Publicité

Faillite de Silver Bank : Abdel Ruhomutally dénonce un système «incohérent»

Par Leena Gooraya-Poligadoo
Publié le: 14 May 2026 à 13:30
Image
Abdel Ruhomutally réclame davantage de clarté sur le fonctionnement du fonds de garantie des dépôts.
Abdel Ruhomutally réclame davantage de clarté sur le fonctionnement du fonds de garantie des dépôts.

Le plafonnement de l’indemnisation à Rs 300 000 pour les déposants de l’ex-Silver Bank suscite des interrogations. Abdel Ruhomutally, Managing Director de GFA Insurance Ltd et lui-même déposant, remet en question la portée réelle du fonds de garantie des dépôts et dénonce un manque de transparence des autorités.

Le communiqué de la Mauritius Deposit Insurance Corporation Ltd, annonçant une indemnisation plafonnée à 
Rs 300 000 après la faillite de Silver Bank, continue de faire réagir. Parmi les déposants concernés figure Abdel Ruhomutally, Managing Director de GFA Insurance Ltd, qui exprime ses interrogations et son incompréhension face au dispositif actuel. Il s’interroge sur la portée même de cette protection. Il relève notamment qu’une partie du communiqué précise que « la compensation sera versée aux déposants individuels résidant à Maurice ». Une formulation qui, selon lui, soulève une question importante. « Les entreprises et sociétés sont-elles exclues de cette protection ? » demande-t-il. 

Le chef d’entreprise critique également le plafond fixé à Rs 300 000, qu’il juge largement insuffisant. « Pourquoi seulement Rs 300 000 ? Depuis quand ce chiffre a-t-il été introduit ? Il ne correspond pas aux standards des juridictions considérées comme sûres », avance-t-il. Il pointe aussi ce qu’il considère comme une incohérence dans les politiques publiques. Selon lui, l’Economic Development Board exige des investisseurs étrangers qu’ils maintiennent Rs 3 millions dans une banque mauricienne afin d’obtenir un permis de travail professionnel, alors que la garantie offerte par le fonds ne couvre qu’une fraction de cette somme.

Abdel Ruhomutally réclame davantage de clarté sur le fonctionnement du fonds de garantie des dépôts. « Combien d’argent contient ce fonds ? Qui le gère ? Quels sont les coûts administratifs ? Qui contribue et comment ? Qui paie finalement ? » questionne-t-il. Concernant les démarches pour récupérer les montants dépassant Rs 300 000, il estime que le processus relève avant tout du liquidateur. « Il n’y a aucune démarche spéciale à faire. C’est au liquidateur de contacter les déposants, de liquider les actifs et de rembourser les déposants », explique-t-il. Toutefois, il affiche une détermination : « Nous allons tout faire pour récupérer chaque sou. » Le dirigeant de GFA Insurance va plus loin en évoquant « une fraude, un vol et un siphonnage de fonds », qui auraient eu lieu « au vu et au su de la Banque de Maurice et du gouvernement ».

Quant au remboursement promis sous sept jours ouvrables après validation des dossiers, il se montre sceptique sur la transparence du processus. « Transparence ? À Maurice ? Institution gouvernementale ? Je ne sais pas s’il faut en rire ou pleurer. » Malgré cette situation, il assure que GFA Insurance demeure financièrement solide. Selon lui, les réserves de la compagnie permettent de faire face à cet épisode sans compromettre sa stabilité financière.
 

Quelle est votre réaction ?
Publicité
À LA UNE