Farhad Aumeer sur le système Bluetooth au volant : «Je ne cherchais pas la confrontation»
Par
Jean-Marie St Cyr
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Jean-Marie St Cyr
Interpellé par la confusion semée lors d’une conférence de presse sur le Road Traffic Act, le député travailliste Farhad Aumeer a publié ses interrogations sur Facebook, suscitant un débat et de nombreuses réactions chez les internautes. Le Conseil des ministres a, le vendredi 12 juin, décidé de revoir la loi. Dans un autre post publié sur Facebook, il écrit : « Mes sincères remerciements au Premier ministre pour avoir fait prévaloir la raison et le bon sens. » Il se dit d’autant plus satisfait que le gouvernement a entendu les préoccupations suscitées par cette controverse, que l’usage du Bluetooth sera autorisé dans les véhicules et que la loi sera amendée très bientôt. Depuis le début de cette polémique, l’élu a été très présent sur les réseaux sociaux pour mieux comprendre la portée de la mesure annoncée.
« Je ne cherchais pas la confrontation, mais je voulais avoir un éclairage en tant qu’usager. Tant mieux si mes interrogations ont pu servir à tout le monde. » C’est ce que soutient le député travailliste Farhad Aumeer, après que le gouvernement a décidé de revoir une section du Road Traffic Act relative aux appareils Bluetooth au volant.
Tout commence lors d’une conférence de presse du ministre du Transport terrestre, Osman Mahomed, annonçant un durcissement des sanctions pour l’usage du téléphone en conduisant. L’un des participants y affirme que les systèmes Bluetooth intégrés aux véhicules ne seraient pas non plus en conformité avec la loi, laissant entendre que leurs utilisateurs pourraient être verbalisés. La déclaration sème la confusion. Le député Aumeer reçoit alors plusieurs appels de citoyens et de représentants de compagnies automobiles, tous inquiets de ne plus pouvoir utiliser leurs kits mains libres.
Médecin de profession, l’élu se sent lui-même concerné. « En tant que citoyen, parlementaire et médecin, j’ai besoin parfois de répondre à des appels urgents au volant », explique-t-il. Il décide alors d’interpeller publiquement Barlen Munisami, expert en sécurité routière et ancien conseiller spécial du bureau du Premier ministre sur les questions de gestion du trafic, sur sa page Facebook : « Question à Barlen Munisami : téléphone ki intégré dans plusieurs voitures servi Bluetooth pour connecter — eski sa aussi interdit ? » Il y publie également des photos de véhicules équipés de systèmes Bluetooth intégrés.
La réaction ne se fait pas attendre. Les réseaux sociaux sont submergés de questions, de commentaires et de critiques. « C’était une question que des milliers d’automobilistes se posaient. À partir de là, cela est devenu le “talk of the town” », souligne le député.
Le gouvernement prend note. Réuni le vendredi 12 juin, le Conseil des ministres décide de revoir le cadre juridique en vigueur. Le ministère du Transport est mandaté pour travailler avec le parquet et la police, en s’alignant sur les meilleures pratiques internationales, afin d’apporter les amendements nécessaires dans les meilleurs délais. « Je salue la sagesse du Premier ministre Navin Ramgoolam, qui s’est assuré que cela figure parmi les décisions du Conseil des ministres », déclare le Dr Aumeer.
Pour l’élu, l’affaire illustre son rôle à trois volets: parlementaire à l’écoute, citoyen vigilant et professionnel de santé confronté aux réalités du terrain. Il tient par ailleurs à dissiper toute idée de rivalité avec le ministre Mahomed: « Nous avons des personnalités bien distinctes et des façons d’agir différentes sur le plan politique, mais nous avons le même objectif : travailler pour le bien-être de la population. » Les relations entre les deux hommes n’ont toutefois jamais été très cordiales.