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Étude d’Analysis Kantar : 30 % des travailleurs interrogés s’estiment mal et très mal payés

Par Fabrice Laretif
Publié le: 22 May 2026 à 13:21
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Dans le cadre des Rendez-vous Experts 2026, organisés avec le soutien de la Mauritius Commercial Bank, l’Association of Mauritian Manufacturers a accueilli, le 21 mai à Saint-Pierre, une conférence animée par Kantar sur le thème « WorkPulse : les attentes et les comportements des Mauriciens au travail ». Cette rencontre a permis de présenter les résultats d’une étude menée auprès de 775 personnes à Maurice. 

Satisfaction au travail

  • 70 % des personnes qui sont satisfaites, voire très satisfaites, déclarent être bien payées. 
  • 86 % de ceux qui sont satisfaits se sentent traités avec respect par leurs supérieurs.
  • L’anxiété par rapport à la disparition éventuelle de son emploi affecte négativement le niveau de satisfaction.

Satisfait et très satisfait

  • Bien payé : 70 %
  • Pas bien payé : 22 %
  • Mal payé : 9 %

Moyennement satisfait

  • Bien payé : 23 %
  • Pas bien payé : 52 %
  • Mal payé : 25 %

Pas satisfait

  • Bien payé : 5 %
  • Pas bien payé : 34 %
  • Mal payé : 60 %

L’attente des Mauriciens par rapport au bien-être et à la santé mentale au travail 

Score national moyen : 6,8/10

 27 % des sondés ont un état mental de moins de 5 sur 10

  • L’état mental déclaré est positif pour 40 % des employés interrogés. 
  • Les jeunes de 25 à 34 ans, les femmes et les travailleurs ayant des enfants évaluent leur état mental comme significativement moins bon que les autres. 
  • 63 % de ceux qui ont un état mental bas sont aussi insatisfaits de leur travail contre 30 % au total. 
  • 25 % de ceux qui ont un état mental bas pensent que leur métier va disparaître.

Les critères les plus importants dans le choix d’un emploi pour la Gen Z

  • L’équilibre vie professionnelle et vie familiale : 70 %
  • La sécurité de l’emploi : 65 %
  • Le niveau de rémunération : 63 %

Bon à savoir

Réalisée avec Analysis Institute of Management, cette enquête statistique analyse les attitudes et les comportements de la main-d’œuvre mauricienne face aux mutations du monde professionnel. Les données recueillies mettent en lumière les perceptions, les attentes et les dynamiques qui influencent l’environnement de travail, alors que les entreprises cherchent à mieux comprendre les aspirations et les priorités de leurs collaborateurs.

Nathalie Job, directrice d’Analysis Kantar : «Il faut que les entreprises réalisent que tout le monde ne va pas bien»

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Nathalie Job, directrice d’Analysis Kantar.

Quel est l’objectif de cette étude menée par Analysis Kantar ?   
L’idée est de permettre aux entreprises de faire un diagnostic interne via un outil de 30 questions et d’agir rapidement afin de ne pas perdre leurs ressources. Notre objectif chez Analysis Kantar est d’améliorer le bien-être et l’état mental des Mauriciens. On a un état mental qui s’est dégradé, mais ce n’est pas une situation propre à Maurice, car le monde entier est sous pression. Il faut cependant envoyer des signaux positifs et les entreprises peuvent le faire en améliorant les conditions et en donnant de l’espoir aux plus jeunes via des responsabilités. 

Qu’indique cette étude ?
L’étude nationale que nous avons menée montre que la satisfaction des employés sondés est moyenne. Il y a au sein de la population de salariés à Maurice environ 18 % de personnes qui se déclarent en souffrance. Ce qui veut dire qu’ils ne sont pas bien dans leur travail, qu’ils ont un état mental dégradé et qu’ils se sentent mal pour différentes raisons. Au-delà de la rémunération, il y a aussi la façon dont ils sont traités par leur supérieur ou encore les bénéfices qu’ils ont. Alors qu’il faut toutes les ressources pour travailler à Maurice, la priorité doit être de s’occuper de ceux qui sont en souffrance. 

Une partie non négligeable, soit plus de 30 % des employés sondés, est dans la segmentation qu’on identifie comme les mobiles et les piégés. Ils font partie de ceux qui envisagent de partir. 17 % sont activement en train de réfléchir à partir travailler à l’étranger pour une longue durée. Le côté positif est que 24 % des employés sont très épanouis et environ 20 % sont ancrés dans le travail.    

Il y a deux grandes catégories. La première se sent plutôt bien rémunérée, respectée et trouve du sens dans son travail. L’autre catégorie concerne ceux qui considèrent qu’elle manque de flexibilité et ne se sentent pas bien valorisés et parfois pas assez bien payés comparés à d’autres personnes dans la même entreprise ou ailleurs. Cet état d’esprit a un impact direct sur le bien-être et l’état mental. 

Qu’en est-il des attentes des employés à Maurice?
Une étude sur les attentes des employés à Maurice a été menée en 2025. Cette année, nous avons effectué une segmentation pour comprendre où on se situe afin que les directeurs des ressources humaines puissent savoir comment intervenir. L’objectif des entreprises est de garder leurs employés. Il faut que les entreprises réalisent que tout le monde ne va pas bien et qu’elles s’occupent des causes via la formation des managers, par exemple.

Managers et jeunes talents : un défi pour les entreprises

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Jennifer Webb de Comarmond,
directrice d’Engaged Solutions Ltd.

Le rôle du manager occupe aujourd’hui une place centrale dans la stratégie des entreprises, estime Jennifer Webb de Comarmond, directrice d’Engaged Solutions Ltd. Selon elle, le manager représente souvent le premier facteur de fidélisation ou de départ des employés. « Un collaborateur reste ou quitte une entreprise grâce à ou à cause de son manager. » Elle insiste sur l’importance de former davantage les responsables d’équipes afin de renforcer l’engagement des employés.

Les études menées à l’international comme à Maurice montrent que de nombreux managers ne disposent pas toujours des outils nécessaires pour mobiliser et motiver leurs équipes. Pourtant, cet aspect constitue un levier important pour soutenir la productivité, encourager l’engagement et améliorer la rétention du personnel. Pour Jennifer Webb de Comarmond, le développement des compétences managériales doit également permettre de mieux transmettre les valeurs de l’entreprise.

Elle observe aussi une évolution marquée des attentes des jeunes travailleurs. À travers les analyses menées sur l’Employee Value Proposition, certains avantages historiquement proposés dans des secteurs comme le sucre ou l’hôtellerie ne correspondent plus forcément aux priorités de la nouvelle génération. Un jeune employé peut, par exemple, accorder davantage d’importance à une prise en charge de l’Internet à domicile qu’à un plan de pension dès son entrée dans l’entreprise.

Selon elle, les entreprises doivent donc revoir leurs offres et mieux analyser les attentes des jeunes afin de réduire l’écart entre les avantages proposés et les besoins des employés.

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