Législatives 2019

Flacq/Bon-Accueil : circonscription à la position bien tranchée

Quatrième circonscription en termes d’électeurs, Flacq/Bon Accueil (9) est composé de 12 villages. Cette circonscription, avec sa plage de Belle-Mare, un Centre de Flacq très animé, est connue pour sa prise de position électorale très tranchée quand il s’agit de déterminer le profil du prochain gouvernement.

Des législatives de juillet 1982 à celles de décembre 2014, la circonscription Flacq/Bon Accueil a toujours voté de manière claire et nette, en faveur de l’alliance qui compose le prochain gouvernement. Au cours de ces neuf élections, selon les données de la Commission électorale, la circonscription a été des 3-0 sans bavure, soit pour plébisciter un gouvernement pour un mandat successif ou soit pour donner la chance à une nouvelle alliance.

D’ailleurs, des observateurs politiques suivent avec intérêt l’évolution du dépouillement. Car la tendance affichée reflète le choix des électeurs dans d’autres circonscriptions ayant plus ou moins le même profil.
On ne peut discuter de Flacq/Bon-Accueil en faisant l’impasse sur Anil Bachoo, figure politique indissociable de cette circonscription. Il occupe le terrain depuis plus de trois décennies. Si sa première participation aux législatives en août 1987 s’est soldée par une quatrième place sous la bannière de l’Union (MMM/MTD/FTS), il se reprend lors des prochaines législatives. Faisant partie de l’Alliance MSM/MMM, il arrive en première position avec 60,4 % des voix. Après la déroute (60-0 en faveur du PTr/MMM) de 1995, Anil Bachoo continue à quadriller le terrain, qui lui ramène 65 % des voix en septembre 2000 (MSM/MMM). Par la suite, il passe sous la bannière du PTr, qui lui rapporte deux nouveaux mandats en tant que député (et ministre) en 2005 et 2010, un parcours qui prend fin en décembre 2014.

Face à Anil Bachoo et ses colistiers Dhiraj Khamajeet et Devanand Ritoo – trois représentants de l’Alliance Nationale ayant chacun de l’expérience en tant que député, ministre et Private Parliamentary Secretary – nous retrouvons six candidats qui n’ont pas encore connu l’ivresse d’une victoire aux élections générales. 

L’Alliance Morisien (MSM/ML) a fait confiance à un ancien proche collaborateur d’Anil Bachoo, en la personne de Sudheer Maudhoo. Le chef de file de cette alliance sera flanqué de Deepak Balgobin et Vikash Nukcheddy. Ils jouent une carte de proximité, étant tous les trois issus de la circonscription.

Puisque c’est une lutte à trois, les représentants du MMM estiment qu’ils ont leur mot à dire. Ils privilégient un retour aux sources, auprès de la base mauve qui se serait effritée au fil des jeux d’alliances et des défaites. Le trio est composé de Chetan Baboolall, Vinaye Ancharaz et Anoop Poonith.

Les élus et battus en décembre 2014
Candidat Alliance Votes %
Raj Dayal L’Alliance Lepep 25 365 59,73 %
Raj Rampersad L’Alliance Lepep 22 252 52,4 %
Pradeep Roopun L’Alliance Lepep 21 148 50,43 %
Anil Bachoo Alliance PTr/MMM 17 960 42,29 %
Dhiraj Khamajeet Alliance PTr/MMM 16 787 39,53 %
Viren Ramchurn Alliance PTr/MMM 14 532 34,22 %

 

Les centres de vote Électeurs
Flacq Post Roman Catholic Aided School 1 305
Poste de Flacq Government School 5 028
Quatre Cocos Government School 4 701
Mare La Chaux Government School  1 510
Camp Ithier Government School 3 710
Shri Rajiv Gandhi Government School 6 337
Rajcoomar Gujadhur Government School 3 717
Lycée Polytechnique Sir Guy Forget 2 444
Queen Victoria RCA 1 193
Sir Emile Series Government School 1 033
Saint Julien Roman Catholic Aided School 189
Mahadeo Ghurburrun Government School 1 722
Jawaharlal Nehru Government School 3 769
Sookdeo Bissoondoyal Government School 4 506
Notre Dame de Bon Accueil RCA 5 002
Bon Accueil Government School 2 535
Brisée Verdière Government School 3 359
R. Ramgutty Aryan Vedic Aided School 2 689
Rampersad Bundhun Government School 2 039
Total 56 788
(Source: Commission électorale)

 

Projets : vide infrastructurel versus réalisations

Un argument mis en avant par les candidats de l’Alliance Nationale (PTr/PMSD) est l’absence de projets concrétisés au cours des cinq dernières années. D’ailleurs, des électeurs interrogés depuis l’annonce de la date de ces élections abondent dans le même sens, allant jusqu’à utiliser cet argument pour justifier pourquoi les députés sortants ne présentent pas à nouveau devant cet électorat. 

Pradeep Roopun, ministre des Arts et de la Culture, et troisième député de Flacq/Bon-Accueil s’en défend sur sa page Facebook. Dans un post en date du 18 octobre, il énumère les 38 projets d’amélioration, ré-asphaltage et construction de nouvelles routes à Flacq/Bon-Accueil. La seconde série a trait à la construction et à l’amélioration des drains, au nombre de 20.

Fin juin, Anwar Husnoo, ministre de la Santé, a fait état du Flacq Teaching Hospital, au coût de Rs 4.4 milliards, financement obtenu de l’Arabie saoudite. Les travaux, a-t-il dit à l’époque, dureront 24 mois.

Micro-trottoir

Rosabelle Mascareigne, 55 ans, d’Argy

« Flacq a beaucoup évolué. Quand on veut passer un bon moment, on peut se rendre à Flacq Coeur de Ville par exemple, ou encore à la mer. Il y a une amélioration au niveau des facilités de transport. Des campagnes contre la drogue sont organisées pour sensibiliser les gens. Quant aux élections, on ne sent pas vraiment qu’ils sont proches. Il n’y a pas beaucoup de bruit et de meetings. Cela ne cause pas d’embouteillages et ne nous dérange pas. »

Ganessen Mauree, 52 ans, de St-Remy

« En général, il y a des développements dans le pays, mais à Flacq, il n’y a pas grand-chose. Il n’y a eu que des promesses non tenues. Les députés n’ont même pas été présents durant ces cinq ans et ce n’est que maintenant qu’ils réapparaissent. Il y a un manque d’activités dans la région et nos jeunes se laissent influencer et tombent dans la drogue. »

Faranaz Kruckouram, 40 ans, de Centre de Flacq

« Je suis née, j’ai grandi et je me suis mariée à Flacq. J’ai vu la région évoluer. Il y a eu des développements, me ena ankor boukou pou fer. J’ai un étal au marché de Flacq et, quand il pleut, je ne peux pas travailler, car l’eau s’accumule. C’est pourtant un lieu fréquenté par un grand nombre de Mauriciens et de touristes. Il y a aussi un gros manque d’activités pour les jeunes. S’il n’y avait pas Internet, il n’y aurait rien à faire ici pour se distraire. »

Divyesh Ramputty, 28 ans, de Centre de Flacq

« Il y a eu zéro développement à Flacq. Les députés de la circonscription n’ont même pas été présents durant les cinq dernières années. Les infrastructures existantes se sont détériorées par manque d’entretien et il y a un cruel manque d’activités pour les jeunes. Les routes ne sont pas en bon état et il y a des lignes d’autobus qui n’éxistent plus. Ce qui pose problème à bon nombre de gens. Les habitants de la localité veulent du changement. » 

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