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Fermeture des frontières jusqu’à mars : pas de lumiere au bout du tunnel pour les opérateurs touristiques

Le vendredi 15 janvier 2021, le conseil des ministres a pris note de la décision du ministère de la Santé de prolonger la quarantaine du 15 février au 31 mars prochain. Cette décision se résume à quasiment une nouvelle année de difficultés financières pour les opérateurs touristiques même si entretemps les vaccins sont arrivés, permettant une lueur d’espoir. 

AHRIM - Jean Michel Pitot, le président : «L’industrie pourra agir, suite au plan de vaccination des autorités»

jean« L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a estimé dans son dernier point que le niveau de risque mondial restait très élevé en raison des nouveaux variants du coronavirus. Cela concerne tout particulièrement les marchés émetteurs. Le retard des fabricants de vaccins à fournir des données inquiète également… Donc, poser une date est important, car cela permet une bonne communication avec les agences qui vendent la destination à l’étranger. Au vu de la situation, la prolongation de la fermeture des frontières à mars 2021 semble la réponse la mieux adaptée », affirme Jean Michel Pitot, le président de l’Association des Hôteliers et Restaurants de l’Île Maurice (AHRIM). 

« Aussitôt que les autorités auront annoncé les détails de ce plan de vaccination, l’industrie pourra mieux évaluer la situation et agir en conséquence », affirme Jean Michel Pitot. « Nous nous appuyons sur le soutien de l’État en attendant la reprise. Avec la quarantaine payante, un marché local qui grossit et leurs propres ressources, certains hôtels arrivent à garder la tête hors de l’eau. Mais, tous ne pourront pas surmonter cette crise, hélas », précise-t-il. Malgré le Wage Assistance Scheme, l’élimination de certains frais et taxes, le prêt de fonds du MIC et l’adaptation de l’offre au marché local, il aura ceux qui ne pourront pas tenir.  

« Depuis mars 2020, l’industrie a bien entendu initié dès le début de la pandémie un vaste programme de réduction des coûts fixes, qu’elle a intensifié au fil de l’évolution de la crise. Il y a eu des réductions volontaires des salaires, puis une série de départs volontaires en préretraite de cadres. Il s’agissait de sauver l’emploi et l’industrie dans l’immédiat. Mais aussi de s’adapter, de rendre la structure plus agile pour faire face à la « new normal, cet avenir qu’on dit caractérisé par l’incertitude totale », fait-il ressortir. « Avec cette mise à l’arrêt, les occasions n’ont pas manqué pour prendre du recul et réfléchir au tourisme de demain pour Maurice. De grands chantiers, qui dépassent le cadre du tourisme, doivent être entamés pour accueillir ces touristes qui nous reviendront, avec d’autres exigences certainement. Ce n’est pas que l’hôtellerie qui doit se préparer à la réouverture des frontières, mais toute l’île. Avec la MTPA et l’EDB, nous y travaillons de manière soutenue », conclut Jean Michel Pitot.


CONCORDE - Bruno Lebreux, directeur exécutif : «Avec les mutations, la Covid-19 est en train de fixer son calendrier …»

brunoHead of Public Affairs à Médine et directeur exécutif de Concorde Tourist Guide, Bruno Lebreux estime que le gouvernement a pris avec raison, la décision de maintenir la fermeture des frontières jusqu’au 31 mars prochain. « Avec sa mutation, la Covid-19 est en train de fixer son calendrier, rendant ainsi la situation absolument inédite et compliquée.Les pays européens avec lesquels nous avons plus de clients, referment leurs frontières. Nous ne pouvons faire autrement en ce qu’il s’agit de l’ouverture des nôtres. Je pense que nous sommes en train de vivre quelque chose d’internationalement dramatique », avance-t-il. 

« Heureusement, nous avons le Wage Assistance Scheme qui nous aide. Personnellement, je n’avais pas une vision de l’ouverture de nos frontières à la fin de janvier 2021 », concède-t-il. Entre-temps, Bruno Lebreux explique que Concorde Tourist Guide a adopté pour stratégie, la réorganisation de ses effectifs afin de se tenir prêt pour la reprise. 


FEDERATION OF HOTELS TAXI ASSOCIATIONS - Yaspal Murrakhun, le président : «Il nous faut un plus grand soutien»  

yaspalCette décision de l’État assure, avant tout, la sécurité du peuple mauricien, indique le président de la Federation of hotels taxi associations (FHTA), Yaspal Murrakhun. Mais cette situation, décrit-il, vient empirer les difficultés financières des 1 044 taximen de la FHTA. «  Il nous faut un plus grand soutien. Depuis la fermeture des frontières en mars 2020, nous avons tiré la sonnette d’alarme par rapport à notre situation. Bien que nous bénéficiions de la somme de Rs 5 100 par rapport au Self-Employed Assistance Scheme, cela ne suffit pas pour faire vivre notre famille. Car nous avons des frais d’assurance et de déclaration pour nos véhicules, des factures utilitaires à payer et des dettes à rembourser », explique-t-il.  

« Une mesure par le gouvernement qui pourrait nous aider à survivre serait de nous permettre de bénéficier du minimum wage de Rs 10 200, ou encore, de nous accorder plus de temps au niveau du moratoire (capital et intérêt) par rapport au Private Leasing. Cela viendra soulager nos souffrances, en attendant que nous recouvrons la possibilité d’honorer nos dettes à nouveau, une fois les activités reprises dans le secteur touristique », conclut-il.


BEACHCOMBER HOTELS - François Venin, Chief Sales & Marketing Executive : «C’est assez dur pour beaucoup d’hôtels» 

« Vu la situation internationale, la prolongation de la fermeture des frontières jusqu’au 31 mars prochain ne me surprend pas », soutient François Venin, le Chief Sales & Marketing Executive du Groupe Beachcomber Hotels. Ce dernier dira aussi que bien que le groupe hôtelier bénéficie du Wage Assistance Scheme, toutefois, la situation financière est assez dure. « Depuis les dix mois de la fermeture des frontières, nous perdons mensuellement beaucoup d’argent. Bien que nous ayons adopté des stratégies de survie en plaçant trois hôtels comme centres de quarantaine, un hôtel à Pointe-aux-Cannoniers et l’hôtel Le Paradis à la disposition du marché local, cela ne suffit pas », conclut François Venin.


ACTIVITÉS NAUTIQUES - Patrice Thomé, travaillant à son compte : «Je vois l’avenir avec incertitude…» 

patriceDepuis 15 ans, Patrice Thomé gagne sa vie en mer grâce au Parasailing et l’Underseawalk, parmi d’autres activités nautiques à Belle-Mare, l’île-aux-Cerfs et Trou-d’Eau-Douce. « Depuis l’an dernier, je puise dans mes économies. Cet argent qui s’épuise, je l’avais mis de côté pour les cas d’urgence. Mais là, j’ai été contraint de l’utiliser pour subvenir aux besoins de ma famille. Bien que je bénéficie du Wage Assistance Scheme, cela ne suffit pas. De plus, c’est irrégulier. Le dernier paiement que j’ai reçu remonte au 4 décembre 2020 et jusqu’à présent, rien », se désole le père de famille de 42 ans. « Je n’ai pu fêter ni Noël ni le Nouvel An. Car la priorité est de répondre aux besoins scolaires de mon fils. Même si je cumule des petits boulots ici et là dans la maçonnerie, je n’arrive pas à arrondir les fins de mois, vu que la rentrée d’argent n’est pas régulière », renchérit-il. Et de conclure que vu que la majorité de sa clientèle vient de l’Inde et de la Chine, il voit ainsi l’avenir de son métier, avec incertitude.

 

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