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Facturation de la CWA : les compteurs ne seraient pas lus proprement

compteur

Les compteurs ne seraient pas lus proprement ou même pas du tout. Des ‘Meter Readers’ se baseraient sur la moyenne pour décider des factures. Ce qui représente un déficit et pour la Central Water Authority (CWA) et pour les consommateurs, vu que cela fausse les chiffres. C’est ce que nous avons appris d’une source fiable, avec preuves à l’appui.

«On procède à une non-lecture intentionnelle des compteurs. Des Meter Readers inscrivent le chiffre 1 sur les factures ou écrivent ‘ Others ’ ou ‘ Meters not working ’. La facture est calculée selon la moyenne : on prend les montants des trois précédentes et on les divise par trois. Ce qui ne reflète pas le vrai montant », affirme notre source. Elle soutient que cette mauvaise pratique dure depuis  plus de trente ans. Ainsi, des milliers d’abonnés sont pénalisés. La CWA est également lourdement perdante.

Les premiers consommateurs concernés sont ceux qui habitent les régions de Plaine-Verte, Vallée-Pitot, Ward IV, Les Salines et les alentours de Port-Louis. Mais rien ne dit que cela n’affecte pas également les consommateurs à l’échelle nationale.

« L’intention semble être de diminuer le nombre de compteurs qui ne sont pas lus. Quand les rapports sont émis à la fin du mois, le nombre de compteurs non-lus diminue considérablement. Pour quelle raison ? Parce qu’on a juste inscrit 1 A. Savez-vous que c’est illégal de mettre le chiffre 1 ? Si le Meter Reader n’a pas lu le compteur, c’est qu’il ne l’a pas lu. Il ne peut inscrire le chiffre 1. Le vrai chiffre devrait être 3000, 4000, 5000… ou même 9000. S’il n’inscrit que le chiffre 1, c’est un délit. Parce qu’il fausse le chiffre intentionnellement. Vous l’aurez compris : non seulement cela représente un manque à gagner considérable pour la CWA, mais, en même temps, le consommateur ne paie pas le vrai montant », déclare notre source.

Comment se fait-il qu’une mauvaise pratique de cette ampleur reste impunie depuis plus de trente ans ? « Les chefs et les sous-chefs sont bien au courant de la manière dont les releveurs de compteurs fonctionnent. Ainsi, le chef de service n’a pas beaucoup à vérifier. Son travail est allégé. Et le superviseur n’a pas trop de comptes à rendre, parce que le nombre de compteurs non-lus a diminué considérablement. Tout le monde sait ce qui se passe, mais tous ont été happés par le système. Personne ne veut mettre de l’ordre dans cela. Ils sont tous entrés dans un cercle vicieux », répond notre interlocuteur.

Que faudrait-il faire pour changer cette mauvaise pratique ? « Chacun devrait s’acquitter proprement de ses responsabilités. Que le releveur de compteurs lise les compteurs et non pas qu’il inscrive le chiffre 1 suivi de la lettre A s’il ne le lit pas. La direction décidera alors comment résoudre ce problème. »

Quand est-ce que le ‘Meter Reader ’ ne prend pas la peine de lire le compteur ? « C’est souvent quand il a plu et qu’il y a de la boue autour du compteur. Alors, le releveur de compteurs décide de faire son chemin tranquillement. Il glisse la facture dans la boîte à lettres ou la coince quelque part sans jeter un coup d’œil sur le compteur pour ne pas salir ses chaussures. L’inscription ‘ 1 A ’ devient alors une échappatoire pour lui », explique notre source.

Est-on au courant de cette pratique au plus niveau ? « Les personnes se succèdent, mais jamais les responsables ne s’intéressent aux demandes de ceux qui sont au front de la bataille. Les Meter Readers disposent-ils de tout ce qu’il faut pour bien remplir leur mission ? On n’est pas intéressé à le savoir. On reste dans sa Tour de Babel et on ne sait rien de ce qui se passe sur le terrain », répond notre source.

Pour contre-vérifier tous ces dires, la rédaction s’est informée auprès de la direction de la CWA. Un e-mail a été envoyé à Youssouf Ismaël, le directeur de cette autorité. Par la suite, la CWA a pris contact avec nous pour nous demander les « accounts numbers » de quelque-uns des abonnés afin d’aller vérifier, avec la promesse de revenir vers nous après l’enquête des inspecteurs.