Fin de la pension universelle : une grande transformation du système de pension dès 2027
Par
Christina Vilbrin
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Christina Vilbrin
La pension universelle touche à sa fin, remplacée par un système plus sélectif, annoncé dans le Budget 2026-27, indexé sur les revenus et modulé selon l’âge de départ à la retraite. Qu’est-ce qui change concrètement ? Tour d’horizon.
Avant 2025 (avant la première réforme des pensions)
Les montants de la pension
*Le pays compte actuellement 275 231 bénéficiaires d’une pension de vieillesse. Parmi eux, 269 139 sont des Mauriciens et
6 092 sont des Rodriguais.
La Basic Retirement Pension (BRP) sera remplacée par la State Age Pension (SAP). Le nouveau seuil pour bénéficier de la pension a été fixé à Rs 14 000 par mois.
Les bénéficiaires qui décideront de toucher leur pension avant l’âge de 65 ans recevront une pension réduite. Le montant de la SAP sera diminué de 0,5 % par mois pour chaque mois d’anticipation avant 65 ans, soit une réduction de 6 % par année.
À l’inverse, les personnes qui choisiront de reporter le versement de leur pension au-delà de 65 ans bénéficieront d’une pension majorée. La SAP sera augmentée de 0,75 % par mois pour chaque mois de report après 65 ans, soit une hausse de 9 % par année. Cette réduction ou cette majoration sera appliquée de manière permanente et restera en vigueur pendant toute la durée de vie du bénéficiaire.
Un « means test » sera appliqué afin d’ajuster le montant de la State Age Pension en fonction du revenu mensuel des bénéficiaires, nouveaux comme anciens. Un mécanisme distinct sera prévu dans le cas d’un couple lorsque les deux conjoints sont éligibles à la SAP et la perçoivent simultanément.
Une personne éligible à la SAP devra déclarer son revenu mensuel moyen, incluant les revenus provenant de l’étranger, estimés pour les 12 mois à venir. Le revenu mensuel comprendra notamment :
À compter du 1er juillet 2027, le National Pension and Provident Fund (NPPF) deviendra un régime de retraite national. Il succèdera à l’ancien National Pension Fund (NPF), qui versait à ses membres une pension mensuelle ainsi qu’un lump-sum optionnel au moment de la retraite.
Sous le NPPF, chaque cotisant disposera d’un compte individuel dans lequel seront enregistrées ses contributions. Ce nouveau système intégrera également le National Savings Fund (NSF) ainsi que le Portable Retirement Gratuity Fund (PRGF).
Il comprendra des dispositions spécifiques adaptées aux besoins de différentes catégories de travailleurs, notamment les travailleurs indépendants, les employés de maison, les travailleurs contractuels, les expatriés, les femmes au foyer et les étudiants.
Par ailleurs, les droits accumulés par les membres actifs du NPF seront convertis en valeur monétaire et transférés vers leurs comptes individuels au sein du NPPF. Les pensions déjà versées aux retraités dans le cadre du NPF continueront, quant à elles, d’être payées selon les modalités actuelles, sans interruption ni modification.
Les taux de cotisation au NPPF ont été fixés, dans un premier temps, à un niveau équivalent à la somme des taux actuellement appliqués au titre de la Contribution Sociale Généralisée et du Portable Retirement Gratuity Fund. Cela, afin d’éviter une hausse significative du coût de l’emploi pour les employeurs.
Bénédict, qui aura 62 ans en août : « Ma pension baissera d’environ Rs 2 500 en janvier 2027 »
« Je suis très en colère », martèle Bénédict. Ce dernier, qui aura 62 ans en août, a cessé de travailler pour s’occuper d’une proche malade et aussi en raison de ses propres soucis de santé. Ses revenus proviennent principalement du NPF, d’une assurance et de la pension de vieillesse. « Je travaille aussi en freelance de la maison. Parfois, je touche entre Rs 10 000 et Rs 15 000 supplémentaires selon les mois. Mais avec toutes les dépenses que nous avons, chaque roupie compte », souligne-t-il.
Avec la nouvelle réforme de la pension, sa pension diminuera d’environ Rs 2 500. « Avec la déclaration des revenus à la MRA, mes revenus vont encore être réduits. J’ai l’impression d’être tombé dans un piège », déplore-t-il.
Serge, 72 ans : « Beaucoup de pensionnés se sentent trahis »
Serge, 72 ans, estime que la réforme constitue une promesse rompue envers les retraités. « Beaucoup de Mauriciens se sentent trahis. Pendant la campagne électorale, on nous a fait certaines promesses, et aujourd’hui on nous demande de faire des sacrifices », soutient-il.
Après avoir travaillé pendant quarante ans dans un hôtel à Trou-aux-Biches, il explique dépendre largement de sa pension pour faire face aux dépenses du quotidien. « J’ai travaillé toute ma vie. Aujourd’hui, ma pension est essentielle pour vivre dignement. Dire que les finances publiques sont en difficulté ne doit pas toujours se faire au détriment des pensionnés », déplore Serge.
Sa situation familiale est particulièrement difficile. Son épouse, âgée de 76 ans, souffre de la maladie d’Alzheimer et nécessite une assistance constante. « Ma femme est malade. Elle a besoin de soins, de médicaments et d’une présence permanente », explique-t-il.
Lui-même souffre de problèmes de santé. « J’ai subi un by-pass, je fais de l’hypertension et je me fatigue rapidement. Je dois aussi m’occuper de mon épouse. Tout cela est déjà très stressant et cette nouvelle réforme de pension ajoute encore à notre stress », fulmine-t-il.