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Extrême pauvreté : le désir de Catherine de sortir de la misère

La maisonnette en tôle est l’abri de fortune de la famille.

Frappée de plein fouet par la pandémie de Covid-19, Catherine, mère de quatre enfants, explique que sa famille s’est retrouvée en difficulté depuis quelques mois. En ce début d’année, ce n’est pas évident de joindre les deux bouts. Malgré tous ses tracas, elle ne compte pas baisser les bras. Elle veut devenir femme entrepreneure pour sortir de la misère… 

À Coteau Raffin, Rivière-Noire, la maison de Catherine B., comme celle de ses voisins, témoigne du passage des grosses pluies de ces derniers jours. Comme les mères de famille des environs, elle passe encore ses journées à nettoyer, à éponger, à mettre quelques meubles et vêtements au soleil, priant que les averses ne reviennent pas faire de dégâts dans la maison. Effectivement, à chaque grosse pluie, sa maison est comme une passoire et tous les membres de la famille doivent essayer tant bien que mal d’esquiver les goulettes de pluie afin de ne pas tomber malade.

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Un volontaire a récemment offert des toilettes à la famille. 

Dans la petite maisonnette en tôle, dans laquelle habite cette famille depuis sept ans, les choses sont entassées pour faire de l’espace pour un passage. Catherine explique que beaucoup de personnes lui sont venues en aide jusqu’ici, en lui offrant des meubles et autres accessoires. Son mari et elle, font en sorte que les enfants aient le plus de confort possible malgré leur situation précaire. En ce moment, les matelas sont mouillés et les ressorts font mal à ces petits corps. 

Malgré la misère, Catherine confie que sa famille vivait plutôt bien jusqu’à ce que la Covid-19 est venue tout chambouler. « Mon mari travaillait comme apprenti maçon et moi, je fais parfois des gâteaux pour joindre les deux bouts. Avec ce qu’il gagnait par semaine, nous arrivions à nous débrouiller. Et puis dans la région, certains bénévoles encadrent les familles et nous aident à atteindre nos objectifs surtout lorsque cela concerne les besoins des enfants ». Malheureusement, ils n’ont reçu aucun revenu pendant plusieurs mois durant le confinement. « Mon mari ne pouvait pas travailler et nous n’étions pas éligibles pour bénéficier d’une allocation sociale des autorités ».  

Après le confinement, Catherine pensait que les choses redeviendraient à la normale, mais tout reste au ralenti. « Aujourd’hui, il peut travailler, mais malheureusement, il n’y a pas de travail tous les jours. Donk kan li gayn travay nou kapav manze, kan pena nou res koumsa mem ». La mère de famille explique qu’elle a tenté à plusieurs reprises d’aider son mari en cherchant un emploi, mais qu’avec les enfants c’est difficile de trouver quelque chose d’appropriée. 

Une rentrée de classe difficile 

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Catherine a lancé un appel à l’aide pour de la nourriture pour que les enfants puissent aller à l’école. 

Catherine estime que l’éducation est très importante. Ainsi, elle se fait un point d’honneur à faire en sorte que les enfants ne manquent pas l’école. Cependant, depuis le début de l’année, elle rencontre plusieurs difficultés « Les enfants n’ont rien à manger pour aller à l’école. J’ai essayé de me débrouiller et de faire des crêpes, par exemple, mais maintenant il n’y a plus rien ». Elle relate qu’elle a même demandé à sa fille d’approcher une association de la région pour obtenir du pain. «Mais les activités ne reprennent que le 18 janvier et d’ici, nous aurons à nous débrouiller seuls ». Elle espère qu’elle pourra vite trouver d’autres solutions. 

Afin de sortir de la misère, Catherine n’est pas de ceux qui attendent que les choses tombent du ciel. Femme forte qui a travaillé depuis son plus jeune âge, tantôt comme bonne, tantôt comme femme maçon, elle veut aujourd’hui devenir femme entrepreneure. « Mo pa per travay mwa. Mo finn kas ros ek poz ros pandan de zan. Selma kan monn gayn zanfan monn bizin arete mo lekor ti nepli kapav sarye ban zafer lour ». Elle sait qu’elle ne deviendra pas entrepreneure du jour au lendemain et elle s’est même inscrite à plusieurs cours. Elle a aujourd’hui besoin d’un coup de pouce pour la guider. 

Très créative, Catherine hésite entre la pâtisserie et la fabrication de sacs. Ce qu’elle aime le plus c’est de créer, de commencer de rien pour terminer avec une belle réalisation. « J’ai suivi des cours de pâtisserie et travaillé dans un hôtel où j’ai eu l’occasion d’apprendre énormément. Sinon j’aime bien confectionner des sacs. Je regarde souvent des vidéos sur le Net pour apprendre à fabriquer de nouveaux modèles. Cependant, à la main c’est un peu difficile ». Ainsi, Catherine espère qu’elle pourra bientôt s’offrir une machine à coudre pour se mettre à l’ouvrage. Si vous en possédez une et que vous souhaitez lui donner un coup de pouce, vous pouvez la joindre sur le 5971 3958. Pour Catherine, rien n’est perdu. Même si elle est en difficulté aujourd’hui, elle croit en des jours meilleurs et promet de continuer à se battre par amour pour ses enfants…

 

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