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Fin de l’impunité en ligne - Avinash Ramtohul : «Les lois seront sévères contre les dérives numériques»

Le ministre des Technologies de l’Information, Avinash Ramtohul dresse un constat clair : l’espace numérique mauricien a trop longtemps évolué dans une zone grise où les abus se sont multipliés sans réel suivi judiciaire. Durant près d’une décennie, arnaques, diffusion de photos intimes, faux profils, contenus haineux et plus récemment les manipulations générées par l’IA prospèrent sans réponse adaptée de l’État. « Pendant des années, il n’y a pas eu de progrès significatifs, ni technologiques, ni légaux », souligne-t-il. Cette inertie a fragilisé les citoyens les plus exposés.

Parmi les plateformes problématiques, Telegram reste la plus préoccupante. Son anonymat en fait un terrain propice à la diffusion de photos privées, à la vente de produits illicites et à l’activité de groupes abusant du manque de régulation. Plutôt que d’interdire l’application, Avinash Ramtohul prône un encadrement renforcé et une responsabilisation des utilisateurs afin de préserver à la fois la liberté d’expression et la protection des citoyens.

C’est dans ce contexte que le gouvernement lance une réforme législative d’envergure. La loi sera durcie et modernisée pour répondre aux nouveaux crimes numériques, surtout ceux liés à l’intelligence artificielle générative. Le ministre met en avant le concept de « Responsible AI », indispensable à notre époque. La réforme permettra d’identifier plus facilement les auteurs de ces manipulations et d’appliquer des sanctions plus sévères.

Maurice prévoit aussi un volet technologique : des outils capables de détecter et d’authentifier les contenus générés par l’IA. Ils aideront les victimes à prouver qu’un contenu est falsifié, renforçant la lutte contre la diffamation, le chantage et les manipulations politiques. Le ministre prévient : les sanctions seront sévères, avec une tolérance zéro.

Mettre les plateformes face à leurs responsabilités

Un second pilier de la stratégie gouvernementale repose sur la responsabilisation des grandes plateformes numériques. Jusqu’ici, elles appliquaient leurs propres règles internes, parfois déconnectées du contexte mauricien. Désormais, elles devront respecter les lois locales. Elles seront tenues de nommer un compliance officer basé à Maurice, maîtrisant les nuances du créole et capable d’interagir rapidement avec les autorités.  En cas de manquements, des sanctions importantes seront appliquées. « Maurice est souveraine, y compris sur le digital. Si des abus persistent, nous agirons », affirme Avinash Ramtohul.

Cette restructuration du paysage numérique s’inscrit dans une vision globale : créer un espace digital ordonné, sécurisé et respectueux des droits. Une attention particulière sera accordée à la protection des enfants, avec des outils de contrôle parental, une collaboration renforcée avec les familles et des directives claires pour modérer les contenus dangereux. Le ministre évoque également une coopération internationale, notamment avec l’Inde, afin d’assurer une approche complète intégrant prévention, lutte contre les abus et accompagnement psychologique des victimes.

En parallèle, Avinash Ramtohul annonce que 9 600 familles inscrites au Social Register of Mauritius bénéficieront bientôt d’un accès gratuit à Internet. Cette initiative, conçue avec le ministère de l’Intégration sociale, vise à démocratiser le numérique et constitue une première étape vers un Internet gratuit pour davantage de foyers.

Vers une nouvelle ère de gouvernance digitale

Le ministre rappelle aussi les avancées dans le secteur public grâce au déploiement du système e-Health. La centralisation des données médicales permet une identification électronique des patients, améliorant la rapidité des soins et l’allocation des ressources. Déjà opérationnel à l’hôpital de Flacq, ce système constitue une étape clé dans la modernisation des services publics.

Ces mesures - sécurité en ligne, accès élargi à Internet, modernisation de la santé s’inscrivent dans une même dynamique : bâtir un écosystème numérique mauricien accessible, efficace et centré sur les besoins des citoyens. 

« L’impunité touche à sa fin », conclut le ministre. Avec cette nouvelle loi et ces réformes, l’État entend reprendre le contrôle de son espace numérique et entrer dans une nouvelle ère de gouvernance digitale.

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