Interview

Fareed Soobadar, Divisional Head of Corporate Banking de Bank One : «Le marché local est parsemé de défis»

Fareed Soobadar

La petite taille de notre économie et, par conséquent, de notre population, sont des restrictions inhérentes à la croissance future qui est attendue pour Maurice. Tel est le constat de Fareed Soobadar, Divisional Head of Corporate Banking chez Bank One.

Quels sont les récentes évolutions et les défis dans le segment des banques d’affaires à Maurice ?
Le marché local demeure parsemé de défis avec une croissance moyenne dans quelques secteurs-clés comme le tourisme, la grande distribution et l’immobilier uniquement. La petite taille de notre économie et, par conséquent, de notre population, sont des restrictions inhérentes à la croissance future qui est attendue pour Maurice.  Un des secteurs qui continue cependant à attirer les Investissements directs étrangers est celui de l’immobilier. Alors que, dans l’industrie manufacturière, le textile est confronté à des difficultés croissantes. Cela, en raison de la compétition avec des opérateurs étrangers plus rentables ; une menace à long terme pour la survie des opérateurs mauriciens.

Êtes-vous confiant par rapport au climat des affaires en 2019 ? Selon vous, quelles stratégies sectorielles pourraient redynamiser l’économie ?
Comme mentionné, les secteurs du tourisme et de l’immobilier sont, à mon avis, les plus porteurs, car ils sont tirés vers le haut par les incitations fournies aux investisseurs étrangers dans ce contexte. Les investissements massifs du gouvernement dans les gros projets d’infrastructures devraient continuer à générer de la croissance économique, de même que le développement des projets de Smart City avec la participation des investisseurs locaux et étrangers.

Un nombre croissant d’entreprises mauriciennes s’implantent en Afrique. Comment les accompagnez-vous ?
La composition de Bank One comprend des actionnaires présents, soit en Afrique ou à Madagascar. Il est donc plutôt logique que nous puissions suivre et accompagner les entreprises locales à investir dans la région et avec un bon niveau de soutien technique pour une implémentation réussie. Nous avons à notre disposition l’expertise requise en interne pour aider ces entreprises et répondre à leurs besoins en matière de financement ou de produits liés au commerce.

Croyez-vous que l’industrie bancaire doit se professionnaliser davantage afin que nous puissions développer un capital humain local de haut niveau ?
Le marché du travail local comprend une main-d’œuvre spécialisée dans le secteur bancaire en particulier. Il fait cependant face à un problème de disponibilité des ressources humaines en raison du manque de l’expertise de haut niveau nécessaire pour propulser l’industrie au prochain cycle de croissance. Très souvent, ce manque de talents local implique que les banques sont obligées de débaucher à l’étranger pour avoir l’expertise requise. Nos ressources locales seront en mesure d’acquérir cette expérience uniquement après collaboration avec ou après avoir été formés par ceux disposant des compétences techniques adéquates.

Maurice est-il témoin d’une offre plus élargie avec la popularité des crypto-monnaies? Y aurait-il un rôle pour les crypto-monnaies par rapport au commerce international ?
L’industrie des crypto-monnaies en est encore au stade de développement dans le contexte local et surtout pour les banques. Les législations entourant ce type de monnaie et ce genre de transactions sont encore à suivre pour permettre la mise en place d’un cadre favorable permettant aux banques locales de s’y lancer en toute confiance sur ces propositions.

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