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Fashion & Design Institute : ces jeunes pousses créatives

Mode

Certains naissent créatifs et d’autres le deviennent. Quatre jeunes nous font montre de leur talent de créateur. Ils étaient parmi les étudiants participant au défilé annuel du Fashion & Design Institute le mois dernier.

Emmanuel Merle : sport et fruits

Les fruits sont nos alliés santé, de même que le sport. Mais ils peuvent aussi être portés ! Emmanuel Merle le prouve. Il a conçu une collection mêlant fruits et sport. Âgé de 24 ans, il est sportif dans l’âme. Il est aussi un adepte de la mode et du textile.

Emmanuel Merle est sur le catwalk avec un mannequin.
Emmanuel Merle est sur le catwalk avec un mannequin.

 

La collection inspirée du Memphis Style, les fruits  et le sport d’Emmanuel Merle.
La collection inspirée du Memphis Style, les fruits et le sport d’Emmanuel Merle.

 

Il découvre son talent lors de ses classes d’Art & Design au collège. Son œil d’artiste et ses doigts habiles le poussent à créer des vêtements. « À travers les médias, j’apprends beaucoup sur les dernières tendances et le goût vestimentaire des célébrités. Je fusionne certains de ces éléments dans mon style et dans mes dessins. C’est ainsi que j’ai commencé à concevoir les vêtements que j’aime porter, comme les tenues de fitness », dit cet habitant de Vacoas. Il se laisse aussi influencer par la musique, notamment le hip hop.

Après sa scolarité, il opte pour un cours préparatoire au FDI, avant d’entamer le Higher National Diploma. « La gent masculine s’intéresse de plus en plus au textile et à la mode. Mes parents m’ont encouragé à suivre mon cœur », dit l’aîné d’une fratrie de trois enfants.

Le 14 août, Emmanuel Merle voit son rêve se matérialiser. Il participe pour la première fois à un défilé organisé par l’institut. Il opte pour le thème Memphis Style. Il joue ainsi avec des couleurs, des imprimés et la pop culture. « Ce n’est pas pour autant que j’ai mis de côté mon amour pour le sport. Quand on parle d’exercices, on pense à une hygiène de vie et à une alimentation saine. Quoi de mieux que des fruits ? » dit-il.

De ce fait, le jeune homme puise son inspiration dans trois fruits : la banane, le limon et le melon d’eau. Ils sont riches en couleurs. Emmanuel Merle fabrique trois pièces : un ensemble t-shirt et short, un crop top, et un pantalon et une robe. « Les tenues sont ornées d’imprimés de fruits et de leur nuance vivifiante. » En juillet, il a fini ses études et il est actuellement Digital Fashion Designer chez Aquarelle.

Chrissie Murden : entre immaculé et obscur

« Wild Snow » s’inspire de Chamonix et de la Suisse.
« Wild Snow » s’inspire de Chamonix et de la Suisse.

La créativité au fil du vécu et des expériences de chaque individu. Chrissie Murden l’a compris déjà très jeune. « Enfant, j’étais un peu artiste. J’aimais dessiner et je gribouillais des robes de Barbie et des robes de mariées », raconte-t-elle. Alors que sa maman suivait toujours la dernière mode, Chrissie, elle, était un vrai garçon manqué. Au collège, la jeune fille opte pour Fashion et Art comme matière.

« La mode me suit toujours. J’ai d’ailleurs choisi un thème fashion en dernière année pour mon projet final d’Art. » Elle intègre d’abord le FDI et commence un Extended Diploma en Art & Design, avant de s’orienter vers des cours de mode. « Je voulais d’abord pouvoir me perfectionner dans l’art, afin de développer ma créativité artistique ».

Chrissie Murden s’inspire  de ses voyages.
Chrissie Murden s’inspire de ses voyages.

 

La collection « Alhambra » de Chrissie.
La collection « Alhambra » de Chrissie.

Chaque nouvelle collection est pour elle l’occasion de s’inspirer de ses voyages. Après sa collection « Sea weed » en première année, le thème « The Alhambra » en deuxième année, cette année la jeune créatrice s’est inspirée de la neige de la Suisse et de Chamonix.

« J’ai misé cette fois sur deux couleurs uniquement, mais le travail résidait plutôt dans les techniques utilisées : peinture sur tissu et techniques d’impression ». La collection « Wild Snow » montre le contraste entre le blanc immaculé de la neige et le côté obscur du noir. Jeune fille ambitieuse, Chrissie prévoit de poursuivre ses études à Londres et de lancer sa propre marque à son retour.

Vidushi Gowreesunkur : lInde à cœur

Vidushi défile avec une de ses créations.
Vidushi défile avec une de ses créations.

Elle n’y a pas encore mis les pieds et elle lui voue déjà une admiration. Même les yeux ouverts, Vidushi Gowreesunkur rêve de l’Inde. Cette habitante de Triolet ne rate jamais une occasion d’inclure une facette de la Grande péninsule dans ses créations.

La collection Red Fort de Vidushi Gowreesunkur.
La collection Red Fort de Vidushi Gowreesunkur.

« Mon papa travaillait dans le secteur du textile. Souvent quand il rentrait du boulot, il apportait des échantillons. Il me parlait de la texture, des motifs et des couleurs. Il me racontait aussi ses péripéties en Inde. Graduellement, j’ai développé un lien avec le tissu, le fil et le pays de mes ancêtres », raconte Vidushi, 23 ans. Cela fait dix ans que son père, Vijay Baboo Gowreesunkur, n’est plus de ce monde, mais elle tient à lui rendre hommage à travers sa créativité.

« Madame Loyee, ma professeure d’art, m’a encouragée à entreprendre des études chez FDI. Un jour, j’aidais mon amie de classe avec son ouvrage, alors que je ne faisais pas dans la filière Fashion & Textile. C’était un talent inné », raconte cette ancienne élève de G.M.D. Atchia State College.

En novembre 2017, elle complète ses études au FDI. « En mars 2017, j’ai eu l’occasion de suivre un stage chez Beachwear. J’ai aidé à réaliser des maillots de bain. J’ai ainsi développé une sensibilité pour ce vêtement », dit-elle. Pour le défilé, Vidushi Gowreesunkur dévoile quatre créations intitulées Red Fort. Red Fort, ou le Fort Rouge, est un symbole de l’Indépendance de l’Inde. Tous les 15 août, le Premier ministre indien s’adresse à la nation à partir de cette forteresse de Delhi.

Des éléments de cette architecture moghole sont imprimés sur les vêtements. S’y trouvent également la couleur orangée, des miroirs et une touche de romantisme.

« Le concept tourne autour de deux couples. Ils portent de maillots de bain, mais ces pièces sont considérées comme tabou dans la société pudique dans laquelle ils vivent. Un jour, ils se trouvent au Taj Mahal, symbole de l’amour. Le soleil se couche graduellement et les reflets sur les miroirs se projettent sur les tourtereaux. Incursion donc dans un univers magique », explique-t-elle. Elle fait ressortir que les maillots de bain ne dévoilent qu’une partie du corps. « Tout a été fait dans le respect des traditions et de la culture indiennes », dit-elle. Par exemple, un short se porte avec une kurti.

Vidushi s’est consacré à ce projet durant deux mois. Elle évolue aujourd’hui dans le département Research & Development chez Tropic Knits. Elle souhaite se mettre à son propre compte plus tard.

Lawrence Ip Wai Lun : l nature pour inspiration

Le créateur a choisi le thème Cocoruche pour sa collection de deuxième année.
Le créateur a choisi le thème Cocoruche pour sa collection de deuxième année.

Derrière son petit air timide se cache un bosseur acharné. Lawrence Ip Wai Lun sort du lot. Ce jeune de 20 ans en deuxième année de Fashion & Textile en met déjà plein la vue à ses proches et à ses professeurs. Aimer la mode et habiller les poupées n’est pas une honte pour le jeune homme. Il le faisait déjà depuis son plus jeune âge, confie-t-il.

« Quand j’étais petit, j’aimais jouer avec les poupées de mes sœurs. Je m’amusais à rapiéceter les bouts de tissus qui traînaient pour en faire des vêtements. » Il avait alors 10 ans. C’est durant cette période que ses proches comprennent qu’il n’est pas un jeune comme les autres. Lorsqu’il grandit, il découvre la machine à coudre.

Au collège, impossible pour lui d’en découdre : il fallait qu’il se trouve un sujet dans lequel il pourrait exprimer son amour pour la mode. « Dans une école de garçons, on ne propose pas la mode comme matière. J’ai alors dû me rabattre sur l’Art et Design & Technology », raconte-t-il. Le déclic survient pour Lawrence lorsqu’il visite la journée portes ouvertes du Fashion & Design Institute.

« J’étais décidé à m’orienter et à me perfectionner dans cette filière. » Son rêve se concrétise il y a deux ans. « Mes parents et mes amis savaient que je ne voulais faire rien d’autre et m’ont encouragé à foncer. »

Il s’est toujours inspiré de ce qui l’entoure. Observateur, il se laisse attirer par des éléments de la nature. En première année, le jeune homme s’inspire du coquillage pour créer une robe de cocktail. Cette année, pour le défilé, c’est le thème des cocotiers qui l’a séduit. « Nous sommes entourés de cocotiers, mais personne ne pense vraiment à les observer. Les détails de chaque feuille, le zigzag et les plis ».

Son thème « Cocoruche » se produit dans différentes matières, plis, broderies, tricot ou encore superpositions, qui sont autant d’éléments composant ses créations uniques et originales. En attendant de terminer ses études, le jeune créateur est sollicité par sa sœur et ses cousines pour la confection de robes, notamment une robe de mariage.

Aurélie Péroux : mannequin et entrepreneure

Aurélie Péroux

Aurélie Péroux, 25 ans, est une jeune femme entrepreneure et une mannequin depuis cinq ans. Elle travaille en freelance avec l’agence Gold Models.

Jeune entrepreneure, elle prévoit de lancer une gamme de soins pour le visage et le corps à base des produits naturels.

Passionnée par la mode et l’art, elle aime découvrir et apprendre aux contacts des gens. De nature positive, elle part toujours du principe que chaque expérience lui est profitable. Never give up est sa devise.

Elle fait du sport durant son temps libre, notamment le Zumba, qui est devenu une passion.

Ambitieuse et déterminée, elle concilie vies professionnelle et personnelle, afin de trouver un équilibre.

Photos : Kunal Jankee et Kunal Gopaul.