Finances publiques : la dette totale des organismes d’État atteint Rs 67,5 milliards
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
Le Premier ministre a indiqué au Parlement que l’endettement des organismes parapublics et des entreprises publiques constitue un risque pour les finances publiques. Il a annoncé des mesures de restructuration pour réduire leur dépendance au soutien de l’État.
C’est un chiffre qui donne la mesure du défi financier auquel fait face le secteur public : Rs 67,5 milliards de dettes accumulées par les organismes parapublics et les entreprises publiques, selon les chiffres communiqués au Parlement, mardi, par le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Cinq organismes parapublics avaient des emprunts impayés totalisant Rs 18,6 milliards à fin juin 2026, dont Rs 15,4 milliards auprès de banques commerciales et Rs 3,2 milliards auprès d’autres institutions financières, a-t-il indiqué.
Répondant à une question du député du MMM Ravin Jugurnauth, le chef du gouvernement a déclaré que plusieurs entités publiques faisaient face à une situation financière préoccupante. « Le document sur l’état de l’économie préparé par le ministère des Finances a mis en évidence la position financière précaire d’un certain nombre d’organismes publics et d’entreprises appartenant à l’État », a déclaré Navin Ramgoolam.
Selon lui, « leur endettement important et croissant, ainsi que les engagements éventuels qu’ils représentent, notamment en raison du niveau élevé des déficits actuariels accumulés dans leurs fonds de pension, constituent des risques importants pour la soutenabilité des finances publiques ».
Le Premier ministre a également évoqué une augmentation de l’endettement des organismes publics au cours des dernières années. Il a indiqué que la dette de ces derniers était passée de Rs 6,2 milliards en décembre 2014 à Rs 15,9 milliards en décembre 2024. Cette hausse, a-t-il précisé, était principalement liée aux emprunts du Central Electricity Board (CEB) et de la State Trading Corporation (STC).
Navin Ramgoolam a aussi fait état de la situation de 20 autres entreprises publiques. Celles-ci cumulaient une dette totale de Rs 48,9 milliards à fin juin 2026. Sur ce montant, Rs 16,5 milliards étaient dues aux banques commerciales et Rs 32,4 milliards à d’autres institutions financières, dont Rs 7,2 milliards empruntées auprès de la Banque de Maurice.
Selon le Premier ministre, la dette des entreprises publiques avait plus que triplé entre décembre 2014 et décembre 2024, passant de Rs 15,1 milliards à Rs 54,3 milliards. Il a cité Metro Express Ltd, MauBank Holdings Ltd et Mauritius Telecom parmi les principaux facteurs ayant contribué à cette progression.
Concernant les interventions financières de l’État, Navin Ramgoolam a indiqué que le gouvernement avait injecté Rs 14,4 milliards depuis 2020, principalement pour permettre à des entreprises publiques d’honorer leurs obligations de remboursement.
Le Premier ministre a affirmé que les montants liés au remboursement des détenteurs de polices du Super Cash Back Gold Scheme représentaient Rs 11,5 milliards d’argent public. Il a vivement critiqué la gestion du précédent gouvernement dans ce dossier, déclarant : « Ils ont dit qu’il n’y aurait pas un seul sou de fonds publics, mais c’était un mensonge. Un mensonge total, parce que j’ai mentionné les chiffres qui ont été utilisés à partir des fonds publics. Des milliards de roupies. »
Le chef du gouvernement a indiqué que plusieurs organismes publics avaient engagé ou préparaient des plans de restructuration.
Parmi les mesures citées :
• Metro Express Ltd prépare un « Transformation Plan » visant à améliorer sa performance financière, notamment par une meilleure efficacité opérationnelle et une diversification de ses sources de revenus.
• Mauritius Post Ltd travaille à diversifier ses sources de revenus et à optimiser son réseau d’agences. Les tarifs des timbres et certains frais liés au paiement des services publics ont déjà été revus à la hausse.
• MauBank Holdings Ltd prévoit d’accélérer le recouvrement des prêts en retard, de rationaliser ses dépenses, de revoir certains frais et de céder des actifs non essentiels.
• La Development Bank of Mauritius procède à une révision de ses procédures de recouvrement, de ses produits de prêt et de leasing, ainsi qu’à la valorisation de ses espaces immobiliers inutilisés.
« À la suite de la décision délibérée et brutale du précédent régime de liquider l’ancien conglomérat BAI, l’ancien Premier ministre et son ministre de la Bonne Gouvernance (Ndlr : Roshi Bhadain) avaient déclaré publiquement qu’aucune roupie de fonds publics ne serait injectée dans un quelconque plan de sauvetage. Aveuglés par une vendetta politique, leurs actions ont eu un impact direct sur la dette du secteur public. C’est la vérité ! », affirme Navin Ramgoolam.
Il ajoute : « Ils avaient affirmé qu’aucune roupie de fonds publics ne serait utilisée, mais il s’est avéré que les propos de l’ancien ministre de la Bonne Gouvernance étaient mensongers. Un mensonge total, car j’ai cité les montants qui ont été prélevés sur les fonds publics. Des milliards de roupies. C’était un mensonge délibéré. Et aujourd’hui, certains essaient de se refaire une virginité politique. Ce sont ces personnes dont nous devons nous méfier. J’espère que la population se souviendra de ces faits le moment venu. »