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Fermeture de deux shelters : des employés réclament leurs salaires de juillet

Des employés disent avoir plusieurs fois tenté d’approcher la directrice pour avoir des explications.

Les 47 mineurs des shelters La Marguerite à Belle-Rose et Heaven Children Centre à Paillotte avaient été évacués dans la soirée du mercredi 11 juillet 2018. Un mois après la fermeture des deux centres, une quinzaine d’employés déplorent le fait que leurs salaires de juillet ne leur aient pas encore été remis. 

Sainaz Lionnet fait partie de la quinzaine d’employés n’ayant pas perçu leur salaire de juillet. Cela faisait cinq ans qu’elle travaillait au shelter La Marguerite à Belle-Rose. « J’ai été embauchée en avril 2013. Depuis que le shelter a fermé ses portes le mois dernier, nous n’avons pas encore reçu notre salaire de juillet. Je suis à sec », explique-t-elle avant d’ajouter : « Nous sommes environ une dizaine d’employés à ne pas avoir reçu notre salaire du mois dernier.

Nous sommes conscients que le shelter a fermé ses portes et que quoi qu’il arrive nous avons perdu notre travail. Mais nous voulons notre dû car il nous est difficile de trouver un autre emploi rapidement », déplore Sainaz Lionnet. 

Les employés disent avoir à maintes reprises tenté d’approcher la directrice du shelter pour obtenir des explications, mais en vain. « Nous n’avons pas de contact avec elle. Elle n’est pas joignable », a confié Sainaz Lionnet à l’antenne d’Xplik ou K. 

Aaretee R., une autre employée du shelter, se pose des questions sur son temps de service. Elle se demande, par exemple, si elle percevra des indemnités. « Nous nous sommes renseignés auprès du ministère de l’Égalité des genres. Le ministère aurait payé la responsable du shelter. Si tel est le cas, pourquoi ne percevons-nous pas notre salaire ? » se demande Aaretee. 

Autre son de cloche du côté de la direction de la Vedic Social Organisation. « Il est vrai que les employés n’ont pas encore reçu leur salaire. Mais je tiens à préciser que ce n’est qu’un malentendu. Je n’ai pas encore reçu la somme d’argent nécessaire du ministère pour les mois de mai à juillet. J’ai plusieurs fois contacté le ministère. Je me suis même rendue sur place mais je n’ai obtenu aucune réponse », lâche Jeeanmotee Guness, la responsable des deux shelters. 

Elle souligne que son avocat a même envoyé une lettre au ministère. « Toujours rien à ce jour. Où vais-je trouver l’argent ? Je ne refuse pas de payer mes employés. J’ai d’ailleurs puisé dans mes ressources pour leur payer leurs salaires de mai et juin. Sauf qu’en l’absence de cette somme du ministère, je n’ai plus de finances pour leur payer leur salaire de juillet », dit-elle avant de conclure. 

Un préposé du ministère a, pour sa part, affirmé que la directrice a été payée : « Elle a déjà reçu l’argent nécessaire pour le mois de juillet. Cependant, il y a quelques anomalies concernant deux mois. Nous travaillons sur ce dossier. Nous estimons, par contre, qu’elle peut payer le personnel avec l’argent qu’elle a obtenu. Elle a des obligations envers eux. » Certains employés ont déjà porté plainte au bureau du travail. D’autres envisagent de leur emboîter le pas. 

Des employés d’un autre centre dans la même galère 

Depuis la fermeture des shelters, d’autres employées ne perçoivent plus leurs salaires. Le Transformative Learning Centre (TLC) était un établissement accueillant les élevés en difficultés d’apprentissage. Une dizaine d’employés attendent toujours leurs salaires. Kavita (prénom modifié), enseignante, soutient que ce n’est que le lendemain, soit le jeudi 12 juillet, qu’elles ont appris la fermeture des shelters. « Vu que nous n’avons plus d’enfants, l’école ne fonctionne plus. Nous attendons nos salaires depuis bientôt deux mois », dit-elle. Le manager du TLC affirme, pour sa part, qu’il n’a pas de contact avec Jeeanmotee Guness, la responsable de l’établissement scolaire.