraf Buxoo, il lance un appel pour que le Département de la santé et de la sécurité puisse entamer des poursuites contre les hauts responsables des ministères qui négligent ces aspects au travail.   « Valeur du jour, ce département est comme un bouledogue sans dents et ses officiers ne peuvent que faire des constats seulement », fait-il remarquer. Il déplore aussi le fait que les enquêtes sur des accidents au travail dans la fonction publique durent trop longtemps. Il souhaite qu’il y ait un « fast-track » afin de rendre justice aux fonctionnaires victimes d’accident de travail.

Parmi les autres problèmes évoqués, il parle de l’état déplorable du bâtiment Emmanuel Anquetil, le siège de plusieurs ministères. Il y a divers problèmes dans ce bâtiment : ascenseurs fréquemment en panne, escaliers de secours qui restent bloqués, l’eau qui envahit les bureaux lors des grosses pluies, des moquettes trempées qui dégagent une odeur nauséabonde qui affecte les fonctionnaires, sans oublier la présence des pigeons qui ne cessent d’incommoder les fonctionnaires avec les fientes qui présentent un risque pour la santé humaine. Mahendrasing Barosa avance que sa fédération syndicale se bat depuis des années pour que ce bâtiment soit rasé et fasse place à un nouveau.

Le syndicaliste évoque aussi un grave problème d’espace dans les bureaux, car le nombre de fonctionnaires dépasse largement la superficie acceptable par mètre carré : « Avec l’engagement du Premier ministre de recruter 10,000 nouveaux fonctionnaires durant son nouveau mandat, on sera largement submergé si de nouveaux espaces ne sont pas vite créés ». 

Pour Mahendrasing Barosa, le nouveau ministre aura tout à gagner s’il coopère efficacement avec les syndicats de la fonction publique. « Nous ne sommes pas là pour mettre les bâtons dans les roues. Au contraire, nous voulons contribuer à notre façon pour l’avancement de la fonction publique qui a un rôle primordial dans le succès économique du pays », dit-il en guise de conclusion. 

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