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Fermeture immédiate de Palmar Ltée : 1300 employés sur le pavé

Palmar Ltée

Plus de 24 heures après la décision des Receiver managers de fermer l’usine Palmar Ltée, les 1300 employés ignoraient qu’ils sont dorénavant au chômage. C’est ce matin que la majorité d’entre eux apprendront la nouvelle.

Véritable tragédie humaine pour les 1300 employés de l’usine Palmar Ltée. Après d’âpres discussions menées, mercredi soir, entre les représentants de l’usine et les Receivers Managers du groupe BDO, aucune solution n’a été trouvée pour sauver le sort des 900 ouvriers mauriciens et 400 étrangers bangladais.

La fermeture de Palmar Ltée était donc inévitable. Jeudi, vers 18 heures, des représentants de BDO, se sont déplacés à Mon Loisir, Rivière-du-Rempart, où se situe le quartier général pour mettre l’usine sous scellés, cela à l’insu des employés.

Les 1300 ouvriers étaient loin de se douter de leur sort. Plusieurs d’entre eux avaient fini leur service vers 17 heures, totalement ignorants qu’il s’agissait de leurs derniers jours chez Palmar Ltée.

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Jhoti Narain, 53 ans, 13 ans d’usine.

À Flacq, des employés rencontrés hier, affichaient grise mine. S’ils n’avaient pas eu vent des derniers développements, ils étaient conscients des difficultés de l’usine. Sarita Ramloll, responsable du département qualité, est employée chez Palmar Ltée depuis quatre ans. Gaillarde et visiblement pleine de ressources, elle ne peut cacher son inquiétude.

« Nous sommes dans l’incertitude. Cela fait trois semaines que l’usine est placée sous ‘receivership’ et nou dan mare nwar », dit-elle. Depuis plusieurs jours, elle a enclenché des démarches pour sauver son emploi et celui de ses collègues. « J’ai appelé au Sun Trust Building pour obtenir les coordonnées du Premier ministre. On m’a donné son adresse mail et je lui ai adressé une correspondance depuis le 13 février. Il ne m’a toujours pas répondu », déplore-t-elle.

Mercredi, Sarita Ramloll lui a adressé un deuxième courriel pour solliciter un rendez-vous. « Je lui ai demandé de trouver une solution pour ces Rs 600 millions de dettes. Nous pouvons continuer à travailler, car nous recevons toujours des commandes », ajoute-t-elle.

Les collègues de Sarita Ramloll partagent la même inquiétude. Depuis la mise sous receivership, c’est l’incompréhension totale à l’usine. « Nous venons au travail sans rien faire. On reste là, toute la journée sans avoir la moindre explication sur notre avenir », peste un employé.

Au quartier général de Palmar Ltée, la situation des ouvriers encore présents à 18 heures, alors que les représentants de BDO mettaient l’usine sous scellés, était plus chagrinante. Plusieurs continuaient de travailler et de compléter leurs heures supplémentaires, sans savoir que l’usine avait mis la clef sous le paillasson.

Jhoti Narain, 53 ans et employée depuis 13 ans. Elle vient d’apprendre la nouvelle. Sous le choc, elle reste paralysée pendant une longue minute, les larmes aux yeux, sans rien dire. C’est son univers qui s’écroule. « Je savais que l’usine avait des problèmes, mais je priais pour qu’une solution soit trouvée. Je suis une veuve et j’ai trois enfants », dit-elle. Ses autres collègues, informées de la nouvelle, sont désorientées. La plupart d’entre eux réfléchissaient à la journée de demain. « Où irons-nous ? Que ferons-nous faire », demandent-ils.


Rs 90 M de commandes

Dramatique situation financière pour Palmar Ltée. Les commandes ne manquent pas, car l’usine dispose d’un carnet de commandes de Rs 90 millions. Le souci, c’est que la compagnie ne dispose d’aucun matériel de base pour répondre à ces commandes. Il faudrait aussi décaisser Rs 15 millions pour assurer les salaires des employés.

Manifestation des employés ce matin

La résistance s’organise. Les employés tiendront une manifestation ce matin vers sept heures, afin de réclamer des explications sur leur sort.


Redéploiement immédiat pour 860 travailleurs

Dès quelques 1 300 employés de l’usine textile Palmar Ltée, 860 se verront proposer un emploi dans le textile ou ailleurs dans les jours à venir. Pour les autres, le ministère du Travail et la Mauritius Export Association (Mexa) espère également les redéployer « dans les plus brefs délais. »

« Nous avons contacté la Mexa qui, à son tour, a pris contact avec ses membres, pour trouver de l’emploi à ceux qui voudront continuer à travailler. Une quinzaine d’entreprises situées dans le Nord ont répondu positivement. Elles sont prêtes à employer immédiatement 658 Mauriciens, 111 Bangladais et 91 Malgaches. Cela prouve bien que Palmar Ltée ne reflète pas la situation du textile mauricien », commente Soodesh Callichurn, ministre du Travail et de l’Emploi, au Défi Quotidien jeudi soir. « Nous continuons à solliciter des compagnies du Nord afin de recaser tous ceux qui souhaitent continuer à travailler », ajoute-t-il. En attendant, les officiers du ministère ont enclenché les formalités pour mettre les employés mauriciens sur le « workfare programme ». Ce qui leur permettra de toucher 90% de leur salaire pendant trois mois, puis 60% les trois autres mois et enfin 30%. Cela à condition qu’ils ne trouvent pas un emploi entretemps.

Soodesh Callichurn souligne que le ministère négocie avec les « Receiver Managers» pour qu’ils rémunèrent les ouvriers pour les jours qu’ils ont travaillé en février. « C’est une fermeture très subite. On ne s’y attendait pas. Mais une telle accumulation de dettes, de plus de Rs 600 millions, cela ne se fait pas en quelques jours. On nous a expliqué que Palmar Ltd avait perdu beaucoup de ses clients et cela a fait baisser le carnet des commandes de manière considérable. Elle n’a pu honorer ses dettes et s’est retrouvée dans un engrenage dont elle n’a pu s’en sortir », explique le ministre Callichurn.