Essence et diesel : les nouveaux tarifs attendus la première semaine de mars

Par Leena Gooraya-Poligadoo
Publié le: 19 février 2026 à 13:00
Image

La première réunion 2026 du Petroleum Pricing Committee, prévue début mars, est très attendue alors que les prix des carburants sont inchangés depuis novembre. Entre incertitudes du marché international et appels à la baisse, consommateurs et opérateurs restent suspendus à la décision.

La prochaine réunion du PPC, la première pour l’année 2026, devrait se tenir durant la première semaine de mars. C’est ce que confirme une source au sein de la State Trading Corporation (STC). « En effet, selon la loi, le PPC doit se réunir tous les quatre mois. La dernière réunion a eu lieu en novembre dernier, donc la prochaine devrait se tenir fin février ou début mars. Mais il est plus probable qu’elle ait lieu durant la première semaine de mars », indique notre interlocuteur.

Image
tengur

Pour sa part, Suttyhudeo Tengur, président de l’Association pour la Protection de l’Environnement et des Consommateurs (APEC), rappelle qu’il est généralement prévu que le PPC se réunisse périodiquement pour évaluer l’évolution des prix sur le marché international et ajuster, si nécessaire, les prix des carburants à Maurice. « La date exacte dépend du calendrier établi par le comité, mais elle intervient souvent en réponse aux fluctuations significatives des prix mondiaux du pétrole », explique-t-il. Cette réunion s’inscrit dans le cadre légal encadrant la révision des prix des produits pétroliers à Maurice. Elle est particulièrement attendue, les prix étant inchangés depuis novembre 2025. Actuellement, l’essence est commercialisée à Rs 58,45 le litre et le diesel à Rs 58,95.

Prudence

Quant à la décision à venir, la prudence reste de mise. La source de la STC affirme ne pas être en mesure d’anticiper l’orientation du comité. « Tout dépendra de l’arrivée du prochain bateau, prévue à la fin février. Nous aurons alors plus de visibilité. Le Board fixera les prix en fonction de cette arrivée et en tenant compte d’autres facteurs », précise-t-elle.

De son côté, Suttyhudeo Tengur estime qu’au regard de l’évolution récente des prix internationaux, une tendance à la baisse ou à la hausse pourrait se dessiner. « Si les prix mondiaux du pétrole ont connu une baisse importante, il serait logique d’envisager une réduction des prix à Maurice afin de soulager le coût de la vie », dit-il. À l’inverse, une hausse pourrait être envisagée pour couvrir des coûts accrus. « Toutefois, un statu quo pourrait également être décidé si l’impact sur l’économie nationale est jugé limité ou si d’autres facteurs, comme la stabilité économique ou le niveau des réserves, plaident en faveur du maintien des prix actuels », ajoute le président de l’APEC. Il cite notamment la tendance des prix mondiaux, le taux de change, la situation économique locale et le niveau des réserves stratégiques.

Par ailleurs, il souligne que l’arrivée d’un nouveau directeur général à la STC pourrait influencer l’approche du PPC. « Le nouveau leadership pourrait apporter une vision stratégique différente, revoir les politiques d’approvisionnement ou renforcer la gestion des stocks et des coûts. Une approche plus prudente pourrait ainsi être adoptée dans la fixation des prix », soutient Suttyhudeo Tengur.

Bhim Sunnassee, président de la Petrol Retailers Association : «Une baisse de prix est souhaitée sur l’essence ainsi que sur le diesel» 

Image
bhim

À l’approche de la prochaine réunion sur les prix des carburants, Bhim Sunnassee, président de la Petrol Retailers Association, se montre prudemment optimiste. « Une baisse est attendue sur l’essence et le diesel, une mesure qui profiterait à l’ensemble des consommateurs », dit-il. Avec une baisse sur le diesel, tous les business en bénéficieront, pas seulement les automobilistes, en raison de l’impact direct du carburant sur les coûts de transport et d’exploitation.

Toutefois, il redoute un statu quo justifié par la situation déficitaire du Price Stabilisation Account (PSA) du diesel. « Il se peut que l’on nous dise que le PSA du diesel est toujours en déficit et qu’une baisse ne serait pas possible », prévient-il. Pour contourner cet obstacle, il propose d’utiliser le surplus du PSA de l’essence pour couvrir le déficit du diesel. 

Par ailleurs, Bhim Sunnassee appelle à plus de transparence, avec l’arrivée d’un nouveau directeur général à la STC. « Il faut savoir combien nous payons les produits pétroliers, ainsi que les profits et pertes sur chaque cargaison », réclame-t-il. 

L’évolution des prix sur le marché mondial 

PériodePrix approximatif (USD)
Début décembre 202564 – 65 $
Mi-décembre 202562 – 63 $
Fin décembre 202559 – 60 $
Début janvier 202661 – 62 $
Mi-janvier 202665 – 66 $
Fin janvier 202668 – 69 $
Début février 202669 – 70 $ 
18 février 202667,50 $

Prix pratiqués actuellement 

Essence    Rs 58,45 le litre 
Diesel    Rs 58,95 le litre 

*Depuis novembre 2025

Suren Dayal, directeur général de la State Trading Corporation : «Faire la STC une institution moderne, performante et exemplaire»

Image
suren

Vous venez d’être nommé directeur général de la STC. Quelles sont vos priorités ?
La STC a pour mission d’assurer l’importation, le stockage et la distribution des produits essentiels, tout en garantissant leur disponibilité, leur sécurité et leur accessibilité financière. Dans un contexte international marqué par la volatilité des prix, il est primordial de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs. La vision du gouvernement est claire : garantir un approvisionnement continu en produits de base et renforcer la résilience nationale face aux chocs internationaux. La STC joue déjà un rôle clé à travers les subsides accordés sur des produits stratégiques comme le riz, la farine et le gaz ménager. Mon objectif est de consolider la STC comme une institution publique moderne, performante et exemplaire en matière de gouvernance.

Le Petroleum Pricing Committee (PPC) se réunira bientôt. Comment suivez-vous l’évolution de la situation internationale ?
Nous suivons la situation de très près. Le contexte international est en constante évolution et peut influencer les prix de manière significative. Ce travail de veille ne repose pas uniquement sur moi : c’est toute une équipe qui analyse les tendances et les développements au niveau mondial afin d’anticiper les impacts éventuels. La STC dispose d’un personnel compétent et engagé qui travaille en continu pour assurer la stabilité et la continuité des opérations.

Concernant l’importation des produits alimentaires, la STC poursuivra-t-elle ses activités dans ce domaine ?
Oui, ces activités se poursuivront. Nous travaillons en étroite collaboration avec le ministère du Commerce et l’ensemble des parties prenantes. Nous disposons d’un staff dévoué et professionnel. Ensemble, nous avons la responsabilité d’accomplir la vision et la mission de la STC, qui consistent à sécuriser l’approvisionnement du pays et à protéger les consommateurs mauriciens.

Quelle est votre réaction ?
0
0
Publicité
À LA UNE
quotidien-4107