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Fin des subventions sur plusieurs produits alimentaires : bras de fer entre les importateurs et le gouvernement

Les prix de l’huile et du lait en poudre devraient connaître une hausse significative.

Les subventions de l’État sur sept catégories de denrées alimentaires prendront fin le 30 juin. Pour éviter une hausse trop importante des prix de ces produits de base, un « maximum mark-up » sera imposé aux importateurs. Mais ces derniers n’approuvent pas la façon dont le gouvernement a fait ses calculs.

Les poissons et les tomates en conserve, le cheddar, l’huile, la margarine, le lait en poudre et les haricots secs ne seront plus subventionnés après le 30 juin. Cette mesure de soutien temporaire avait été introduite en juillet 2021 pour protéger les consommateurs contre la flambée des prix. La subvention, jusque-là, est versée par l’État aux importateurs des produits concernés. 

À partir du 1er juillet, pour que ces denrées alimentaires demeurent accessibles à tous les Mauriciens, le gouvernement a décidé d’imposer une marge de profit maximale (maximum mark-up) aux importateurs. Ces derniers ont été invités à envoyer au ministère du Commerce leurs factures avec toutes les dépenses encourues et les marges pratiquées. 

« Le ‘maximum mark-up’ est déjà appliqué sur d’autres produits. Ce sera la même chose avec ces produits alimentaires de base », indique le ministre Soodesh Callichurn. Les importateurs devront respecter la loi.

Au cas contraire, il y aura des sanctions, précise-t-il. « On ne tolérera pas ce genre d’attitude. Dans un moment où la solidarité est indispensable, tout le monde doit faire des efforts. Le gouvernement en fait, les consommateurs aussi. Les importateurs ne peuvent pas refuser. Ils continueront à faire des profits, mais pas comme en ce moment. Il y aura un contrôle », déclare-t-il.

Le gouvernement, néanmoins, est conscient que limiter la marge des importateurs n’empêchera pas l’augmentation des prix. « Nous nous attendons à une hausse significative pour l’huile et le lait en poudre. C’est pourquoi une enveloppe de Rs 500 millions a été allouée à la State Trading Corporation dans le budget 2022/2023. Pour que l’organisme puisse importer de l’huile et du lait, entre autres produits essentiels, et les mettre sur le marché à des prix raisonnables. C’est ainsi que nous allons continuer à soulager la population », explique le ministre.  

Selon Soodesh Callichurn, les importateurs ont déjà été consultés. « Il est évident qu’ils ne souhaitent pas que leur marge de profit diminue. Mais ils se sont tous engagés à faire un effort. Kan ti pe gagn subzid, lerla tou ti bon. Aster bizin fer sakrifis », insiste-t-il.

Jayen Veerapen : « Nous pourrions être obligés de cesser l’importation »

Le sachet de 500 g de grains secs augmentera de Rs 10 à Rs 15.
Le sachet de 500 g de grains secs augmentera de Rs 10 à Rs 15.

Le directeur de J.M. Veerapen Ltd, qui importe principalement des haricots secs et du riz basmati, explique que la situation pourrait devenir critique pour les consommateurs. « Les prix flambent sur le marché mondial. De ce fait, comme le gouvernement nous supprime la subvention, les prix à Maurice vont automatiquement grimper. Dans un premier temps, par exemple, un sachet de grains secs de 500 g se vendra entre Rs 10 et Rs 15 plus cher dans le commerce. »

Jayen Veerapen indique qu’il n’est pas contre le « maximum mark-up » mais estime que les autorités n’ont pas pris tous les aspects en considération. « Il y a les salaires des employés à payer et différents coûts, dont celui du fret, qui ne cessent d’augmenter. Si le gouvernement reste sur sa position, on n’aura pas d’autre choix que d’arrêter l’importation et de laisser la State Trading Corporation importer seule », prévient-il.

Altaaf Damree : « Les marges de profit ne sont pas abusives »

Le directeur d’Ashfaaq and Co Ltd affirme que les marges de profit des importateurs sont déjà faibles. « La situation est très difficile en ce moment sur le marché mondial. Maurice étant une petite île, c’est encore plus compliqué pour obtenir des produits. Et si les produits coûtent plus cher à importer, sans subvention, la hausse se répercutera forcément sur les consommateurs. Comme la State Trading Corporation se positionne sur le marché, le gouvernement va bien voir que les marges des importateurs ne sont pas abusives. »

Suttyhudeo Tengur : « Les importateurs doivent jouer le jeu »

Le président de l’Association pour la protection de l’environnement et des consommateurs, Suttyhudeo Tengur, rappelle que la flambée des prix des denrées alimentaires est un phénomène mondial qui a deux causes principales : les conséquences de la pandémie de Covid-19 et la guerre entre l’Ukraine et la Russie. « Ainsi, la configuration du commerce international a changé. Dans une situation pareille, il est important que le gouvernement prenne des mesures pour protéger les consommateurs. Le ‘maximum mark-up’ est une solution parmi d’autres pour limiter la hausse des prix. Les importateurs ont aussi un rôle social. Dans cette conjoncture difficile, ils doivent jouer le jeu et accepter cette mesure. »  


 

 

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