ERVI Scheme : un nouveau dispositif pour encourager l’exportation
Par
Eshan Dinally
Par
Eshan Dinally
Le ministère de l’Industrie, des PME et des Coopératives et l’Association of Mauritian Manufacturers ont signé un accord pour la mise en œuvre du programme « En route vers l’international », le lundi 8 juin, à Port-Louis.
Annoncé dans le Budget 2025-2026, l’En route vers l’international (ERVI) Scheme vise à accompagner les entreprises mauriciennes dans leur stratégie d’exportation, à diversifier leurs marchés et à renforcer leur compétitivité dans un contexte international devenu plus instable.
L’accord a été paraphé par Bhaye Mohamud Dilzad Kurreeemun, Permanent Secretary du ministère, et Samuel Maujean, Deputy Chief Officer de l’AMM. Cette signature marque le passage du dispositif de l’annonce budgétaire à sa phase opérationnelle. Le programme avait été annoncé dans le Budget 2025-2026 comme une mesure de soutien aux entreprises mauriciennes souhaitant élargir leur présence sur les marchés extérieurs.
L’objectif central de l’ERVI Scheme est clair : aider les entreprises locales à mieux se préparer à l’exportation et à identifier de nouveaux marchés à fort potentiel. Le dispositif vise à fournir aux entreprises les outils, l’expertise et l’accompagnement stratégique nécessaires pour renforcer leur capacité à exporter, améliorer leur positionnement et accroître leur compétitivité à l’international.
Cette initiative intervient dans un contexte mondial difficile. Les documents du ministère évoquent un environnement marqué par l’évolution des régimes tarifaires, les incertitudes géopolitiques, les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement et une volatilité accrue des marchés. Ces facteurs exposent davantage les entreprises mauriciennes lorsqu’elles dépendent trop du marché local ou d’un nombre limité de débouchés à l’exportation.
À travers ce programme, l’idée est donc de pousser les entreprises à mieux diversifier leurs marchés, à mieux anticiper les chocs externes et à développer une stratégie d’exportation plus solide.
L’ERVI Scheme s’adresse aux entreprises mauriciennes réalisant un chiffre d’affaires annuel d’au moins Rs 100 millions. Selon le document-cadre, le programme cible jusqu’à dix entreprises. Il s’agit d’un programme d’accélération à l’exportation et de renforcement des capacités, étalé sur une période de dix-huit mois.
La première phase, d’une durée de six mois, portera sur un exercice d’audit et de diagnostic au niveau de chaque entreprise. Il s’agira d’identifier les faiblesses, les obstacles à l’entrée sur de nouveaux marchés, les besoins en matière de stratégie commerciale, de développement de produits, de repositionnement ou encore d’intelligence de marché. Cette phase doit permettre d’élaborer des plans d’action adaptés à chaque entreprise.
La deuxième phase, d’une durée de douze mois, sera consacrée à la mise en œuvre de ces plans d’action. Elle comprendra des formations collectives, des ateliers thématiques, du coaching individualisé et des services de conseil. Lorsque ce sera possible, le programme pourra aussi faciliter la participation des entreprises à des activités de réseautage international.
Le programme repose sur un modèle de financement partagé. Les entreprises bénéficiaires contribueront à hauteur de 44 % du coût du projet. L’AMM prendra en charge 28 %, tandis que le gouvernement financera les 28 % restants. La contribution publique est estimée à Rs 12 millions, sur un coût total d’environ Rs 43 millions.
Ce montage traduit la volonté des autorités de faire de l’ERVI Scheme un partenariat public-privé. L’Industry Division du ministère assurera la supervision du programme, tandis que l’AMM agira comme agence de mise en œuvre.
Au-delà de l’accompagnement technique, le programme vise aussi un objectif plus large : accroître la visibilité des produits mauriciens sur les marchés internationaux. Les autorités espèrent que ce dispositif favorisera l’innovation, la valeur ajoutée, la diversification des exportations et l’émergence d’un écosystème exportateur plus solide.
Dans l’esprit du programme, il ne s’agit pas seulement d’aider des entreprises à vendre davantage à l’étranger. Il s’agit aussi de les amener à mieux se structurer, à mieux comprendre les marchés ciblés, à adapter leurs produits et à renforcer leur capacité de réaction face aux changements économiques mondiaux.