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Facebook lance sa propre monnaie : quelles opportunités et quels risques pour les Mauriciens ?

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À partir de 2020, Facebook lancera Libra, une nouvelle cryptomonnaie que les internautes pourront utiliser sur le réseau social pour envoyer de l’argent ou faire des achats. Que pensent les professionnels et les Facebookers mauriciens sur ce sujet ? Quels sont les avantages et les risques ?

Daniel Essoo, CEO de la Mauritius Bankers Association : «Un développement intéressant de la monétique»

danielDaniel Essoo fait ressortir qu’au niveau de la Mauritius Bankers Association (MBA), cette affaire est suivie avec beaucoup d’intérêt. « Cette nouvelle forme de la monétique n’est pas liée qu’à un seul pays. Avec Libra, on parle d’une plateforme globale avec plus de 2,4 milliards de personnes », indique notre interlocuteur.  Pour lui, Libra offrira un mode de paiement sûr et à des coûts moins élevés. Mais est-ce que les utilisateurs de Facebook y feront confiance ?  Selon le CEO de la MBA, dès que vous quittez le milieu bancaire, il y a des risques. Néanmoins, il est d’avis que le lancement de la Libra serait un développement intéressant de la monétique.


Ingride Aristhene, 26 ans, ‘Procurement Officer’ dans une firme privée : «C’est une question de confiance»

ingridePour la ‘Procurement Officer’, Libra est similaire au Bitcoin : elle possède les mêmes propriétés d’anonymat et le même support pour les contrats intelligents et les applications indépendantes.  « Cependant, Libra fonctionne sur une blockchain autorisée, ce qui signifie que seules les sociétés de Libra peuvent l’exploiter », dit Ingride.

Pour elle, la crypto-monnaie est une question de confiance. « Compte tenu de la réputation de Facebook de ne pas respecter la vie privée et d’aggraver d’immenses problèmes politiques et sociaux à travers le monde, nous devons nous poser des questions sur l’utilisation de la Libra », conclut-elle.


Rajen Valayden, 44 ans, rédacteur en chef du magazine économique Capital : «Avec Libra, adieu votre liberté»

rajenRajen Valayden, du magazine Capital, est d’avis que les géants de l’informatique ont transformé nos données personnelles en un intrant fort rentable. Il affirme que cette base de données trop souvent banalisée constitue le fonds de commerce de Facebook.

«  Rien qu’avec les révélations de l’affaire Cambridge Analytica, on doit se méfier doublement de ce qu’on nous présente de cette future cryptomonnaie », prévient-il. Pour lui, le système repose sur la violation du droit à une vie privée. « Comment Facebook peut bien savoir le comportement des consommateurs ? Cette récolte de données vaut de l’or. On ne peut prendre de risque. Les ‘experts’ à Maurice seront incapables de protéger nos intérêts face à des géants comme Facebook », insiste-t-il.


Yashvind Hullowan, 29 ans, Fund Accountant dans l’Offshore : «Ayant une devise commune simplifiera les transactions»

yashvindLes Mauriciens, dit Yashvind Hullowan, utilisent déjà Facebook pour faire de la pub. Ce mode de transaction est plus facile, moins cher et plus rapide. « Ayant une devise commune simplifiera les transactions et nous offrira le marché mondial à exploiter », dit-il. Cependant, il avance que le crypto n’est pas réglementé et les hackers demeurent une menace. « Par ailleurs, il y a un risque d’une hausse des dépenses non-surveillées, surtout parmi les enfants. Les jeux vidéo sont très populaires et des enfants seront facilement tentés de dépenser », prévient-il.


Diavin Gopal, 32 ans, directeur de Four Agency Ltd : «Le parcours d’achat sera fluide et très facile, mais….»

diavinL’avantage principal de la Libra est qu’elle permettra à Facebook de devenir une ‘One-Stop Shop’, selon Diavin Gopal. « Vous n’avez pas besoin de créer différents comptes pour payer en ligne. Votre parcours d’achat sera fluide et très facile », dit-il. Cependant, il est d’avis que donner tout le pouvoir à une seule institution est une mauvaise solution. « S’il y a un bug un jour, tous les systèmes seront en panne », dit-il.  Par ailleurs, il avance que Facebook est une Intelligence Artificielle avancée. « Il a la capacité de suivre, d’analyser, de prédire et d’influencer nos choix grâce à une publicité agressive. En donnant accès aux bases de données financières, ne soyez pas surpris si demain vous verrez une option permettant de contracter des emprunts sur Facebook », dit-il.


Libra expliquée

Développée en partenariat avec une vingtaine d’institutions financières, comme Visa, Mastercard ou encore PayPal, le lancement de Libra est prévu pour 2020.  Grâce à Libra, les utilisateurs du réseau social pourront envoyer de l’argent ou payer des achats sur des sites partenaires depuis les applications de l’écosystème bâti par le géant de l’Internet, que ce soit Facebook, Messenger ou encore WhatsApp. Comme le Bitcoin, cette nouvelle cryptomonnaie n’aura pas d’existence physique. Pas de billets ou de pièces sonnantes et trébuchantes pour Libra, qui ne sera pas non plus émise par des banques centrales, contrairement aux devises traditionnelles.


Ces cryptomonnaies populaires

  • Bitcoin- la première et la plus célèbre des crypto-monnaies.  Après sept ans d’existence, le prix du Bitcoin est passé de zéro à plus de 650 dollars et son volume de transactions a atteint plus de 200 000 transactions quotidiennes.
  • Litecoin- C’est l’une des premières crypto-monnaies après le Bitcoin et est surnommé l’argent du bitcoin ou numérique.
  • Ethereum- L’idée du jeune cryptologue de génie, Vitalik Buterin, s’est hissée à la deuxième place dans la hiérarchie des crypto-monnaies.
  • Ripple- la monnaie ne sert pas de support pour stocker et échanger de la valeur, mais davantage comme un jeton pour protéger le réseau contre le spam.
  • Monero- l’exemple le plus frappant de l’algorithme cryptonite. Cet algorithme a été inventé pour ajouter les fonctionnalités de confidentialité qui manquaient au Bitcoin.

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