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Exorod Karl Botsar : Le Made in Rodrigues à portée de main

Jean Ricardo Botsar Jean Ricardo Botsar a ouvert la boutique Exorod Karl Botsar à Glen Park.

À la boutique 'Exorod Karl Botsar', à Glen Park, l’on retrouve des produits typiquement rodriguais : une sélection d’achards et de confits à base de piment, mais aussi des articles artisanaux.

La richesse de la culture rodriguaise, on la retrouve dans ses spécialisations culinaires, mais aussi dans ses produits artisanaux. Un savoir-faire que Jean Ricardo Botsar, 34 ans, a voulu faire découvrir aux Mauriciens. Ainsi, depuis octobre 2017, il a ouvert la boutique Exorod Karl Botsar à Glen Park.

D’origine rodriguaise, Jean Ricardo Botsar a toujours eu la fibre entrepreneuriale. C’est en 2004, alors qu’il étudiait dans le dixième district que l’idée de commercialiser des produits rodriguais à Maurice commence à germer.

« C’est à cette époque que le projet a mûri. J’y ai vu une niche. Je me suis dit que ce serait une bonne idée de partager notre culture aux Mauriciens en leur faisant découvrir les produits rodriguais. Pendant des années, je n’ai eu de cesse de nourrir ce projet », confie-t-il.

En octobre 2015, Jean Ricardo Botsar décide, enfin, de concrétiser son rêve. Il se donnera volontiers un temps d’adaptation en optant pour le modèle d’entreprise à domicile. À l’époque, il prenait des commandes chez lui. Graduellement, le bouche à oreille faisant son office, sa clientèle s’agrandit.

Pour démarrer, Jean Ricardo Botsar a investi seulement Rs 30 000, afin d’acquérir deux réfrigérateurs. Au début, il vendait uniquement des « ourites » préparés dans la pure tradition rodriguaise. En 2017, se sentant, enfin prêt, il décide de louer un emplacement à Glen Park. C’est une étape majeure : il démarre la commercialisation d’une panoplie de produits artisanaux et d’une variété de piments confits conditionnés dans des pots.

Marketing sur les réseaux sociaux

Ses débuts n’ont pas été faciles, relate notre entrepreneur. Quand il a approché sa banque pour obtenir un prêt, il s’est vu essuyer un refus. Selon le banquier, son business n’allait pas tenir la route. Il a, ainsi, dû débourser de sa poche.

Pour se faire un nom et son marketing, Jean Ricardo Botsar a su, notamment, utiliser habilement Facebook. Une stratégie qui aura été payante.

En termes d’équipements, l’entrepreneur n’a pas eu besoin d’investir gros, vu que ses produits sont déjà préparés et emballés à Rodrigues. Son plus gros investissement jusqu’ici a été l’achat d’un van pour la distribution.

Dans le domaine de l’agro-alimentaire, Jean Ricardo Botsar met sur le marché des pots de piment « ourite », piment confit, piment crevette, achards d’aubergine, limon aigre-doux, piment mangue. Côté produits artisanaux, l’on retrouve l’incontournable chapeau de paille, des tentes et des coffrets de bijoux. En outre, il commercialise des produits de beauté, comme de la crème à base de coco, du baume de propolis et différents types de savon.

Quelle est la recette de son succès ? L’entrepreneur répond qu’il la doit à sa détermination. « Malgré les difficultés, je n’ai jamais baissé les bras. Il faut aussi être très discipliné et respecter les engagements tout en travaillant dur. C’est une règle d’or, si l’on veut réussir ».

Bien sûr, comme tout entrepreneur, Jean Ricardo Botsar connaît des moments difficiles. Ainsi, durant les cyclones et les périodes de sécheresse, la récolte de plantes comme le piment est affectée. Ce qui impacte la production.

Le profil des clients

La clientèle d’Exorod Karl Botsar est très variée. L’enseigne reçoit beaucoup de clients d’origine rodriguaise vivant à Maurice depuis des années, des Mauriciens habitués de Rodrigues qui aiment la culture rodriguaise. De même que beaucoup de clients curieux qui veulent découvrir le savoir-faire rodriguais. Parfois, il reçoit des touristes, mais c’est beaucoup plus rare, concède-t-il.

Plus tard, Jean Ricardo Botsar espère exporter ses produits, mais avant d’entamer cette étape, il doit consolider la structure de son business et l’agrandir. L’entrepreneur a déjà un pays dans son viseur. « Je pense exporter les produits rodriguais en Australie. Car, il y a beaucoup de Rodriguais qui y vivent et sont loin de leurs valeurs traditionnelles », révèle-t-il.

Dans quelques années, quand son entreprise sera suffisamment solide, il pense migrer vers des endroits plus stratégiques comme Port-Louis ou Rose-Hill.

Concernant ses concurrents, Jean Ricardo Botsar fait ressortir que ce sont surtout des Rodriguais qui vivent à Maurice et engagés dans le même créneau. Mais cette concurrence est de bonne guerre. « Cela fait monter l’adrénaline. Elle me rappelle qu’il faut toujours innover. C’est la solution pour avoir toujours plus de clients », soutient-il.

À ses clients, Jean Ricardo Botsar garantit des produits exotiques qui exaltent une saveur authentique et typiquement rodriguaise. Se disant ambassadeur de la culture rodriguaise, l’entrepreneur s’assure tout le temps de l’excellence de ses produits avant de les commercialiser.

Vivant aujourd’hui son rêve à fond, Jean Ricardo Botsar conseille aux jeunes qui veulent se lancer dans le business de bien réfléchir et planifier leurs projets. Il conclut sur cette note : « Si vous avez bien planifié votre projet et si vous croyez dans votre idée, il faut foncer ».

Dany Le Bon

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