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Financement des partis politiques au Parlement : l’opposition divisée

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Le projet de loi sur le financement des partis politiques, qui sera présenté au Parlement à la prochaine rentrée parlementaire, a fait l’objet d’un débat dans l’émission « Au cœur de l’info », animée par le tandem Jean-Luc Émile et Jugdish Joypaul. L’unique invité sur le plateau était l’Attorney General Maneesh Gobin.

Maneesh Gobin
Maneesh Gobin

Commentant ce projet de loi, Maneesh Gobin a affirmé que le gouvernement était déterminé à mettre de l’ordre dans le financement des partis politiques à Maurice. Il a dit garder espoir que ce projet de loi serait voté à la rentrée parlementaire 2019, car tous les partis politiques sont d’accord pour l’introduction d’une telle législation. « Je pense qu’il y a des gens de bonne volonté au Parlement, même si on a besoin d’une majorité de trois quarts », a-t-il souhaité.

Il a attiré l’attention sur les grandes démocraties, où il existait une telle législation pour réglementer le financement des partis politiques. Selon lui, cela apportera plus de transparence et agira aussi comme un élément  dissuasif contre la corruption. « Tout citoyen a le droit de choisir son propre parti politique, mais là, il s’agit d’assainir la situation pour le financement des partis politiques et finalement, c’est toute la population qui sortira grandie », a-t-il fait comprendre. Il a expliqué que c’était pour cette raison que le gouvernement privilégiait des consultations au niveau national avant la présentation d’un tel projet de loi à l’Assemblée nationale.

Pour l’Attorney General, tout doit être fait dans le consensus, notamment le montant qui sera alloué à chaque parti politique selon ses mérites.


Alan Ganoo : «Il faut un Select Committee»

Alan GanooLe président du Mouvement Patriotique se dit en faveur d’une législation pour mettre de l’ordre dans le financement des partis à Maurice. Toutefois, il prône la mise sur pied d’un Select Committee, à travers lequel tous les partis politiques pourraient se faire entendre sur la question. Il est aussi contre le fait que l’on puise des fonds publics pour financer les partis politiques car, selon lui, cet argent aurait pu être utilisé pour financer des projets en faveur des plus démunis de la société, dont une augmentation de la pension et la construction des maisons low-cost. Il dénonce aussi l’opacité autour des financements privés venus, notamment, des compagnies.


Shakeel Mohamed : «A-t-on eu l’accord de la population sur le mode de financement ?»

Shakeel MohamedSi le chef de file du Parti Travailliste au Parlement est pour une législation sur le financement des partis politiques, il n’est pas d’accord que ce financement soit puisé des fonds publics. « A-t-on eu l’approbation de la population pour un tel financement ? » s’est-il demandé. Toutefois, il rappelle que son parti a toujours milité pour une telle législation. Il s’interroge aussi sur le timing du gouvernement de présenter un tel projet de loi presque à la fin de son mandat. Il s’élève aussi contre le fait que les donations faites par des compagnies ou individus resteront confidentielles. « Pour moi, c’est un non-sens », dit-il. Il justifie sa position en arguant « le retour de l’ascenseur ». C’est à dire que les financiers pourraient tirer avantage de leurs financement après les élections. Shakeel Mohamed devait aussi dénoncer l’hypocrisie entourant le financement des partis politiques. Il affirme qu’il ne faut pas fermer les yeux sur le fait que tous les partis politiques bénéficient d’une source de financement.


Kushal Lobine : «Pourquoi à la veille des élections ?»

Kushal LobineLe porte-parole du PMSD déplore que ce projet de loi est présenté presque à la veille des prochaines élections générales. Il rappelle que le leader de ce parti, Xavier-Luc Duval, alors faisant partie du gouvernement Lepep, avait présidé un Select Committee et soumis un rapport à ce sujet. Il s’est aussi interrogé sur le fait que ce soit l’Electoral Supervisory Commission qui aura la responsabilité d’épauler un tel projet. Il a remis en question la nomination de certaines personnes au sein de cette instance. Enfin, il a souhaité que la population ait son mot à dire sur toute la question avant l’adoption d’un tel projet de loi.


Ajay Guness : «Le MMM gardera un esprit ouvert sur la question ...»

Ajay GunessUn des dirigeants du MMM, Ajay Guness, a fait comprendre que son parti a toujours milité en faveur d’une législation sur la réforme électorale et le financement des partis politiques. Il déclare que le MMM étudiera les propositions du gouvernement avant de prendre une décision. Il a souligné qu’au cas où le gouvernement adoptait une attitude consensuelle, le MMM garderait aussi une ouverture d’esprit sur la question.