État-providence : le modèle mauricien à l’épreuve du temps : qui paiera demain?
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Le Défi Quotidien
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Pendant plus d’un demi-siècle, la pension universelle, les soins de santé gratuits et l’éducation gratuite ont incarné le socle du contrat social mauricien. Longtemps considéré comme l’un des plus grands acquis de l’indépendance, ce modèle est aujourd’hui confronté à une réalité incontournable : le vieillissement accéléré de la population, l’explosion des dépenses sociales et le ralentissement de la croissance économique mettent les finances publiques sous une pression sans précédent.
La réforme de la Basic Retirement Pension, annoncée dans le Budget 2026-2027, a cristallisé les tensions et relancé une question longtemps repoussée : Maurice peut-elle encore financer durablement son État-providence sans compromettre son avenir économique ? Derrière ce débat se cache une interrogation plus profonde : comment préserver la solidarité nationale tout en adaptant le contrat social aux nouvelles réalités démographiques et budgétaires ?
Deux personnalités livrent leur analyse. Pour Jean Claude de l’Estrac, ancien ministre, historien, journaliste et ancien secrétaire général de la Commission de l’océan Indien, le pays est arrivé à la fin d’un cycle et devra repenser en profondeur son modèle social. De son côté, l’actuaire Richard Li estime que la question dépasse largement les considérations financières, car avant de parler de viabilité, il faut d’abord définir la promesse que l’État souhaite faire à ses citoyens.