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Escroquerie et clandestinité à Maurice : entremetteurs et agents recruteurs nigérians à l’œuvre

Photo d'Illustration

Des Nigérians basés à Maurice ont tendance à jouer aux entremetteurs. Ils arrangent des mariages blancs entre des Mauriciennes et leurs compatriotes contre de l’argent, ou encore ils font des promesses d’emploi contre de fortes sommes d’argent. Si certains sont à l’aube d’un nouveau jour en déposant leurs valises à Maurice, d’autres sont souvent victimes d’escroquerie.

Les services de l’immigration  sont sur la piste de trois réseaux opérant dans l’ouest et le nord du pays. Dans la pratique, explique un haut gradé dudit organisme, les Nigérians qui invitent leurs compatriotes à Maurice sont ceux qui sont déjà établis dans l’île. Ils sont déjà mariés et pères de plusieurs enfants. « Le pays comprend plusieurs réseaux bien huilés de Nigérians qui aident leurs compatriotes à couler des jours paisibles à Maurice. Si certains jouent aux entremetteurs en concoctant des mariages de convenance, d’autres font des promesses d’emploi dans divers secteurs, tels que la construction, entre autres », explique le haut gradé.

Notre interlocuteur souligne également que dans la plupart des cas, les Nigérians qui débarquent dans le pays en quête de travail ou d’épouse ont déjà réglé « les frais à l’étranger ». Le montant approximatif déboursé par les Nigérians, selon le Passport and Imigration Office (PIO), avoisinerait les USD 4 000 et c’est à Maurice que se déroule la finalisation de la transaction. Leurs intermédiaires, basés à Maurice, s’occupent de tout. Les quatre Nigérians arrêtés mercredi matin, qui se sont plaints d’escroquerie auprès des officiers du PIO lors de leur arrestation, ont décrit un scénario quasi similaire.

Ils disent avoir débarqué à Maurice avec un visa touriste valable pour quatre jours, mais ils ont séjourné clandestinement dans le pays durant sept mois. Pour leur défense, les quatre Nigérians disent avoir été contactés par un compatriote basé à Maurice. Selon les clandestins, cette personne leur a promis du travail dans le secteur de la construction sur le sol mauricien. Ils auraient donné chacun un montant de USD 5 000 à leur recruteur au Nigéria avant de prendre l’avion pour Maurice.

Cependant, les officiers du PIO procèdent à une vérification approfondie des documents des ressortissants qui débarquent à Plaisance. Le fait qu’ils puissent contracter un mariage civil avec une Mauricienne, ou encore, trouver du travail sur le sol mauricien n’est pas écarté. « C’est pourquoi ces personnes ne bénéficient pas d’un visa de séjour longue durée. Toutefois, leur visa de touriste est renouvelé s’ils respectent les règlements du PIO, à savoir le montant quotidien exigé ainsi qu’un document d’hébergement, entre autres », expliquent les officiers basés à l’aéroport de Plaisance.

Le Défi Quotidien n’a pas été en mesure d’obtenir des explications du responsable de la Tracking Team du PIO, le caporal Beenoye Jhuboo, car ce dernier était injoignable au téléphone.