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Extrême pauvreté : deux enfants contraints d’arrêter l’école

Halima Halima et son fils de 14 ans.

Ils ont 4 et 14 ans et vont bientôt arrêter l’école si leurs parents Halima et Razah Hosseny ne trouvent pas une solution pour les nourrir. Ces derniers, privés de leur pension, n’arrivent plus à joindre les deux bouts. Récit du quotidien d’une famille en détresse.

Il est 11 heures. Un couple et un adolescent de 14 ans franchissent le seuil de notre rédaction. Se déplaçant à l’aide d’une canne, Halima, la mère, se meut difficilement. Elle vient solliciter l’aide de l’équipe Xplik ou K : depuis septembre 2016, son époux ne perçoit plus sa pension d’invalide. De fil en aiguille, le couple raconte son combat quotidien pour trouver de quoi nourrir ses quatre enfants.

Cette famille habite Vallée-Pitot. Elle est connue des habitants de la région surtout depuis l’an dernier quand, privée de ses allocations sociales, les parents ont été contraints de mendier pour acheter de la nourriture.

Razah Hosseny a travaillé 12 ans durant au sein d’une compagnie de boissons gazeuses. Il a cessé toute activité après un malaise. Il souffre depuis de complications cardiaques : son cœur ne fonctionne qu’à 30 % de ses capacités. Des certificats médicaux en attestent. « Les docteurs lui interdisent de travailler. Autrefois, Razah bénéficiait d’une pension d’invalidité qui a été supprimée en septembre dernier. Nous avons fait appel de cette décision à plusieurs reprises, mais notre requête a été rejetée. Depuis, notre vie est un enfer… » relate Halima.

C’est en larmes qu’elle confie comment, du jour au lendemain, elle a été obligée de mendier pour nourrir ses enfants. « Nous n’avions jamais connu de moments aussi difficiles avec nos quatre enfants. Jamais je n’aurais cru cela possible… »

Diplômé sans emploi

Halima et Razah Hosseny ont dû se résoudre à mendier.

Aujourd’hui, toutes les portes auxquelles elle frappe se ferment devant elle. « Nous avons contracté un prêt études pour mon aîné. Il faut rembourser cette dette. Il a achevé ses études en comptabilité, mais ne trouve pas d’emploi. Mon cadet vient de compléter son School Certificate (SC). Il a décidé d’abandonner ses études pour travailler et nous aider à subvenir aux besoins de la maison. Il rêve d’être recruté un jour dans la force policière », explique la maman.

Les deux benjamins sont (théoriquement) scolarisés, mais pas pour longtemps, avouent les parents. « Faute de revenus, nous prenons un seul repas par jour. Mon fils âgé de 14 ans souffre de douleurs atroces au ventre, car il a faim. Cela fait plusieurs jours qu’il ne va pas au collège. Je dois l’emmener à l’hôpital. Ma fille fréquente une école maternelle de la localité. L’école nous a envoyée un mémo pour nous informer que les frais de scolarité sont dus depuis le 5 février. Nous n’avons pu les régler car ils s’élèvent à Rs 1 450. J’ai négocié avec les enseignantes, mais combien de temps pourront-elles attendre ? Je n’ai pas le choix : je dois garder la petite à la maison », glisse Halima avec tristesse.

Elle relate avec peine ses journées de mendicité : « J’emprunte de l’argent auprès de proches et de connaissances. Parfois on m’insulte. Certaines personnes me demandent de passer chez elles, puis elles me laissent poireauter devant le seuil de leur maison, des heures durant, pour m’humilier. Souvent, elles viennent devant chez nous pour réclamer vertement l’argent que je leur ai emprunté. Je ne me cache jamais, je ne fuis pas. Au contraire, même si je n’ai rien à donner, je les affronte, je parlemente, je m’excuse, j’encaisse leurs insultes. Que faire d’autre ? »

Et la maman ne cesse de se remémorer la vie que menait son couple avant que son mari ne tombe malade. « Nous avions des rêves pour nos enfants. Nous avons pris le risque d’avoir une petite fille, car nous avions déjà trois fils. Jamais je n’aurais pu imaginer la misère que nous ferions endurer à notre fillette. Je n’ai jamais mendié de ma vie. Nous avions tout ce qu’il nous fallait, mon mari avait un bon travail. Après sa maladie, nous nous sommes débrouillés avec la pension d’invalide qu’il percevait. Aujourd’hui, il faut se contenter de Rs 6 000 d’allocations sociales pour toute la famille. Comment faire vivre six personnes avec si peu d’argent ? Nous avons des dettes à rembourser, dont le prêt accordé par l’Employees Welfare Fund pour financer les études de mon fils aîné. Il y a aussi les dépenses courantes. »

Noël sans cadeaux

Elle raconte avec une profonde tristesse comme la famille a vécu les fêtes de fin d’année, notamment la Noël. « J’ai serré fort ma fille dans mes bras en pleurant, pour lui expliquer que je ne pourrais lui offrir de cadeaux pour la Noël. Les savates de mon fils sont usées, je n’ai pas eu les moyens de lui en offrir de nouvelles. Pensez-vous que nous ayons la tête à acheter des cadeaux ? Nous avons déjà vendu tout ce qu’il y avait de la valeur dans la maison : nos meubles, tous mes bijoux, y compris les petites boucles d’oreilles en or que nous avions offertes à notre fille pour son premier anniversaire... »

Compassion

Halima et Razah sont très peinés de voir leurs enfants souffrir des moqueries de leurs petits camarades. « Les gens reconnaissent nos enfants dans la rue et se permettent de les insulter. Ils ne comprennent pas notre souffrance. Ils ne réalisent pas que cela pourrait leur arriver un jour. Il suffit de si peu pour que l’heureuse existence d’une famille bascule et se transforme en un cauchemar au quotidien », conclut-elle.

Appel à nos lecteurs, lectrices : si vous souhaitez aider cette famille, et réaliser le rêve de ses enfants dans la détresse, n’hésitez pas à contacter la rédaction d’Xplik ou K sur le 208 60 02.

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