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Etre heureux sur une chaise : un espoir pour tous les handicapés

Maurice  d’Arifat

Souffrant d’un cancer de la prostate à 90 ans et atteint de la maladie du charbonnier, j’ai observé le rétrécissement de mes vertèbres lombaires, et vivre avec l’arthrose de la hanche et des jambes n’est pas de tout repos. Comment ai-je réagi ? 

La rébellion et le refus d’accepter sont des sentiments qui m’ont animé. D’accepter que désormais, je ne pouvais plus courir le matin, que je ne pourrai plus aller me promener à bicyclette et que j’étais condamné à vivre avec une sonde qu’il fallait changer régulièrement n’est pas chose facile.

Un homme différent

J’avais désormais besoin d’un déambulateur pour me déplacer ou d’une canne pour marcher.

C’est alors que j’ai rencontré Armourgum Parsuramen et que comprenant mon handicap et mes limites, il m’offrit un fauteuil roulant qui m’a rendu complètement libre.

Certes, je ne pourrais plus aller courir ou faire de la bicyclette, mais poussant ce fauteuil roulant, je me rapproche de la fleur qui s’ouvre, les oiseaux qui mangent autour de moi et assis confortablement, je peux méditer dès que l’aube se réveille.

Mon handicap, je l'ai accepté et c'est cette différence qui nous enrichit»

Quand j’analyse mon handicap, et que je vois Jane Constance qui, aveugle, a triomphé à Paris, quand je vois ce jeune handicapé, amputé des jambes, réussir son Masters, quand je vois Fréderic qui, lui aussi sans jambes, se sert de son scooter pour emmener à l’école les enfants en difficulté de transport, quand je vois les handicapés en chaise roulante qui jouent du tennis, je me dis que je ne suis plus seul et que le véritable handicap est celui que notre cerveau nous permet d’accepter et que le handicap est une école de courage, d’acceptation, de persévérance et tout simplement, un obstacle 

qu’il faut franchir pour se libérer et apprécier la vie à sa juste valeur. Mon handicap, je l’ai accepté. J’ai aussi accepté d’être un homme différent et c’est cette différence qui nous enrichit.

À tous les handicapés, je veux dire que l’espoir doit être au centre de notre vie et que même si nous sommes handicapés, nous devons prendre de la hauteur pour apprécier la vie, ce cadeau du ciel, et qu’il faut vivre pour être heureux, même assis sur une chaise.

Maurice  d’Arifat 

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