Economie

Finances publiques : à l’heure du budget, les attentes se précisent…

Pravind Jugnauth

Le dernier grand oral de Pravind Jugnauth en tant que ministre des Finances sous ce présent mandat est prévu pour le 10 juin prochain. Les consultations avec différents partenaires de l’économie ont déjà eu lieu. Économiste et opérateurs apportent un nouvel éclairage aux attentes.

Ganessen Chinnapen, économiste : «Ramener les impôts à 10%»

L’économiste en développement, tout en reconnaissant que le ministre des Finances est appelé à trouver la juste mesure dans les dépenses, devrait apporter des solutions pour résoudre les difficultés auxquelles font face des secteurs-clés: « Le Premier ministre et ministre des Finances ne dispose pas d’une grande marge de manoeuvre. Il devrait présenter un budget d’équilibriste. D’abord, à Rs 318 milliards, le niveau de la dette est assez élevé. Il est appelé à prôner une discipline fiscale tout en offrant des mesures incitatives pour relancer la croissance car des secteurs importants – tels que l’industrie cannière, l’agriculture, le textile et le tourisme – sont à la traîne. Sur les trois dernières années, nous avons plus ou moins assisté à une expansion économique sans création d’un nombre conséquent d’emplois. Une formule serait d’inciter à la consommation et l’investissement en ramenant les impôts à 10% au lieu de 15%. En contrepartie, la Trésorerie publique devrait réduire les coûts dans les ministères en promouvant que les projets prioritaires, d’intérêt pour le grand public. »

Shemida Ramdewar-Emrith, agricultrice : «Une plateforme interactive pour les planteurs»

L’agricultrice, directrice de K. Ramdewar Agritrade, avec des opérations à Vacoas et à Flacq, estime que les mesures budgétaires devraient faire la part belle à la sécurité alimentaire et l’agriculture durable: « Déjà, quand nous parlons de sécurité alimentaire, cela signifie que le consommateur dispose de l’ensemble de légumes sur le marché tout au long de l’année. Cependant, les planteurs travaillent en isolation. Une mesure-phare serait la création d’une plateforme interactive regroupant tous les planteurs, où chacun sait quelle culture est en cours et quelle superficie y est dédiée. Ce faisant, les prix seront stables. Chacun y trouvera son compte. De plus, le gouvernement devrait apporter des amendements pour qu’il y ait une distinction entre les petits et grands opérateurs dans le secteur, comme c’est le cas dans les petites et moyennes entreprises. Tout le monde doit pouvoir bénéficier des mêmes facilités. Ainsi, cela encouragerait la nouvelle génération à s’engager dans cette industrie. »

Mahesh Doorgakant, président de l’ATMC : «Réaffirmer la confiance dans les services financiers»

Le nouveau président de l’Association of Trust and Management Companies (ATMC) – regroupant les opérateurs dans les services financiers – estime que le discours budgétaire est une excellente plateforme pour que le gouvernement réaffirme son engagement pour la promotion de cette industrie: « Beaucoup de choses peuvent être accomplies sans des annonces dans le discours budgétaire. Ceci étant dit, en abordant des mesures, le Premier ministre et ministre des Finances réaffirmerait au grand public la confiance dans le secteur qui évolue chaque année. Ce serait rassurant d’entendre que la loi cadre, la Financial Services Act de 2005 serait revue afin de refléter la transformation du secteur et ce, face aux nouvelles normes que nous dictent les grandes instances internationales. Par exemple, le Grand Argentier pourrait revoir le budget accordé à l’Economic Development Board à la hausse pour promouvoir une meilleure visibilité de notre centre financier sur la place mondiale. Étant donné que le secteur est évolutif, bougeant de plus en plus vers des services à valeur ajoutée, on s’attend à ce que le ministre des Finances annonce des mesures qui faciliteront l’investissement dans les technologies nouvelles et relatives. »

Santosh Ramnauth, président de la SOA : «Toute mesure pour nous soutenir serait un plus»

Tout en reconnaissant le fait que les boutiques n’ont plus la même importance qu’avant, le président de la Shop Owners Association (SOA) estime que des mesures assurant la survie de cette catégorie de commerce seraient les bienvenues: « Les boutiques sont devenues des alternatives pour le client qui n’a pu faire ses achats dans des grandes surfaces. Déjà, un grand pas a été fait il y a trois ans avec l’annulation des frais de permis d’opération. C’est déjà un grand soulagement. Nous avons eu, dans le temps, des facilités financières à un taux bonifié pour que nous puissions moderniser nos infrastructures. Une mesure serait d’étendre les heures d’ouverture pour les commerces vendant des boissons alcoolisées.  Toute mesure pour nous soutenir serait un plus. »

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